Brother Jake Morning Show : Infraction des codes de radiotélévision dans le cas d’un sketch satirique, mais pas dans celui des concours « Wake Up », déclare le Conseil canadien des normes de la radiotélévision

Ottawa, le 11 février 2003 — Le Conseil canadien des normes de la radiotélévision (CCNR) rendait publiques aujourd'hui deux décisions concernant le contenu diffusé dans le cadre de certains épisodes du Brother Jake Morning Show à l'antenne de la station de radio CFMI-FM (Rock 101 de Vancouver). La première émission faisant l'objet d'une décision concernait deux concours, qui selon un auditeur, renfermaient du contenu à caractère sexuel qui était trop explicite pour les émissions qui passent à la radio le matin. Le Comité régional de la Colombie-Britannique du CCNR n'était pas d'accord, car il a trouvé que le contenu était plutôt de nature sexuellement suggestive et qu'il n'a pas par conséquent enfreint un quelconque des codes en matière de radiotélévision. La deuxième émission, celle-ci faisant l'objet de la deuxième décision, concernait un sketch satirique dans lequel on mentionne « les petites de la quatrième année » dans un contexte sexuel. Dans ce cas-ci, le Comité de la C.-B. en est venu à la conclusion que le sketch enfreint la disposition stipulant qu'il est interdit de sexualiser les enfants.

En avril, le Brother Jake Morning Show a présenté deux concours pour gagner des billets à une partie de hockey. Le premier de ces concours s'appelait « Wake Up Woody » et le deuxième s'intitulait « Wake Up Wendy ». Les concurrents devaient réveiller leur partenaire en usant de techniques sexuelles novatrices pendant qu'ils étaient au téléphone avec l'équipe de l'émission. Un auditeur s'est plaint que le concept du concours et le dialogue qui s'est déroulé pendant ces séquences n'étaient pas appropriés pour un moment de la journée où les familles se préparent à partir pour le travail ou l'école. Le Comité de la C.-B. a écouté un enregistrement des émissions et a étudié la plainte à la lumière du Code de déontologie de l'Association canadienne des radiodiffuseurs (ACR). Après avoir expliqué que dans le cas des émissions de radio matinales, le contenu sexuellement explicite n'est pas acceptable, mais que le contenu à caractère sexuellement suggestif n'est pas inacceptable, il a conclu que les émissions contenaient

une quantité considérable de badinage à caractère sexuel qui est à la limite, mais qui ne la franchit pas. Le concours regorge de doubles sens et de commentaires suggestifs; cependant, après avoir examiné les commentaires de près, le Comité en vient à la conclusion qu'ils ne contiennent rien de suffisamment explicite pour violer la disposition pertinente du Code. Le Comité n'est pas convaincu que tous les enfants seraient même en mesure de saisir ces sous-entendus; toutefois même si certains d'entre eux pourraient les saisir, les membres du Comité ne sont pas d'avis que les deux concours sont suffisamment explicites pour aller à l'encontre du Code.

Le sketch satirique a été diffusé en juin. Il contenait des commentaires faits par le président des États-Unis, George W. Bush. Il s'agissait de commentaires non liés entre eux qui ont été montés en séquence pour produire un effet humoristique qui faisait passer le président pour un âne. Dans ce sketch, on parle de donner une petite de quatrième année à chaque militaire. Le Comité a étudié la plainte qui se rapporte au sketch à la lumière du Code concernant les stéréotypes sexuels à la radio et à la télévision de l'ACR, dont une disposition interdit la sexualisation des enfants. Le Comité a statué que CFMI-FM a enfreint ce Code :

Le Comité est d'avis que ni les mentions explicites, ni les mentions suggestives, se rapportant à la sexualisation des enfants (âgés de moins de 12 ans) qui ont été faites de la façon cavalière et désinvolte qui se dégage clairement de cette séquence satirique sont acceptables. Il n'y a ni de raison, ni d'excuse, pour l'inclusion de ce commentaire dans le sketch satirique sur M. Bush.

Les radiotélédiffuseurs privés canadiens ont arrêté des codes qui constituent les normes du secteur concernant l'emploi de stéréotypes sexuels, la présentation de violence et le traitement de questions à valeur morale, tels les droits de l'homme, sur les ondes, et ils s'attendent que leurs collègues les respectent. Ils se sont aussi dotés d'un organisme d'autoréglementation, le CCNR, qu'ils ont mandaté de veiller à l'administration de ces codes de responsabilité professionnelle. Le Conseil a par la suite été chargé de veiller également au respect du code de déontologie journalistique adopté par l'Association canadienne des directeurs de l'information radio-télévision (ACDIRT). Plus de 530 stations de radio et de télévision et services spécialisés, d'un bout à l'autre du Canada, sont membres du Conseil.

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Toutes les décisions du CCNR, les codes, les liens vers les sites Web des membres et d'autres sites Web, ainsi que des renseignements pertinents sont affichés sur son site Web à www.ccnr.ca. Pour obtenir de plus amples renseignements, veuillez communiquer avec la présidente nationale du CCNR, Mme Andrée Noël, ou le directeur exécutif du CCNR, M. John MacNab.