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Ottawa, le 30 août 2000 — Le Conseil canadien des normes de la radiotélévision (CCNR) a publié deux décisions (première et deuxième) aujourd'hui concernant l'émission Howard Stern, diffusée à l'antenne de CILQ-FM de Toronto. Les deux plaintes portaient sur le fait que M. Stern avait utilisé le terme « retard » (débile), tandis que le deuxième cas portait également sur des commentaires à l'endroit des personnes ayant une déficience mentale.

Le Conseil régional de l'Ontario a étudié les plaintes à la lumière de la disposition en matière de droits de la personne du Code de déontologie de l'Association canadienne des radiodiffuseurs (ACR). Dans le premier cas, le Conseil a jugé que l'emploi du terme « débile » par une danseuse du ventre pour qualifier l'homme à qui elle avait perdu sa virginité à l'âge de 15 ans, et ensuite par M. Stern lorsqu'il a déclaré que la plupart des « débiles » écoutent son émission et qu'il est le « Roi des débiles », ne constituait pas des commentaires discriminatoires à caractère offensant. Se référant à une décision précédente, le Conseil a fait remarquer que :

[…] dans ce cas-ci, l'emploi du terme « débile » s'éloigne encore plus d'une violation du Code, puisque son utilisation ne communique même pas l'idée de la déficience mentale. Le terme, tel qu'employé dans ce cas-ci par la danseuse du ventre et par Howard Stern, s'inscrit dans le sens que le langage familier de la rue lui attribue aujourd'hui. Ce mot s'utilise maintenant dans le même sens que les termes « mufle », «idiot » et « salaud » […]

Même si le Conseil déplore la terminologie crue, puérile, offensante et irresponsable qu'emploie l'animateur, et même s'il déplore également le fait qu'un terme comme « débile » soit généralement devenu, sur le plan social, une « expression de la rue », il doit, en fin de compte, se rendre à l'évidence que ce cas soulève l'unique  question du goût. Le Conseil a toujours maintenu qu'il y a lieu de laisser l'auditoire trancher cette question en décidant s'il se mettra à l'écoute ou non.

Dans le deuxième cas dont a été saisi le Conseil régional de l'Ontario, il s'agissait de commentaires faits par M. Stern et son personnel voulant que la présence d'un « foyer de débiles » fait diminuer la valeur des propriétés dans le voisinage, que les « débiles » sont cruels envers les animaux, que les « débiles » sont davantage portés à commettre le viol et à poser des gestes socialement inacceptables en public, et ainsi de suite. Le Conseil n'a eu « aucune hésitation » à conclure que dans ce cas, M. Stern et sa bande « s'étaient moqués de ce groupe protégé » et avaient, de ce fait, violé l'article 2 du Code de déontologie de l'ACR.

Le Conseil a également fait remarquer que même si le processus d'édition employé par CILQ-FM pour supprimer les commentaires qui risquent d'être perçus comme étant des infraction aux normes adoptées par les radiotélédiffuseurs privés du Canada, « fonctionne dans une grande mesure », dans ce cas-ci « le producteur de l'émission Howard Stern diffusée par la station n'a pas fait preuve de suffisamment de prudence à l'étape de l'édition » et que cela fait un certain temps qu'il pousse effectivement la limite de plus en plus pour ce qui est de ce genre de commentaires. Le Conseil a conclu que « si le seul moyen qu'un radiodiffuseur puisse s'assurer de ne pas dépasser la limite est de pêcher par excès de prudence, c.-à-d. de biffer davantage de commentaires à caractère continuellement insipide qu'il n'éliminerait normalement, c'est par conséquent la ligne de conduite qu'il devra adopter. »

Les radiotélédiffuseurs privés canadiens ont arrêté eux-mêmes les codes qui constituent les normes du secteur concernant la déontologie, l'emploi de stéréotypes sexuels et la présentation de violence à la télévision et ils s'attendent que leurs collègues les respectent. En 1990, ils se sont aussi dotés d'un organisme d'autoréglementation, le CCNR, qu'ils ont mandaté de veiller à l'administration de ces codes de responsabilité professionnelle. Le Conseil a par la suite été chargé de veiller également au respect du code d'éthique journalistique adopté en 1970 par l'Association canadienne des directeurs de l'information radio-télévision (ACDIRT). Plus de 430 stations de radio et de télévision et services spécialisés, d'un bout à l'autre du Canada, sont membres du Conseil.

