Un dessin animé à l’intention des adultes devait s’accompagner de mises en garde détaillées et d’une classification plus élevée, déclare le Conseil canadien des normes de la radiotélévision

Ottawa, le 18 août 2010 – Le Conseil canadien des normes de la radiotélévision (CCNR) rendait publique aujourd’hui sa décision concernant Superjail!, une émission animée à l’intention des adultes qui a été diffusée par le service de télévision spécialisée G4 Tech TV. Deux épisodes de l’émission ont été diffusés le 8 septembre 2009 à compter de 21 h. Le CCNR a conclu que les mises en garde à l’auditoire auraient dû paraître au début de chacun de ces épisodes en format audio et vidéo et que les mises en garde auraient dû être davantage spécifiques quant au contenu à caractère violent et sexuel. Le CCNR a également conclu que la classification de ces épisodes auraient dû être plus élevée que PG.

Superjail! est une émission sur le personnel et les détenus d’une prison hors de l’ordinaire située à l’intérieur d’un volcan sur une autre planète. Elle contenait souvent des scènes de violence outrée et très sanglantes, ainsi que des allusions très prononcées au sexe. Par exemple, dans les épisodes examinés par le CCNR, on a arraché les bras et les jambes d’un homme et le sang giclait partout, tandis qu’un autre homme devenait un squelette ambulant après qu’on l’ait dépouillé de la peau et des tissus mous. Il y avait également une scène montrant des appareils de sadomachosisme et une femme qui forçait ses petites culottes souillées dans la bouche d’un homme. G4 Tech TV a classifié les deux épisodes de 15 minutes PG et a présenté une mise en garde à l’auditoire qu’au début du deuxième épisode – en format vidéo seulement – avisant les téléspectateurs de rien de plus spécifique que des « thèmes adultes ».

Le CCNR a reçu une plainte d’un téléspectateur qui a déclaré que [traduction] « la mise en garde aurait dû employer des termes plus forts et précis et la classification aurait dû être 18+. » G4 Tech TV a fait remarquer que l’émission passait après « l’heure critique » de 21 h. Elle a dit que l’émission avait été incorrectement classifiée PG par mégarde au lieu de 14+ et s’est engagée à améliorer la mise en garde à l’auditoire en y ajoutant la mention de la violence. Le plaignant a récrit pour faire valoir que l’émission était uniformément classifiée PG, pas seulement une fois par erreur, et a avancé que 14+ était toujours trop bas.

Le Comité national des services spécialisés du CCNR a examiné la plainte à la lumière des dispositions du Code de l’Association canadienne des radiodiffuseurs (ACR) concernant la violence se rapportant aux mises en garde à l’auditoire et à la classification, ainsi que de la disposition du Code de déontologie de l’ACR concernant les mises en garde. Le Comité a reconnu qu’il ne faisait aucun doute que l’émission visait exclusivement les adultes et qu’elle avait donc correctement été prévue pour 21 h, mais qu’une mise en garde aurait dû être présentée au début des deux épisodes, que la mise en garde aurait dû se faire en format audio et vidéo et qu’elle aurait dû mentionner tant le contenu à caractère violent que celui à caractère sexuel. En ce qui concerne la classification, le Comité a conclu que 14+ aurait suffi pour le deuxième épisode, mais que le premier épisode contenait une quantité considérable de violence très détaillée et aurait donc dû s’accompagner de la classification 18+. Le Comité a fait les commentaires suivants :

Le Comité a trouvé […] que le premier épisode (« Ladies Night ») était bien plus violent et troublant. À titre d’exemples de violence excessive, dont l’effet était cumulatif, nous citons : la scène montrant la vieille vendeuse de fleurs, ridée, nue et couchée dans la rue, les jambes écartées et le corps tordu; le soulier qui revole dans l’œil d’un passant et le fait saigner; Jacknife et le chien qui sont écrasés à maintes reprises et saignent dans la rue; les blessures auto-infligées par l’utilisation d’une poêle et le visage sanglant et défiguré qui en résulte; les globes oculaires écrasés; le bras cassé et détaché d’une détenue; les deux bras coupés à une autre personne; et ainsi de suite. Le Comité a jugé que le niveau de violence se situait bien au-dessus du niveau d’intensité indiqué dans la description de la classification 14+, et qu’il « ne convenait pas aux téléspectateurs âgés de moins de 18 ans. »

Le Comité a également félicité G4 Tech TV pour avoir pris des mesures en vue de corriger les mises en garde et la classification pour l’émission avant que la décision du CCNR ne soit rendue publique.

Les radiodiffuseurs privés canadiens ont créé eux-mêmes les codes qui constituent les normes du secteur concernant la déontologie, la représentation équitable, la présentation de violence à la télévision et l’indépendance journalistique, et ils s’attendent à ce qu’ils soient respectés par les membres de leur profession. En 1990, ils se sont dotés d’un organisme d’autoréglementation, le CCNR, qu’ils ont mandaté de veiller à l’administration de ces codes de responsabilité professionnelle, et des codes visant les services de télévision payante, ainsi que du code concernant la déontologie journalistique qui fut élaboré par l’ACDIRT – Association des journalistes électroniques en 1970. Plus de 735 stations de radio, services de radio par satellite, stations de télévision et services de télévision spécialisée, d’un bout à l’autre du Canada, sont membres du Conseil.

– 30 –

Toutes les décisions du CCNR, les codes, les liens vers les sites Web des membres et d'autres sites Web, ainsi que des renseignements pertinents sont affichés sur son site Web à www.ccnr.ca. Pour obtenir de plus amples renseignements, veuillez communiquer avec la présidente nationale du CCNR, Mme Andrée Noël, ou le directeur exécutif du CCNR, M. John MacNab.