CFNY-FM concernant le Dean Blundell Show (les femmes, les « Freezies » et l’Halloween)

COMITÉ RÉGIONAL DE L’ONTARIO
Décision du CCNR 11/12-0380
24 mai 2012
M. Ziniak (présidente), J. David, M. Oldfield, J. Pungente

LES FAITS

L’émission matinale de la station de rock CFNY-FM (102.1 The Edge, Toronto), le Dean Blundell Show, est diffusée du lundi au vendredi de 5 h 30 à 10 h et est animée par Dean Blundell, Todd Shapiro et Derek Welsman. On y présente des mises à jour sur la circulation automobile, les nouvelles et la météo, des chansons et des plaisanteries entre les animateurs.

Un auditeur s’est plaint au CCNR le 12 octobre 2011 à propos de trois séquences distinctes de cette émission qui l’inquiétaient (on trouvera, en anglais seulement, la transcription de chacune de ces séquences à l’Annexe A et la correspondance du plaignant et du radiodiffuseur s’y rapportant à l’Annexe B). Dans la première séquence, diffusée vers 7 h le 11 octobre, les animateurs discutaient d’une émission de nouvelles matinale à la télévision. M. Blundell a alors fait de nombreux commentaires au sujet des [traduction] « beaux tétons » d’une des animatrices de cette émission. Il a ajouté en blaguant qu’il avait l’intention de publier un livre intitulé [traduction] Les cocottes qui pourraient toucher ma chose et qu’il s’agirait d’un livre animé qui se déploie pour montrer chaque femme dans la position d’un skieur qui fait un saut. Le plaignant était d’avis que cette conversation traitait les femmes en objets contrairement aux dispositions sur les stéréotypes sexuels des codes sur la radiodiffusion.

Dans la deuxième séquence identifiée par le plaignant, et diffusée vers 7 h le 12 octobre, M. Blundell a lu à haute voix le courriel d’un auditeur décrivant une technique sexuelle du nom de « Freezie ». M. Blundell a ainsi expliqué cette technique: [traduction] « Tu prends le condom après qu’il ait rempli son office» et « tu y presses ton pouce » comme pour sortir un Freezie fondu de son enveloppe. M. Blundell et ses coanimateurs ont trouvé que c’était [traduction] « une excellente technique ». Pour sa part, le plaignant soutient que cette séquence était trop sexuellement explicite pour convenir aux jeunes.

Dans la troisième séquence, diffusée vers 7 h 10 le même jour, les animateurs ont discuté d’un groupe religieux chrétien qui a lancé le mouvement JesusWeen dans le but d’inciter les gens à distribuer des Bibles et d’autres articles religieux plutôt que des friandises le jour de l’Halloween, pour répandre un « message chrétien ». Les animateurs se sont plaints de ce groupe, en arguant que les chrétiens jouissent déjà de plusieurs fêtes, et que le mouvement JesusWeen ne devrait pas tenter de [traduction] « s’emparer également de l’Halloween ». M. Blundell a critiqué le groupe en disant que ce dernier essaie de pousser les gens à acheter divers objets au profit des groupes chrétiens, puis il a ajouté [traduction] « Voilà bien ce qui est dégoûtant dans la religion. » Les animateurs ont également traité ce groupe de [traduction] « fous de Dieu » et ont suggéré que le nom « JesusWeen » comporte un caractère [traduction] « très gai ». Ils ont dit que le mot « ween » [terme argotique anglais qui ressemble à « weenie », dérivé de « weiner », une variété de saucisse] leur faisait penser au pénis. Puis ils ont fait des blagues, suggérant d’interroger Marie-Madeleine ou les douze apôtres sur le « ween » du Christ. D’une voix efféminée, stéréotypée et à l’aide de sous-entendus, M. Blundell a insinué que Jésus-Christ et ses apôtres s’étaient livrés à des actes homosexuels. À la fin de cet échange, M. Blundell a dit qu’il ne voulait pas que ce groupe chrétien gâche l’Halloween, sa fête préférée, puisqu’à cette occasion il se promène avec ses enfants dans le voisinage pendant qu’ils font du porte-à-porte pour obtenir des bonbons. Pour sa part, M. Shapiro a mentionné qu’il aime célébrer cette fête en sortant dans les clubs. M. Blundell lui a alors répondu à la blague que c’est parce qu’il aime se déguiser en soubrette française. M. Shapiro a répliqué [traduction] « Ouais. T’sais c’est mon excuse pour être une pute, comme toutes les autres femelles. »