Ottawa, le 29 août 2000 — Le Conseil canadien des normes de la radiotélévision (CCNR) a publié sa décision aujourd'hui concernant la diffusion, à 20 h 00, du long métrage « Double Team » à l'antenne de CHMI-TV de Winnipeg. Un téléspectateur s'est plaint que le film présentait « le meurtre prémédité commis avec sang froid » et « la tuerie gratuite d'enfants. »

Le Conseil régional des Prairies a étudié la plainte à la lumière du Code d'application volontaire concernant la violence à la télévision de l'Association canadienne des radiodiffuseurs (ACR). Il a d'abord constaté que les scènes de violence sont « des événements qui s'inscrivent dans le déroulement de l'intrigue et dans le sens de l'interprétation des personnages » et qu'elles ne sont « donc pas gratuites aux termes du Code. » Il a toutefois aussi conclu que sur un autre niveau « la nature et la portée de la violence présentée dans le film visent un auditoire adulte. »  Par conséquent, le Conseil a jugé que le film n'aurait pas dû être diffusé avant l'heure critique de 21 h 00.

En ce qui concerne les mises en garde à l'auditoire, diffusées dans ce cas-ci seulement avant la diffusion du film et après la première, la troisième et la cinquième pause commerciale, le Conseil a fait remarquer que le Code stipule que les mises en garde doivent être présentées « au début et pendant la présentation d'émissions diffusées hors de la plage des heures tardives et qui contiennent des scènes de violence qui ne conviennent pas aux jeunes enfants. » Le Conseil a conclu qu'en ayant décidé de diffuser le film avant l'heure critique, le télédiffuseur s'était, ironiquement, « imposé un fardeau plus lourd en ce qui concerne les mises en garde »,  puisqu'il faut, durant ces heures, diffuser des mises en garde « après chaque pause commerciale de l'émission. » Étant donné que la station n'a pas diffusé de mises en garde après la deuxième et la quatrième pause commerciale, le Conseil a trouvé que le télédiffuseur avait enfreint le paragraphe 5.2 du Code.

Finalement, le Conseil a également décidé que la cote « PG », attribuée au film par le télédiffuseur, n'était pas appropriée, et a fait remarquer que la cote « 14+ » aurait mieux correspondu au contenu violent du film :

Dans la description de la cote « PG », il est énoncé que : Même si cette émission vise un auditoire général, elle risque de ne pas être convenable pour les jeunes enfants (ayant moins de huit ans).   Deuxièmement, les lignes directrices concernant la violence stipulent que « toute présentation d'un conflit ou d'un comportement agressif devra être modérée et limitée » et que « toute présentation du genre ne doit pas être prépondérante. » De l'avis du Conseil, […] le film ne vise décidément pas un auditoire général. C'est un film à l'intention d'un auditoire adulte. Qui plus est, la violence présentée dans le film est loin d'être « modérée et limitée » […]. Les lignes directrices visant la catégorie  « 14+ » conviennent que « la violence peut être un des éléments dominants de l'intrigue » et que la programmation peut même « contenir des scènes de violence intenses. »

Les radiotélédiffuseurs privés canadiens ont arrêté eux-mêmes les codes qui constituent les normes du secteur concernant la déontologie, l'emploi de stéréotypes sexuels et la présentation de violence à la télévision et ils s'attendent que leurs collègues les respectent. En 1990, ils se sont aussi dotés d'un organisme d'autoréglementation, le CCNR, qu'ils ont mandaté de veiller à l'administration de ces codes de responsabilité professionnelle. Le Conseil a par la suite été chargé de veiller également au respect du code d'éthique journalistique adopté en 1970 par l'Association canadienne des directeurs de l'information radio-télévision (ACDIRT). Plus de 430 stations de radio et de télévision et services spécialisés, d'un bout à l'autre du Canada, sont membres du Conseil.

