La diffusion d’un titre de film controversé (contenant le « mot F » en anglais) n’a pas enfreint le Code, déclare le Conseil canadien des normes de la radiotélévision

Ottawa, le 4 mars 2009 – Le Conseil canadien des normes de la radiotélévision (CCNR) rendait publique aujourd’hui sa décision concernant une entrevue faite dans le cadre de l’émission d’affaires publiques de CTV, Question Period, qui a été diffusée le 1er juin 2008 à midi. Le CCNR a conclu que la présence du « mot F » en anglais dans sa forme écrite – lequel déroulait au bas de l’écran dans le titre du long métrage faisant l’objet de la discussion – n’a pas violé le Code de déontologie de l’Association canadienne des radiodiffuseurs (ACR).

Dans l’épisode du 1er juin 2008, l’animatrice Jane Taber a interviewé le coauteur et réalisateur du long métrage canadien intitulé Young People Fucking. Leur entretien portait sur le projet de loi C-10, une loi fédérale qui éliminerait les crédits d’impôt pour les films considérés contraires à l’intérêt public si elle aurait été adoptée. Le titre controversé de ce film n’a jamais été mentionné pendant l’entrevue. En fait, lorsqu’elle a fait l’introduction précédant cette entrevue, Mme Taber a déclaré que le titre du film est [traduction] « si explicite que je ne peux même pas le dire à la télévision. » Elle l’a donc appelé « Young People Making Love » (Les jeunes qui font l’amour). Toutefois, CTV a fait périodiquement paraître la mention « Martin Gero, réalisateur de “Young People Fucking” » – avec le titre du film au complet – au bas de l’écran afin d’identifier la personne interviewée.

Un téléspectateur s’est plaint que CTV avait indiqué le titre du film en toutes lettres à l’écran pendant l’entrevue. Le Comité national de la télévision générale du CCNR a étudié la plainte à la lumière de l’article 10 du Code de déontologie de l’ACR, lequel dispose que le langage grossier destiné à des auditoires adultes ne peut être diffusé que pendant la plage des heures tardives, plage comprise entre 21 h et 6 h. Bien que le CCNR ait jugé dans plusieurs de ses décisions précédentes que le fait de dire le « mot F » en anglais et ses variantes sera tenu pour une violation du Code lorsque ces expressions sont diffusées à d’autres moments que pendant la plage des heures tardives, le Comité a conclu que les circonstances de cette diffusion constituaient une exception à cette règle. Il a expliqué son raisonnement comme suit :

Le mot n’a pas été employé comme verbe, adjectif, adverbe ou même une interjection communiquant une réaction. Il faisait […] l’objet de la discussion, plutôt que d’être, dans un sens, un terme utilisé pour participer à la discussion. De plus, il s’agissait du titre du film controversé dont on discutait, soit une œuvre culturelle ou artistique qui avait un rapport avec la loi proposée par le gouvernement. Bien qu’il fut un élément central et fondamental de l’entretien tenu pendant l’émission Question Period, tant l’intervieweuse que l’interviewé se sont montrés suffisamment sensibles envers leur auditoire pour ne pas dire le mot comme tel. Le télédiffuseur a préféré être discret et a relégué le mot, dans son contexte du titre, au format imprimé. Même s’il a paru périodiquement, il n’était pas plus présent que le nom de n’importe quel autre réalisateur et le titre de son film l’auraient été. […] Le télédiffuseur n’a pas non plus mis le titre imprimé qui risquait d’offenser en évidence et n’a pas tenté d’y attirer l’attention. Le titre, de l’avis du Comité, était simplement là. Il s’agissait d’une circonstance exceptionnelle, voire même unique. De plus, le télédiffuseur a traité la situation de façon particulièrement adroite et en faisant preuve de réfléchi et de respect.

Le Comité a également décidé que des mises en garde à l’auditoire n’étaient pas nécessaires dans ce cas.

Les radiodiffuseurs privés canadiens ont créé eux-mêmes les codes qui constituent les normes du secteur concernant la déontologie, la représentation équitable, la présentation de violence à la télévision et l’indépendance journalistique, et ils s’attendent à ce qu’ils soient respectés par les membres de leur profession. En 1990, ils se sont dotés d’un organisme d’autoréglementation, le CCNR, qu’ils ont mandaté de veiller à l’administration de ces codes de responsabilité professionnelle, ainsi que du code concernant la déontologie journalistique qui fut élaboré par l’ACDIRT – Association des journalistes électroniques. Plus de 720 stations de radio, de services de radio par satellite, de stations de télévision et de services de télévision spécialisée, d’un bout à l’autre du Canada, sont membres du Conseil.

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Toutes les décisions du CCNR, les codes, les liens vers les sites Web des membres et d'autres sites Web, ainsi que des renseignements pertinents sont affichés sur son site Web à www.ccnr.ca. Pour obtenir de plus amples renseignements, veuillez communiquer avec la présidente nationale du CCNR, Mme Andrée Noël, ou le directeur exécutif du CCNR, M. John MacNab.