Le plaignant s’inquiétait de l’emploi du mot « gai » pour montrer du mécontentement et a suggéré que cela dénote plutôt de la discrimination fondée sur l’orientation sexuelle et qu’à cet égard les animateurs de The Edge ne faisaient pas de bons modèles de comportement pour les jeunes. Il a également dénoncé l’utilisation du mot « putes » par M. Shapiro pour décrire les femmes et a caractérisé ce choix de vocabulaire de [traduction] « violence misogyne ».

Dans sa lettre du 9 novembre, le radiodiffuser a répondu au plaignant que les animateurs de The Edge n’avaient pas parlé seulement des femmes pendant leur conversation sur les personnalités des ondes télé, ils ont aussi parlé d’un présentateur de nouvelles qui avait [traduction] « tout un cul ». Ils n’ont donc pas fait preuve de sexisme puisqu’ils ont fait des commentaires tant sur des hommes que sur des femmes. En ce qui concerne la discussion sur le « Freezie », CFNY-FM a déclaré que M. Blundell [traduction] « a utilisé à dessein des mots voilés et l’art du non-dit » de sorte que la conversation n’était pas sexuellement explicite et n’a donc pas dérogé au code sur la radiodiffusion. Le radiodiffuseur a de plus fait valoir que ni le l’utilisation du mot « gai » comme insulte, ni les blagues sur l’homosexualité n’étaient offensantes en ce qui a trait à l’orientation sexuelle. En dernier lieu, la station a affirmé que lorsque M. Shapiro a utilisé le mot « putes », il faisait [traduction] « un commentaire sur le mode de comportement choisi par certaines femmes qui optent pour s’habiller de façon aguichante à l’Halloween », mais qu’il ne se prononçait pas sur les femmes en général.

Le plaignant a souligné, dans sa demande de décision du 23 novembre, les raisons pour lesquelles il n’était pas d’accord avec chacun des arguments mis de l’avant par The Edge.

LA DÉCISION

Le Comité régional de l’Ontario a étudié la plainte à la lumière des dispositions suivantes du Code de déontologie et du Code sur la représentation équitable de l’Association canadienne des radiodiffuseurs (ACR) :

Code de déontologie de l’ACR, Article 9 – Radiodiffusion

Reconnaissant que la radio est un média local et qu’il reflète par conséquent les normes de la collectivité desservie, les émissions diffusées aux ondes d’une station de radio locale doivent tenir compte de l’accès généralement reconnu à la programmation qui est disponible sur le marché, de la répartition démographique de l’auditoire de la station et de la formule empruntée par la station. Dans ce contexte, les radiodiffuseurs prendront un soin particulier de veiller à ce que les émissions diffusées à l’antenne de leurs stations ne comprennent pas :

[…]

  1. b) du contenu qui est indûment sexuellement explicite.

Code de déontologie de l’ACR, Article 2 – Droits de la personne

Reconnaissant que tous et chacun ont droit à la reconnaissance complète et égale de leurs mérites et de jouir de certains droits et libertés fondamentaux, les radiotélédiffuseurs doivent veiller à ce que leur programmation ne renferme pas de contenu ou de commentaires abusifs ou indûment discriminatoires quant à la race, l’origine nationale ou ethnique, la couleur, la religion, l’âge, le sexe, l’orientation sexuelle, l’état matrimonial ou le handicap physique ou mental.

