La diffusion de langage grossier dans un vidéo de musique avant 21 h doit s’accompagner de mises en garde à l’auditoire, déclare le Conseil canadien des normes de la radiotélévision

Ottawa, le 16 novembre 2005 – Le Conseil canadien des normes de la radiotélévision (CCNR) rendait publique aujourd’hui sa décision concernant la diffusion, dans le cadre d’une émission compte à rebours du palmarès de vidéos intitulée Top5.M+.com., de la chanson « Va donc chier » par le groupe québécois Les Chiens sales, le 20 avril 2005 entre 18 h 30 et 19 h 30. Le refrain de cette chanson, « Va donc chier, va donc chier, va donc chier, mange donc d’la marde » se répète à plusieurs reprises. Une mise en garde, diffusée en format visuel seulement avant l’émission, se lisait comme suit : « Avis : Cette chanson contient des paroles explicites pouvant offenser certains auditeurs. » Pendant la diffusion tard le soir du 16 mai d’un épisode de l’émission Les pourris … de talent, Les Chiens sales ont interprété cette chanson en direct du studio de MusiquePlus. Aucune mise en garde à l’auditoire n’a paru cette fois-ci. 

Un téléspectateur s’est plaint que ses enfants âgés de 5 à 9 ans ont vu l’exécution de la chanson lorsqu’ils regardaient Top5.M+.com. Le télédiffuseur a répondu qu’en raison de la plainte il a éliminé le vidéoclip du calendrier de diffusion. Il a expliqué de plus que dorénavant les épisodes préenregistrés de l’émission Les pourris … de talent, qui présentaient plusieurs nouveaux groupes, Les Chiens sales y compris, seraient diffusés après 21 h pour éviter de pénaliser les nouveaux artistes qui se produisaient dans le même épisode que ce groupe et pour, selon ce que le Comité régional du Québec croyait comprendre, diffuser le contenu qui risquait d’offenser dans un créneau horaire (après 21 h) pour les adultes.  

Le Comité régional du Québec en est venu à la conclusion que les paroles faisant l’objet de la plainte n’ont pas enfreint le Code afférent et a déclaré : 

Dans le cas qui nous occupe, cependant, l’emploi de l’expression était, somme toute, anodin. Il s’agissait du refrain (et du titre) d’une chanson dont l’effet s’aggrave avec sa répétition davantage sur papier que sur les ondes, mais qui ne ciblait pas une personne en particulier. Dans l’hypothèse la plus pessimiste, on pourrait dire qu’il s’agissait d’un moyen pour la jeunesse d’exprimer une observation rebelle à l’endroit de la société, qui est, sans aucun doute, de mauvais goût du point de vue de ce que les adultes polis et les parents bienveillants souhaiteraient entendre. On ne peut pas non plus nier, en présence de la plainte, le caractère inapproprié des paroles pour les jeunes enfants qui les ont entendues. Cependant, ce n’est pas ce critère d’évaluation qui s’applique. Le critère qui s’applique effectivement est celui de savoir si le langage grossier s’adressait exclusivement à un auditoire adulte. Le Comité estime que ce n’était pas le cas […]  

Même si le langage ne visait pas exclusivement un auditoire adulte, le Comité régional du Québec a conclu qu’il ne convenait pas aux enfants. En pareille circonstance, « la mise en garde à l’auditoire est obligatoire et doit être présentée en format vidéo et audio. Celle qui accompagnait la présentation faite le 20 avril s’est faite en format vidéo seulement, ce qui constituait, dans cette mesure, une infraction à l’article 11 [du Code de déontologie de l’ACR]. »

Les radiotélédiffuseurs privés canadiens ont créé eux-mêmes les codes qui constituent les normes du secteur concernant la déontologie, l’emploi de stéréotypes sexuels et la présentation de violence à la télévision et ils s’attendent à ce qu’ils soient respectés par les membres de leur profession. En 1990, ils se sont aussi dotés d’un organisme d’autoréglementation, le CCNR, qu’ils ont mandaté de veiller à l’administration de ces codes de responsabilité professionnelle. Le Conseil a par la suite été chargé de veiller également au respect du code d’éthique journalistique adopté en 1970 par l’Association canadienne des directeurs de l’information radio-télévision (ACDIRT). Plus de 550 stations de radio et de télévision et services spécialisés, d’un bout à l’autre du Canada, sont membres du Conseil.

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Toutes les décisions du CCNR, les codes, les liens vers les sites Web des membres et d'autres sites Web, ainsi que des renseignements pertinents sont affichés sur son site Web à www.ccnr.ca. Pour obtenir de plus amples renseignements, veuillez communiquer avec la présidente nationale du CCNR, Mme Andrée Noël, ou le directeur exécutif du CCNR, M. John MacNab.