La diffusion des épreuves de rodéo du Stampede de Calgary ne constitue pas une violation, déclare le Conseil canadien des normes de la radiotélévision

Ottawa, le 29 mars 2006 – Le Conseil canadien des normes de la radiotélévision (CCNR) rendait publique aujourd’hui sa décision concernant les diffusions, faites par le réseau Outdoor Life Network (OLN), des épreuves de rodéo dans le cadre du Stampede de Calgary en juillet 2005. Le CCNR avait reçu une plainte de la part de la Société protective des animaux et de l’environnement du Canada dans laquelle cet organisme déclare que les rodéos comportent de la violence contre les animaux et que la télédiffusion de ces épreuves a encouragé la violence contre les animaux. Après avoir visionné 16 heures de la couverture faite du rodéo les 9, 10 et 11 juillet, le Comité national des services spécialisés du CCNR a déclaré qu’il n’était pas d’accord avec le point de vue de l’organisme plaignant au sujet de ces émissions.  

De l’avis du Comité, la plainte de la Société protective des animaux se fonde essentiellement sur les préoccupations de cette dernière au sujet du rodéo même – une question qui est du ressort des organismes chargés de la protection des animaux – plutôt que sur la diffusion des compétitions du rodéo, ce qui fait nettement partie des responsabilités du CCNR. 

L’unique préoccupation du CCNR devant ce dossier se rapporte aux émissions qui sont effectivement précisées. La question qui se présente au CCNR est celle de savoir si ces émissions-là renfermaient du contenu allant à l’encontre de la règle stipulée à l’article 9 […], faute de quoi il n’y a pas d’infraction au code applicable. Dans le cas contraire, il y a, bien entendu, une infraction entraînant les conséquences découlant d’une décision négative rendue par le CCNR, décision qui pourrait de plus servir comme guide pour la diffusion de ce genre de programmation à l’avenir. 

En ce qui concerne les émissions sur la capture de veaux au lasso, la lutte au taureau, le maintien en selle sur un cheval sauvage, la monte à cru, l’épreuve à dos de taureau et les courses de charrettes, le Comité a déclaré ce qui suit :

[L]a question est celle de savoir si les émissions « endossent, encouragent ou glorifient la violence » contre les animaux. Le Comité estime qu’à la lumière de cet aspect à lui seul, la plainte est sans objet. Il ne constate pas qu’elles endossent, encouragent ou même glorifient la violence contre les animaux. Aucune épreuve du rodéo ne constitue une corrida ou une approximation d’une corrida. Aucune épreuve ne suit le modèle du chasseur et de la proie. On ne vise pas à causer des blessures aux concurrents, que ceux-ci soient des humains ou des animaux. C’est tout au plus un concours entre la volonté du cowboy d’une part, et celle du veau, du cheval sauvage ou du taureau d’autre part. Le veau veut s’échapper, mais n’y parvient presque jamais, bien qu’il y ait quelques exemples de tentatives manquées de la part du cowboy dans les enregistrements visionnés […]. En ce qui concerne l’épreuve à dos de taureau et de cheval sauvage, l’humain tente de rester en selle pendant huit secondes, tandis que l’animal veut simplement lancer des ruades, même pas nécessairement dans le but de se défaire de son cavalier. Pour ce qui est des épreuves à dos d’animal, il y a peut-être même en effet le sentiment de collaboration entre le concurrent et les animaux qui ruent. Après tout, les points sont attribués en deux parts égales, une pour la performance du cheval ou du taureau, et l’autre pour la prouesse du cowboy.

Le Comité est également conscient, d’après les commentaires des analystes de l’émission, que les concurrents prisent les chevaux sauvages et les taureaux « ayant une réputation »; il n’y a aucune preuve que ce soit d’antipathie. Les cavaliers semblent vouloir un cheval sauvage ou un taureau vif ayant une réputation bien établie. Ils savent, après tout, que la capacité de l’animal de lancer des ruades leur gagnera la moitié des points. N’oublions pas non plus que l’autre moitié des points n’est pas attribuée pour la suprématie de l’humain sur l’animal, ou pour la victoire remportée par l’un ou l’autre. C’est plutôt un exemple de maîtrise élégante dans les moments les plus difficiles qui est attribuable au « contrôle, au jeu d’éperons et au choix du moment » du cavalier et non l’équivalent d’un knock-out ou d’un knock-out technique du domaine de la boxe ou de plaquer son adversaire dans le domaine de la lutte.

En somme, le Comité ne considère pas que la diffusion d’épreuves dans le cadre d’un rodéo constitue de la violence, et encore moins de la violence qu’on endosse, encourage ou glorifie.

Les radiotélédiffuseurs privés canadiens ont créé eux-mêmes les codes qui constituent les normes du secteur concernant la déontologie, l’emploi de stéréotypes sexuels et la présentation de violence à la télévision et ils s’attendent à ce qu’ils soient respectés par les membres de leur profession. En 1990, ils se sont aussi dotés d’un organisme d’autoréglementation, le CCNR, qu’ils ont mandaté de veiller à l’administration de ces codes de responsabilité professionnelle. Le Conseil a par la suite été chargé de veiller également au respect du code d’éthique journalistique adopté en 1970 par l’Association canadienne des directeurs de l’information radio-télévision (ACDIRT). Plus de 590 stations de radio et de télévision et services spécialisés, d’un bout à l’autre du Canada, sont membres du Conseil.

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Toutes les décisions du CCNR, les codes, les liens vers les sites Web des membres et d'autres sites Web, ainsi que des renseignements pertinents sont affichés sur son site Web à www.ccnr.ca. Pour obtenir de plus amples renseignements, veuillez communiquer avec la présidente nationale du CCNR, Mme Andrée Noël, ou le directeur exécutif du CCNR, M. John MacNab.