Code de déontologie de l’ACR, Article 3 – Stéréotypes sexuels

Reconnaissant que la présentation de stéréotypes sexuels peut avoir des influences négatives, il incombe aux radiotélédiffuseurs de faire preuve, dans toute la mesure de leurs moyens, d’une sensibilité consciente en ce qui concerne les problèmes se rapportant aux stéréotypes sexuels. Pour ce faire, les radiotélédiffuseurs doivent éviter que leur programmation véhicule l’exploitation et s’assureront que leur programmation reflète l’égalité intellectuelle et émotive des hommes et des femmes. Les radiotélédiffuseurs consulteront le Code concernant les stéréotypes sexuels à la radio et à la télévision [remplacé par le Code sur la représentation équitable depuis le 17 mars 2008] pour plus de précisions à ce sujet.

Code de l’ACR sur la représentation équitable, Article 2 – Droits de la personne

Reconnaissant que tous et chacun ont droit de jouir complètement de certaines libertés et de certains droits fondamentaux, les radiodiffuseurs doivent s’assurer que leurs émissions ne présentent aucun contenu ou commentaire abusif ou indûment discriminatoire en ce qui concerne la race, l’origine nationale ou ethnique, la couleur, la religion, l’âge, le sexe, l’orientation sexuelle, l’état matrimonial ou un handicap physique ou mental.

Code de l’ACR sur la représentation équitable, Article 3 – Représentation négative

Pour assurer une représentation adéquate de tous les individus et tous les groupes, les radiodiffuseurs doivent éviter de présenter sur les ondes des représentations indûment négatives des individus en ce qui concerne la race, l’origine nationale ou ethnique, la couleur, la religion, l’âge, le sexe, l’orientation sexuelle, l’état matrimonial ou un handicap physique ou mental. Une telle représentation négative peut prendre plusieurs formes, incluant, entre autres, les stéréotypes, la stigmatisation et la victimisation, la dérision au sujet des mythes, des traditions ou des pratiques, un contenu dégradant et l’exploitation.

Code de l’ACR sur la représentation équitable, Article 4 – Stéréotypes

Reconnaissant que les stéréotypes constituent une forme de généralisation souvent et, de façon simpliste, dénigrante, blessante ou préjudiciable, tout en ne reflétant pas la complexité du groupe faisant l’objet du stéréotype, les radiodiffuseurs doivent s’assurer que leurs émissions ne renferment aucun contenu ou commentaire stéréotypé indûment négatif en ce qui concerne la race, l’origine nationale ou ethnique, la couleur, la religion, l’âge, le sexe, l’orientation sexuelle, l’état matrimonial ou un handicap physique ou mental.

Code de l’ACR sur la représentation équitable, Article 6 – Dérision des mythes, des traditions ou des pratiques

Les radiodiffuseurs doivent éviter de présenter un contenu ayant pour effet de tourner indûment en dérision les mythes, les traditions ou les pratiques de certains groupes en raison de la race, l’origine nationale ou ethnique, la couleur, la religion, l’âge, le sexe, l’orientation sexuelle, l’état matrimonial ou un handicap physique ou mental.

Code de l’ACR sur la représentation équitable, Article 7 – Contenu dégradant

Les radiodiffuseurs doivent éviter de présenter un contenu dégradant, qu’il s’agisse de mots, de sons, d’images ou d’autres moyens, qui est fondé sur la race, l’origine nationale ou ethnique, la couleur, la religion, l’âge, le sexe, l’orientation sexuelle, l’état matrimonial ou un handicap physique ou mental.

Code de l’ACR sur la représentation équitable, alinéa 8 a) – Exploitation

Les radiodiffuseurs doivent éviter de diffuser des émissions exploitant des femmes, des hommes ou des enfants.

Code de l’ACR sur la représentation équitable, Article 9 – Langage et terminologie

Les radiodiffuseurs doivent faire preuve de sensibilité devant le langage ou les termes dérogatoires ou inappropriés pour faire référence à des individus ou à des groupes en évoquant la race, l’origine nationale ou ethnique, la couleur, la religion, l’âge, le sexe, l’orientation sexuelle, l’état matrimonial ou un handicap physique ou mental, et éviter ce langage et ces termes.

