Une station de radio a pris des mesures extraordinaires pour régler une plainte concernant le « mot F » dans une chanson, déclare le Conseil canadien des normes de la radiotélévision

Ottawa, le 4 juin 2008 – Le Conseil canadien des normes de la radiotélévision (CCNR) rendait publique aujourd’hui sa décision concernant la diffusion en après-midi de la chanson « Load Me Up » par Matthew Good Band, laquelle contenait le « mot F » en anglais, à l’antenne de CJDJ-FM (Rock 102 de Saskatoon). Le Comité régional des Prairies du CCNR a conclu que cette diffusion a enfreint le Code de déontologie de l’Association canadienne des radiodiffuseurs (ACR), mais a félicité la station des mesures qu’elle a prises pour régler la situation.

La station a expliqué au plaignant qu’elle a accidentellement chargé la version non modifiée de la chanson, à savoir celle contenant le juron dont il est question, dans son système informatique. Elle a ajouté qu’elle adopterait, à compter de ce moment, des mesures de protection pour s’assurer que toutes les chansons, que celles-ci soient des nouvelles ou des vieilles, soient convenablement préexaminées de sorte que seules les versions modifiées des chansons qui risquent de poser un problème figurent à sa liste de diffusion. Le directeur général de Rock 102 a également convenu de diffuser immédiatement des excuses à six reprises. Étant toujours insatisfait, le plaignant a demandé que le CCNR tranche sa plainte.

 

Le Comité régional des Prairies a étudié la plainte à la lumière de l’article du Code de déontologie de l’ACR selon lequel les radiodiffuseurs sont tenus de faire en sorte que leurs émissions ne renferment pas de langage indûment grossier ou injurieux. Le Comité a noté que la diffusion, pendant la journée, de chansons qui contiennent le « mot F » en anglais constitue toujours une infraction aux normes codifiées régissant la radiodiffusion.

Il est pour ainsi dire évident que l’usage apparemment accru des diverses formes du « mot F » en anglais sur les ondes est attribuable à son usage plus courant dans le quotidien. De l’avis du Comité, cela n’a pas pour conséquence d’élever ce terme de sorte qu’il soit acceptable de le diffuser pendant les heures de la journée auxquelles les enfants peuvent être à l’écoute, puisque le CCNR constate toujours qu’une partie notable de la société demeure toujours perturbée, sinon offensée, par la diffusion de langage du genre.

Le Comité n’a pas exigé que la station passe l’annonce habituelle de la décision du CCNR à son antenne, étant donné qu’elle avait déjà diffusé des excuses à six occasions. Il a reconnu les mesures prises par le radiodiffuseur comme suit :

 

Le Comité considère que le radiodiffuseur a proposé des mesures extraordinaires afin de reconnaître son erreur et rectifier la situation. Il est allé bien au-delà de la responsabilité qui incombe normalement à un radiodiffuseur de se montrer réceptif envers une plainte en tant que membre du CCNR. […] Conformément aux exigences qu’il impose actuellement à ses membres, le CCNR n’aurait pas, par exemple, exigé que la station annonce la décision du Conseil plus que deux fois, et même à ça, les annonces dictées par le CCNR se résument à un énoncé de ses conclusions et ne sont pas des textes d’excuses. C’est dire que le fait que le radiodiffuseur soit lui-même prêt à admettre son erreur pour laquelle il présente ses excuses est en soi-même plus que ce qu’ordonne le CCNR. Que le radiodiffuseur se montre disposé à le faire à six reprises est très significatif de l’avis du Comité.  […]

Pour conclure, bien que le Comité regrette que le plaignant se sente déçu, il peut attester la bonne foi dont a fait preuve la station en faisant l’effort supplémentaire d’admettre son erreur et en prenant les mesures de redressement pour le présent et l’avenir. Il applaudit ces mesures et considère que CJDJ-FM a respecté son obligation de faire preuve de réceptivité à cette occasion et qu’elle est allée au-delà de cette obligation.

Les radiodiffuseurs privés canadiens ont créé eux-mêmes les codes qui constituent les normes du secteur concernant la déontologie, la représentation équitable, la présentation de violence à la télévision et l’indépendance journalistique, et ils s’attendent à ce qu’ils soient respectés par les membres de leur profession. En 1990, ils se sont dotés d’un organisme d’autoréglementation, le CCNR, qu’ils ont mandaté de veiller à l’administration de ces codes de responsabilité professionnelle, ainsi que du code concernant la déontologie journalistique qui fut élaboré par l’ACDIRT – Association des journalistes électroniques. Plus de 630 stations de radio, de services de radio par satellite, de stations de télévision et de services de télévision spécialisée, d’un bout à l’autre du Canada, sont membres du Conseil.

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Toutes les décisions du CCNR, les codes, les liens vers les sites Web des membres et d'autres sites Web, ainsi que des renseignements pertinents sont affichés sur son site Web à www.ccnr.ca. Pour obtenir de plus amples renseignements, veuillez communiquer avec la présidente nationale du CCNR, Mme Andrée Noël, ou le directeur exécutif du CCNR, M. John MacNab.