Des commentaires abusifs ou indûment discriminatoires à l’endroit des hommes gais et des lesbiennes sont inacceptables, même dans les émissions religieuses, déclare le Conseil des normes de la radiotélévision

Ottawa, le 15 novembre 2002 — Le Conseil canadien des normes de la radiotélévision (CCNR) rendait publique aujourd'hui sa décision concernant l'émission religieuse présentée par l'évangéliste, R.W. Schambach, intitulée Power Today et diffusée à l'antenne du service de télévision spécialisée multiconfessionnel, Vision TV. Le Comité national du CCNR des services spécialisés a trouvé que certains des commentaires faits par M. Schambach au sujet des hommes gais et des lesbiennes ont enfreint la disposition sur les droits de la personne du Code de déontologie de l'Association canadienne des radiodiffuseurs (ACR).

Le sermon prononcé par M. Schambach pendant l'émission visée abordait le sujet de la «possession par le démon». Dans le style évangélique typiquement passionné, il a exalté la valeur de «libérer» ceux qui sont «opprimés ou possédés» (trad.) par le diable. Lors de ce sermon, il a ciblé directement les hommes gais et les lesbiennes en prêchant qu'il «n'est pas nécessaire d'aller trop loin pour trouver des démons homosexuels» (trad.) et que «l'homosexualité n'est pas un autre style de vie, c'est la possession par le démon.» (trad.) Le CCNR a été saisi d'une plainte par une téléspectatrice qui s'est dite troublée par ces commentaires. Le Comité national des services spécialisés l'était également, et il a statué qu'il y avait eu violation des dispositions sur les droits de la personne et sur les émissions à caractère religieux du Code de déontologie de l'ACR.

Le Comité a expliqué que même si le Code permet aux gens d'exprimer leurs croyances religieuses sur les ondes, «quelle que soit la reconnaissance accordée aux émissions à caractère religieux au Canada, on s'appuie sur l'attente que les principes de la tolérance et de l'harmonie prédomineront» et que «les commentaires qui font preuve d'intolérance ne seront pas pour autant excusés parce qu'ils se parent des atours de la religion.»

Le Comité a qualifié les commentaires spécifiques qu'a faits M. Schambach pendant l'émission comme suit:

hostiles et trempés de vitriol […]. Il parle de « démons homosexuels », d'un « esprit démoniaque » dans le contexte de l'épisode; il isole et vilipende les homosexuels. Qui plus est, il utilise son style évangélique pour attiser les sentiments de son public en studio contre les hommes gais et les lesbiennes. L'intolérance et l'amertume qui coulent de ses lèvres sont extrêmes; ils constituent des commentaires abusifs et indûment discriminatoires. Ils n'ont pas de place sur les ondes canadiennes, et encore moins dans le contexte de télédiffusion généralement positif et tolérant d'un service multiconfessionnel et multiculturel comme Vision TV.

Le Comité a également réitéré le principe selon lequel les radiotélédiffuseurs sont responsables de toute la programmation qu'ils diffusent, même la programmation mosaïque comme Power Today, qui a été fournie à Vision TV par des commanditaires et non pas produite par le télédiffuseur lui-même. Le Comité a toutefois souligné que Vision «se montre solidement et constamment conscient de cette responsabilité» et que ce service met même en application «des pratiques soucieusement élaborées en ce qui concerne la programmation mosaïque, pratiques qu'il insiste doivent être respectées par tous les commanditaires de programmation mosaïque.»

Les radiotélédiffuseurs privés canadiens ont arrêté des codes qui constituent les normes du secteur concernant l'emploi de stéréotypes sexuels, la présentation de violence et le traitement de questions à valeur morale, tels les droits de l'homme, sur les ondes, et ils s'attendent que leurs collègues les respectent. Ils se sont aussi dotés d'un organisme d'autoréglementation, le CCNR, qu'ils ont mandaté de veiller à l'administration de ces codes de responsabilité professionnelle. Le Conseil a par la suite été chargé de veiller également au respect du code de déontologie journalistique adopté par l'Association canadienne des directeurs de l'information radio-télévision (ACDIRT). Plus de 520 stations de radio et de télévision et services spécialisés, d'un bout à l'autre du Canada, sont membres du Conseil.

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Toutes les décisions du CCNR, les codes, les liens vers les sites Web des membres et d'autres sites Web, ainsi que des renseignements pertinents sont affichés sur son site Web à www.ccnr.ca. Pour obtenir de plus amples renseignements, veuillez communiquer avec la présidente nationale du CCNR, Mme Andrée Noël, ou le directeur exécutif du CCNR, M. John MacNab.