Ottawa, le 16 août 2000 — Le Conseil canadien des normes de la radiotélévision (CCNR) a publié sa décision aujourd'hui concernant un message promotionnel, diffusé à 19 h 15 à l'antenne de CITY-TV de Toronto, pour publiciser l'émission Sex TV, qui passe tard en soirée sur ses ondes.  L'autopublicité commence par le message suivant : « L'homme moyen pense au sexe chaque huit secondes », suivi d'une scène où la caméra effectue une lente rotation du corps nu d'une femme couchée sur le côté et faisant face à la caméra, ses bras et ses jambes cachant discrètement ses seins et son sexe. Le message promotionnel se termine avec le message : « Mais, qui s'en préoccupe vraiment? » Un téléspectateur s'est plaint que le message est  «moralement répréhensible, dénigre les femmes et nuit aux enfants qui peuvent le voir et se demander combien souvent leur père, leur oncle ou leur grand-père pense au sexe. »

Le Conseil régional de l'Ontario a rendu sa décision à la lumière du Code concernant les stéréotypes sexuels à la radio et à la télévision et des dispositions du Code d'application volontaire concernant la violence à la télévision gouvernant la mise à l'horaire.  Ayant décidé qu'il n'y avait pas de violation de ces deux codes, le Conseil a statué que le message promotionnel faisant l'objet de la plainte ne dénigre ni les femmes, ni les hommes et qu'il était acceptable de le diffuser avant l'heure limite de 21 h 00.

Pour ce qui est de la présentation de la femme nue, le Conseil a déclaré que « même si ce message perpétue, dans une certaine mesure, le stéréotype de la femme comme objet sexuel, plusieurs éléments de cette présentation, comme le regard fort avec lequel elle fixe la caméra (et par conséquent le téléspectateur), font beaucoup pour atténuer l'image de la femme comme objet servant uniquement pour satisfaire les désirs sexuels des hommes. » En ce qui concerne le commentaire négatif ou dénigrant à l'endroit des hommes, le Conseil est d'avis que  rien n'indique que le message promotionnel présente les hommes comme étant des « obsédés unidimensionnels du sexe ».  Il a déclaré :

Dans l'ensemble, […] il serait déraisonnable de conclure que ce message promotionnel laisse entendre que les hommes n'ont rien d'autre dans la tête que leur vie sexuelle.  Qui plus est, le message est livré, de toute évidence, la langue au coin des lèvres.  Il tente de piquer l'intérêt du téléspectateur pour l'inciter à explorer la sexualité masculine et d'autres « mystères » du monde du sexe.

En ce qui a trait à la question de la mise à l'horaire, le Conseil note que CITY-TV a admis qu'en raison d'une erreur dans le catalogage des deux messages promotionnels visant l'émission,  le message visé était passé à l'écran à 19 h 15.  Il n'a toutefois pas trouvé que CITY-TV avait par conséquent enfreint les dispositions du Code d'application volontaire concernant la violence à la télévision gouvernant la mise à l'horaire.  Le Conseil a déclaré que tant que le contenu du message ne « vise pas un auditoire adulte à l'exclusion d'un auditoire non-adulte, il est effectivement possible de faire la promotion, avant l'heure limite, d'une émission qui ne peut elle-même être diffusée qu'après l'heure limite […] dans le fuseau horaire d'origine. »  Dans ce cas-ci, le Conseil a conclu que même s'il « serait plus convenable de ne pas diffuser ce genre de message promotionnel durant les heures où les enfants peuvent être à l'écoute », la diffusion dudit message avant l'heure limite ne constitue pas une infraction du Code.

Les radiodiffuseurs privés du Canada ont établi des normes pour l'industrie de la radiodiffusion, sous forme d'un code de déontologie, d'un code portant sur les stéréotypes sexuels et d'un code portant sur la violence à la télévision auxquels les membres doivent souscrire. En 1990, ils ont aussi créé le CCNR, qui est l'organisme d'autoréglementation ayant la responsabilité d'administrer ces codes, ainsi que le code des pratiques journalistiques de l'Association canadienne des directeurs de l'information en radio-télévision (ACDIRT) établi en 1970. Plus de 430 stations de radio et de télévision et services spécialisés, d'un bout à l'autre du Canada, sont membres du Conseil.