  1. On doit reconnaître et renforcer l’égalité des sexes en employant un langage et des termes appropriés. Les radiodiffuseurs doivent utiliser dans leurs émissions un langage à caractère non sexiste en évitant, dans la mesure du possible, les expressions qui ne s’appliquent qu’à un seul sexe.
  2. On comprend que la langue et la terminologie évoluent avec le temps. Certains langages et termes peuvent ne pas convenir lorsqu’on parle de groupes identifiables en évoquant la race, l’origine nationale ou ethnique, la couleur, la religion, l’âge, le sexe, l’orientation sexuelle, l’état matrimonial ou un handicap physique ou mental. Les radiodiffuseurs doivent toujours faire preuve de vigilance en ce qui concerne le caractère adéquat ou inadéquat en constante évolution de certains mots et phrases en tenant compte des normes en vigueur dans la collectivité.

Après avoir lu toute la correspondance afférente et écouté les séquences en cause, les membres du Comité décideur ont conclu que la diffusion du 11 octobre n’a violé aucune des dispositions des Codes. Par contre, celle du 12 octobre a violé l’article 3 du Code de déontologie de l’ACR ainsi que les articles 3, 4, 6 et 7 du Code de l’ACR sur la représentation équitable.

Discussion sur des femmes connues dans les médias

Le 11 octobre 2011, les animateurs du Dean Blundell Show se sont lancés dans une discussion portant sur certains attributs d’une animatrice télé connue. Ils ont notamment mentionné, dans un langage vernaculaire, qu’elle avait toujours une poitrine remarquable malgré deux maternités : [traduction] « deux enfants et elle a encore des beaux tétons ». La conversation s’est ensuite portée sur une autre animatrice télé d’un réseau de sport dont ils ont dit qu’elle avait [traduction] « tout un corps ». Puis, continuant sur leur lancée ils ont fait référence au fessier d’un autre animateur connu : [traduction] « tout un cul ». M. Blundell a alors ajouté que, dans le cas de la première animatrice dont il a été question, elle figurait presqu’en tête de liste [traduction] « des cocottes à qui il laisserait toucher sa chose ». Il a enchaîné en disant qu’il partagerait avec son auditoire sa liste des « dix cocottes qui pourraient toucher à sa chose », tout en ajoutant qu’il en ferait un livre pour table à café, s’ouvrant sur double page, un livre animé en relief avec des parties mobiles montrant les femmes dans la position d’un skieur pendant un saut.

Les membres du Comité, tout en reconnaissant que cette conversation se situait à la limite de ce qui est acceptable en ondes, ont souligné que l’épisode en cause ne contenait ni description sexuelle explicite, ni discrimination fondée sur le sexe, ni la présentation de stéréotypes sexuels mais plutôt des sous-entendus et des insinuations, et qu’elle ne constituait donc pas une violation des articles 9 b), 2 et 3 du Code de déontologie de l’ACR ni une violation des articles 2, 3, 4, 7, et 8 a) du Code de l’ACR sur la représentation équitable.[i]

 

Discussion sur le « Freezie »

Le 12 octobre, à 7 h, les animateurs se sont lancés dans une discussion sur des courriels reçus de certains auditeurs, plus particulièrement un courriel suggérant l’utilisation d’un condom comme un « Freezie ». Les animateurs ont discuté de l’originalité de la suggestion en utilisant des sous-entendus et des insinuations. Le Comité a conclu que la discussion en question ne contenait pas de contenu sexuellement explicite et ne violait pas les dispositions de l’alinéa 9 b) du Code de déontologie de l’ACR.[ii]

Utilisation du mot « gai », discussion au sujet d’un groupe religieux et commentaires sur les femmes dans le contexte de l’Halloween

