Une accusation de haine de la part des musulmans enfreint le Code de déontologie de la radiodiffusion, déclare le Conseil canadien des normes de la radiotélévision

Ottawa, le 1 juin 2011 – Le Conseil canadien des normes de la radiotélévision (CCNR) rendait publique aujourd’hui sa décision concernant un épisode de l’émission Sid Roth’s It’s Supernatural diffusée à l’antenne de CITS-TV (CTS – Crossroads Television, Ontario) le 14 septembre 2010. Le CCNR a conclu que des aspects de la discussion sur l’islam qui s’est déroulée pendant l’épisode en cause ont respecté les exigences énoncées dans le Code de déontologie et le Code sur la représentation équitable de l’Association canadienne des radiodiffuseurs (ACR), mais qu’une des affirmations faites a enfreint les dispositions sur les droits de la personne de ces deux Codes.

Un plaignant a qualifié l’épisode en cause d’« attaque […] malveillante à l’endroit d’un grand segment de la population mondiale, notamment l’islam » et a conclu que le « but [du télédiffuseur], semblerait-il, est celui de propager un message en vue d’inciter les gens à adopter sa perspective déformée du peuple musulman. » Le Comité régional de l’Ontario a d’abord précisé que « de telles généralisations vastes ne suffisent pas pour permettre au Comité de juger qu’il y a eu manquement aux dispositions sur les droits de la personne. Pour en arriver à une telle conclusion, le Comité doit trouver des exemples concrets de contenu à caractère abusif ou qui est indûment discriminatoire. »

On comptait, parmi les sujets de discussion de cet épisode pendant lequel l’invité était l’auteur Joel Richardson, les suivants : premièrement le Traité de Hudaybiya du VIIe siècle et son application à l’ère moderne; et, deuxièmement, une affirmation selon laquelle « Les musulmans croient que c’est leur devoir divin d’éliminer le peuple juif. » En ce qui concerne ce qui a été dit au sujet du Traité, le Comité a expliqué qu’il

ne prend aucune position sur les questions sous-jacentes quant à l’interprétation de la signification du Traité de Hudaybiya comme tel, ses origines, sa violation ou les leçons que nous pouvons en tirer aujourd’hui. Pour le Comité, la question se limite à la façon dont le télédiffuseur a traité ces questions. Le Comité ne constate aucune infraction des Codes sur ce sujet restreint. L’animateur et son invité avaient une opinion, en fait plusieurs opinions. Comme c’est souvent le cas lors de discussions sur les préceptes de n’importe quelle religion, la perspective de l’animateur et de son invité comportait des nuances qu’on pourrait critiquer au motif qu’elles étaient plus ténues et sceptiques. En l’absence de contenu sous-jacent matériellement trompeur […], le Comité estime que MM. Roth et Richardson avaient le droit d’avoir et de diffuser leur(s) point(s) de vue.

Pour ce qui est de la deuxième affirmation, le Comité a constaté un problème important, lequel il a expliqué comme suit :

Bien que cette déclaration soit, en toute rigueur, une opinion, il s’agit d’une accusation à caractère vif et acéré selon laquelle tous les musulmans estiment qu’ils ont une responsabilité  divine ou sacrée de tuer tous les juifs, même lorsqu’il n’en reste que [traduction] « quelques-uns cachés derrière des rochers et des arbres. » Même s’il s’agissait là d’un principe solide et non contredit qui fut établi dans un des textes savants qui sont le fondement de la religion islamique, le Comité considère qu’une accusation du genre faite en termes si généraux à l’endroit, en effet, de tous les musulmans, constitue un commentaire abusif ou indûment discriminatoire qui passe outre à l’interdiction de tels commentaires établie par les articles sur les droits de la personne du Code de déontologie de l’ACR et du Code de l’ACR sur la représentation équitable.

Les radiodiffuseurs privés canadiens ont créé eux-mêmes les codes qui constituent les normes du secteur concernant la déontologie, la représentation équitable, la présentation de violence à la télévision et l’indépendance journalistique, et ils s’attendent à ce qu’ils soient respectés par les membres de leur profession. En 1990, ils se sont dotés d’un organisme d’autoréglementation, le CCNR, qu’ils ont mandaté de veiller à l’administration de ces codes de responsabilité professionnelle, et des codes visant les services de télévision payante, ainsi que du code concernant la déontologie journalistique qui fut élaboré par l’ACDIRT – Association des journalistes électroniques – en 1970. Presque 760 stations de radio, services de radio par satellite, stations de télévision et services de télévision spécialisée, d’un bout à l’autre du Canada, sont membres du Conseil.

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Toutes les décisions du CCNR, les codes, les liens vers les sites Web des membres et d'autres sites Web, ainsi que des renseignements pertinents sont affichés sur son site Web à www.ccnr.ca. Pour obtenir de plus amples renseignements, veuillez communiquer avec la présidente nationale du CCNR, Mme Andrée Noël, ou le directeur exécutif du CCNR, M. John MacNab.