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Ottawa, le 9 août 2000 — Le Conseil canadien des normes de la radiotélévision (CCNR) a fait connaître aujourd'hui sa décision concernant une émission d'art culinaire intitulée Gwai Lo Cooking, qui est diffusée à l'antenne de CFMT-TV de Toronto.  L'expression cantonaise « gwai lo », dont la traduction littérale est « démon étranger » ou « individu fantomatique », fait référence à l'animateur de l'émission qui, bien que de race blanche, parle Cantonais et présente des recettes culinaires nord-américaines et européennes aux membres cantonais de la collectivité sino-canadienne. Un téléspectateur s'est plaint que le titre de l'émission est discriminatoire envers les gens qui ne sont pas des Orientaux parce que « en Chinois, cette expression se rapproche d'autres expressions racistes de langue anglaise ».

Le Conseil régional de l'Ontario a examiné la question à la lumière du Code de déontologie de l'Association canadienne des radiodiffuseurs.  C'est la première fois que le CCNR a à déterminer si le titre même d'une émission enfreint les dispositions concernant les droits de la personne que renferme le Code.  Le Conseil n'a constaté aucune violation du Code.  À son avis, l'expression « gwai lo » a perdu le caractère abusif qu'elle avait autrefois et le contexte dans lequel elle est employée dans ce cas-ci ne la rend pas offensante non plus.

Bien que le Conseil convienne que l'expression « gwai lo » est discriminatoire parce qu'elle fait allusion à « un groupe précis caractérisé par sa race et la couleur de sa peau », il estime qu'elle a aujourd'hui un sens plutôt inoffensif et s'apparente à des sobriquets nord-américains comme « Canuck » et « Yankee » :

Bien que les Chinois puissent avoir employé l'expression « gwai lo » de façon dérogatoire à l'endroit des étrangers — en particulier des Occidentaux de race blanche — dans le passé, les gens dont le Conseil a demandé l'avis affirment que l'expression a aujourd'hui perdu beaucoup de sa connotation négative.  Le Conseil constate également que l'expression a aussi perdu, en grande partie, son sens religieux et que la mention « démon étranger » n'a plus la signification théologique qu'elle avait autrefois.  D'après ses recherches, l'expression, qui était autrefois très offensante, est maintenant, au pire, jugée simplement « impolie ».  Le Conseil estime donc qu'elle n'est pas abusivement discriminatoire en soi.

D'autre part, le contexte dans lequel l'expression est employée ne lui confère pas non plus de caractère abusivement discriminatoire.  D'après le Conseil, l'emploi de l'expression par un animateur de race blanche pour se décrire lui-même « en atténue la connotation discriminatoire […]  En employant l'expression, comme il le fait, l'animateur la transforme d'un facteur de ségrégation et d'opposition (nous/eux) en un moyen d'identification et d'inclusion ».

Les radiotélédiffuseurs privés canadiens ont arrêté eux-mêmes les codes qui constituent les normes du secteur concernant la déontologie, l'emploi de stéréotypes sexuels et la présentation de violence à la télévision et ils s'attendent que leurs collègues les respectent. En 1990, ils se sont aussi dotés d'un organisme d'autoréglementation, le CCNR, qu'ils ont mandaté de veiller à l'administration de ces codes de responsabilité professionnelle. Le Conseil a par la suite été chargé de veiller également au respect du code d'éthique journalistique adopté en 1970 par l'Association canadienne des directeurs de l'information radio-télévision (ACDIRT). Plus de 430 stations de radio et de télévision et services spécialisés, d'un bout à l'autre du Canada, sont membres du Conseil.

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Toutes les décisions du CCNR, les codes, les liens vers les sites Web des membres et d'autres sites Web, ainsi que des renseignements pertinents sont affichés sur son site Web à www.ccnr.ca. Pour obtenir de plus amples renseignements, veuillez communiquer avec la présidente nationale du CCNR, Mme Andrée Noël, ou le directeur exécutif du CCNR, M. John MacNab.