Bully Beatdown n’enfreint pas le Code concernant la violence, déclare le Conseil canadien des normes de la radiotélévision

Ottawa, le 21 juillet 2010 – Le Conseil canadien des normes de la radiotélévision (CCNR) rendait publique aujourd’hui sa décision concernant l’émission Bully Beatdown qui a été diffusée à l’antenne de MTV Canada le 21 avril 2009. Le CCNR a conclu que cette émission n’a enfreint aucune des dispositions du Code de l’Association canadienne des radiodiffuseurs (ACR) concernant la violence.

Bully Beatdown est une émission de téléréalité qui permet aux victimes de brimades de rendre la pareille aux durs qui les ont intimidés. Ces derniers sont invités à se battre contre un véritable spécialiste d’arts martiaux mixtes (AMM). L’émission est animée par le champion d’AMM Jason « Mayhem » Miller. Dans l’épisode examiné pour les fins de la décision du CCNR, un jeune homme a demandé à M. Miller de l’aider à rendre la pareille à son frère cadet qui était bien plus grand et gros que lui et qui avait l’habitude de battre son frère aîné pour aucune raison. Le frère cadet a accepté le défi et on lui a donné une séance d’entraînement et de l’équipement protecteur avant sa série de matches contre la vedette d’AMM, Tony « The Gun » Bonello. Le match se fondait sur le principe que la victime gagnerait un montant d’argent fixe chaque fois que le batailleur d’AMM amenait l’auteur des brimades au sol. Chose peu surprenante, le dur a perdu au batailleur d’AMM et le frère aîné a gagné une somme d’argent notable. En outre, les deux frères se sont serrés dans les bras et ont déclaré qu’ils s’aimaient à la fin de l’émission.

Le CCNR a reçu une plainte au sujet de cette émission de la part d’un militant anti-intimidation qui était d’avis qu’il ne convenait pas que l’émission fasse la promotion davantage de violence comme solution au problème social qu’est l’intimidation. MTV Canada a avancé que l’émission est axée sur le principe [traduction] « d’inculquer de l’empathie à l’auteur des brimades en le mettant dans une situation où il doit faire face à quelqu’un qui risque de lui causer de la peur ou de l’anxiété. » MTV a également fait remarquer que l’émission était classifiée 14+ et s’accompagnait de mises en garde à l’auditoire.

Le Comité national des services spécialisés du CCNR a étudié la plainte à la lumière du Code de l’ACR concernant la violence. Le Comité a conclu que l’émission n’a ni encouragé ni glorifié la violence et que MTV Canada avait respecté les exigences du Code concernant la classification et les mises en garde à l’auditoire. Le Comité a fait observer que la question de son ressort n’était pas la préoccupation sociale plus large de l’intimidation et de la meilleure façon d’y répondre, mais celle de savoir si cet épisode spécifique de Bully Beatdown a contrevenu à une norme de radiodiffusion. Le Comité a ensuite reconnu que l’émission a « effectivement endossé ou approuvé la violence [mais] dans des circonstances plutôt contrôlées » et a donné l’explication suivante :

[I]l ne considère pas que l’épisode en cause encourage ou glorifie la violence d’une manière quelconque. L’épisode tente de réaliser le contraire, notamment critiquer la violence attribuable à l’intimidation. Ainsi, bien que la violence dans l’épisode soit techniquement approuvée, elle n’est pas approuvée ou endossée d’une manière qui peut être tenue pour l’équivalent d’encourager ou de glorifier cette forme d’agression. Tandis que l’intimidation comme telle est une forme de violence ou de bataille sans règles, cette émission constituait une forme de violence ou de bataille avec des règles (notamment que l’auteur de l’intimidation a consenti à participer, a eu droit à une séance d’entraînement, a suivi les règles des AMM et portait de l’équipement protecteur). De l’avis du Comité, cette approche contrôlée, corrective et sans manifestation d’appui envers le contenu à caractère violent ne contrevient pas à l’article 1 du Code concernant la violence.

[…]

En bout de ligne, bien que le Comité sympathise avec les préoccupations du plaignant concernant la meilleure solution sociale au problème de l’intimidation, il ne constate aucune violation des normes susmentionnées en raison du type de contenu à caractère violent dans l’épisode mis en cause de Bully Beatdown, de sa mise à l’horaire ou du choix de mises en garde s’y rapportant.

Les radiodiffuseurs privés canadiens ont créé eux-mêmes les codes qui constituent les normes du secteur concernant la déontologie, la représentation équitable, la présentation de violence à la télévision et l’indépendance journalistique, et ils s’attendent à ce qu’ils soient respectés par les membres de leur profession. En 1990, ils se sont dotés d’un organisme d’autoréglementation, le CCNR, qu’ils ont mandaté de veiller à l’administration de ces codes de responsabilité professionnelle, et des codes visant les services de télévision payante, ainsi que du code concernant la déontologie journalistique qui fut élaboré par l’ACDIRT – Association des journalistes électroniques en 1970. Plus de 735 stations de radio, services de radio par satellite, stations de télévision et services de télévision spécialisée, d’un bout à l’autre du Canada, sont membres du Conseil.

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Toutes les décisions du CCNR, les codes, les liens vers les sites Web des membres et d'autres sites Web, ainsi que des renseignements pertinents sont affichés sur son site Web à www.ccnr.ca. Pour obtenir de plus amples renseignements, veuillez communiquer avec la présidente nationale du CCNR, Mme Andrée Noël, ou le directeur exécutif du CCNR, M. John MacNab.