Vers 7 h 10 le même jour, les trois animateurs ont discuté d’un groupe religieux, chrétien en l’occurrence, du nom de JesusWeen qui a son propre site sur la toile : jesusween.com. L’animateur Blundell a lu la description apparaissant sur le site en question et faisant état du caractère sans but lucratif de l’organisation, du fait qu’elle a été créée pour que le jour de l’Halloween, le 31 octobre, les chrétiens se réapproprient cette fête et qu’ils reprennent contact avec le Christ en distribuant des Bibles plutôt que des gâteries. Après sa lecture, M. Blundell a conclu que le groupe JesusWeen voulait en somme faire main basse sur l’Halloween. Ses coanimateurs ont alors ajouté que ces [traduction] « fous de Dieu » avaient déjà la Toussaint, Noël et Pâques et qu’ils pouvaient laisser l’Halloween aux autres.

La discussion a alors pris un autre tour pour se porter d’abord sur les déguisements puis sur un jeu de mots avec le nom de l’organisation dont M. Blundell a souligné qu’il faisait [traduction] « très gai, JesusWeen ».

Toutefois, la discussion a ensuite dérivé. En faisant toujours des jeux de mots sur le sens à donner au mot « ween », les animateurs ont alors suggéré que ce mot pouvait faire allusion au pénis du Christ. [jeu de mots intraduisible en français faisant un rapprochement entre « ween » et « wiener », une variété de saucisse]. Ils ont enchaîné dans la même veine suggérant de vérifier le tout auprès des douze apôtres ou de Marie-Madeleine, soulevant ainsi des doutes sur l’orientation sexuelle du Christ et des douze apôtres, ou évoquant en sous-entendu de possibles rapports intimes entre le Christ et Marie-Madeleine.

Puis, à la toute fin de ce segment, après avoir souligné que pour lui l’Halloween représentait sa journée favorite avec ses enfants parce qu’ils allaient la passer dans tout le voisinage, l’animateur Blundell a cédé la parole à son coanimateur M. Shapiro. Ce dernier a alors dit que pour lui, c’était une soirée pour sortir dans les clubs. M. Blundell a alors ajouté en riant [traduction] « déguisé en soubrette française pour se faire baiser par un ou deux gars ». C’est là que M. Shapiro a ajouté [traduction] « Ouais. T’sais c’est mon excuse pour être une pute, comme toutes les autres femelles. »

Le Comité s’est penché sur tous les aspects de ce segment de l’émission. Il a conclu que le mot « gai » avait différentes significations et qu’en anglais il pouvait aussi vouloir dire stupide ou encore faible et que, dans le contexte dans lequel il a été utilisé dans l’émission, il ne constituait pas en soi la représentation négative d’un individu ou d’un groupe fondée sur l’orientation sexuelle.

Toutefois, le Comité a conclu que la discussion qui a suivi n’avait rien à voir avec la présentation d’opinions sur des sujets controversés, mais constituait plutôt, à cause de l’accumulation de détails iconoclastes, la présentation d’un contenu tournant indûment en dérision les mythes, traditions et pratiques des chrétiens, un des fondements du christianisme étant le célibat du Christ, contrairement aux dispositions de l’article 6 du Code de l’ACR sur la représentation équitable.[iii]

Analysant ensuite le dernier segment de la discussion, le Comité a conclu que les propos tenus en ondes par M. Shapiro traitant toutes les femmes de putes violaient les dispositions des articles 2 et 3 du Code de déontologie de l’ACR portant sur les droits de la personne et sur les stéréotypes sexuels, et les dispositions des articles 2, 3, 4 et 7 du Code de l’ACR sur la représentation équitable portant sur les droits de la personne, la représentation négative, les stéréotypes et le contenu dégradant.[iv]

Réceptivité du radiodiffuseur

Dans toutes les décisions rendues par le CCNR, ses comités évaluent la mesure dans laquelle le radiodiffuseur s’est montré réceptif envers le plaignant. Bien que le radiodiffuseur ne soit certes pas obligé de partager l’opinion du plaignant, sa réponse doit être courtoise, bien réfléchie et complète. Dans la présente affaire, CFNY-FM a donné une longue réponse au plaignant lui expliquant son point de vue quant à chacune des séquences en cause. Le radiodiffuseur a donc respecté son obligation de se montrer réceptif. Rien de plus n’est exigé de sa part dans ce cas-ci.

