L’émission annuelle de Tom Leykis sur l’alcool au volant constitue un traitement équilibré du sujet, déclare le Conseil canadien des normes de la radiotélévision

Ottawa, le 29 août 2003 – Le Conseil canadien des normes de la radiotélévision (CCNR) rendait publique aujourd'hui sa décision concernant une séquence de l'émission d'origine américaine, Tom Leykis Show, diffusée à l'antenne de CHMJ-AM (MOJO Radio de Vancouver), entre 17 h et 18 h le 10 décembre 2002. Un plaignant a été offusqué par cette émission radiophonique parce qu'elle aurait applaudi la capacité de « fonctionnement multitâche » des jeunes gens qui, d'une seule traite, boivent de l'alcool, conduisent et utilisent un téléphone cellulaire pour appeler l'émission. Le Comité régional de la Colombie-Britannique du CCNR en est venu à la conclusion que la diffusion faite par CHMJ n'a pas contrevenu à l'article 6 du Code de déontologie de l'Association canadienne des radiodiffuseurs (ACR), lequel exige « la présentation complète, impartiale et appropriée des nouvelles, des points de vue, des commentaires ou des textes éditoriaux ».

Pendant la séquence qui a donné lieu à la plainte, l'animateur a informé les auditeurs que l'épisode sur l'alcool au volant était une « tradition des Fêtes » que l'émission avait pour habitude de suivre. Il a suggéré que beaucoup de gens consomment de l'alcool à l'occasion des activités entourant les Fêtes et qu'ils montent ensuite dans leurs véhicules pour se rendre à la maison. L'animateur a invité les gens qui « sont en boisson au volant » à appeler l'émission à l'instant même. Il a expliqué que le but de cette séquence était « de prouver que malgré tous les messages d'intérêt public et tous les avertissements au sujet des dangers de conduire en état d'ivresse […] de nombreux gens le font toujours, et ce au moment même. » (traduction) Pendant l'heure de l'émission, l'animateur a parlé à de nombreux interlocuteurs qui ont déclaré être ivres au volant. Il a également reçu des appels de gens qui n'approuvent pas de cette pratique. L'animateur a fait la déclaration suivante : « notre société se montre ambivalente sur le sujet de punir ceux qui conduisent en état d'ivresse. […] [O]n n'arrête pas de dire qu'on s'occupe du problème, mais en fin de compte le fait est qu'on ne fait rien. » (traduction) Un auditeur s'est plaint au CCNR que cette diffusion avait idéalisé un comportement irresponsable et « le carnage qui s'ensuit sur la route. » (traduction) Le radiodiffuseur a répondu en disant que les hommes âgés de 25 à 54 ans constituent le public-cible de cette station et que l'animateur « a simplement fait ressortir un point et encouragé les gens à réfléchir à ce qu'ils font. » (traduction)

Le Comité régional de la C.-B. a étudié la plainte à la lumière de l'article 6 du Code de déontologie de l'ACR, lequel exige

« la présentation complète, impartiale et appropriée des nouvelles, des points de vue, des commentaires ou des textes éditoriaux ». De l'avis du Comité, « cette diffusion avait pour but de critiquer 'l'ambivalence de la société' devant la question de l'alcool au volant. » Il en est venu à la conclusion que

 

l'impression qui demeure de l'émission annuelle du Leykis Show constitue la question essentielle. La diffusion faite à l'antenne de CHMJ était un moyen légitime d'aborder la question et respectait les limites sur lesquelles s'appuie le principe de la liberté d'expression. Bien entendu, la décision du Comité tient compte du fait que ceux qui sont en faveur de conduire en état d'ivresse n'ont pas eu droit à une tribune qui leur a permis de diffuser leurs points de vue sans contestation ou remise en question. Si la présentation avait manqué d'équilibre dans ce sens, nous aurions tout probablement décidé autrement. Par conséquent, il n'y a pas d'infraction de l'article 6 du Code de déontologie dans ce cas-ci.

Les radiotélédiffuseurs privés canadiens ont arrêté des codes qui constituent les normes du secteur concernant l'emploi de stéréotypes sexuels, la présentation de violence et le traitement de questions à valeur morale, tels les droits de l'homme, sur les ondes, et ils s'attendent que leurs collègues les respectent. Ils se sont aussi dotés d'un organisme d'autoréglementation, le CCNR, qu'ils ont mandaté de veiller à l'administration de ces codes de responsabilité professionnelle. Le Conseil a par la suite été chargé de veiller également au respect du code de déontologie journalistique adopté par l'Association canadienne des directeurs de l'information radio-télévision (ACDIRT). Plus de 530 stations de radio et de télévision et services spécialisés, d'un bout à l'autre du Canada, sont membres du Conseil.

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Toutes les décisions du CCNR, les codes, les liens vers les sites Web des membres et d'autres sites Web, ainsi que des renseignements pertinents sont affichés sur son site Web à www.ccnr.ca. Pour obtenir de plus amples renseignements, veuillez communiquer avec la présidente nationale du CCNR, Mme Andrée Noël, ou le directeur exécutif du CCNR, M. John MacNab.