L’Annonce de la dÉcision

CFNY-FM est tenue 1) de faire connaître la présente décision selon les conditions suivantes : une fois pendant les heures de grande écoute dans un délai de trois jours suivant sa publication et une autre fois dans les sept jours suivant sa publication dans le créneau dans lequel elle a diffusé le Dean Blundell Show, mais pas le même jour que la première annonce obligatoire; 2) de fournir, dans les quatorze jours suivant la diffusion des deux annonces, une confirmation écrite de cette diffusion au plaignant qui a présenté la Demande de décision; et 3) d’envoyer au même moment au CCNR copie de cette confirmation accompagnée du fichier-témoin attestant la diffusion des deux annonces.

Le Conseil canadien des normes de la radiotélévision a jugé que CFNY-FM The Edge a violé le Code sur la représentation équitable de l’Association canadienne des radiodiffuseurs à cause de commentaires faits dans l’émission Dean Blundell Show du 12 octobre 2011 qui ont tourné en dérision les traditions chrétiennes contrairement à l’article 6 dudit Code. Cette diffusion a également dérogé au Code de déontologie et au Code sur la représentation équitable de l’Association canadienne des radiodiffuseurs pour avoir présenté des commentaires négatifs à l’endroit des femmes contrairement aux articles 2 et 3 du Code de déontologie et aux articles 2, 3, 4 et 7 du Code sur la représentation équitable.

La présente décision devient un document public dès sa publication par le Conseil canadien des normes de la radiotélévision

[i] Les décisions suivantes du CCNR traitent d’exemples de commentaires sur l’apparence physique des femmes et des questions à caractère sexuel : CHOM-FM et CILQ-FM concernant le Howard Stern Show (Décisions du CCNR 97/98-0001+, rendues les 17 et 18 octobre 1997); CJKR-FM concernant un concours radiophonique (Nue à bicyclette) (Décision du CCNR 98/99-0476, rendue le 18 novembre 1999); CILQ-FM concernant le Howard Stern Show (Décision du CCNR 99/00-0717 et -0739, rendue le 28 juin 2001); CFMI-FM concernant Brother Jake Morning Show (Décision du CCNR 00/01-0688, rendue le 23 janvier 2002); CFNY-FM concernant The Show with Dean Blundell (Décision du CCNR 01/02-0267, rendue le 7 juin 2002); CIRK-FM concernant l’émission matinale de K-Rock (Décision du CCNR 01/02-0713 et -1113, rendue le 5 février 2003); CHMJ-AM concernant l’émission de Tom Leykis (Saint-Valentin) (Décision du CCNR 02/03-0673, rendue le 22 juillet 2003); TQS concernant un épisode de Scrap Metal (Décision du CCNR 08/09-1711, rendue le 11 août 2009); et CFNY-FM concernant le Dean Blundell Show (les femmes en guerre) (Décision du CCNR 10/11-1767, rendue le 12 juillet 2011).

[ii] Les décisions suivantes traitent d’exemples de discussions à caractère sexuel qui n’ont pas violé l’alinéa 9 b) du Code de déontologie de l’ACR : CFNY-FM concernant une séquence intitulée « Gay Jeff » dans le cadre du Dean Blundell Show (Décision du CCNR 08/09-0700, rendue le 25 juin 2009); CIHT-FM concernant une séquence intitulée « Josie & The City » diffusée dans le cadre du Morning Hot Tub (Décision du CCNR 08/09-1628, rendue le 25 juin 2009); et CFNY-FM concernant une séquence intitulée « Wha’ Happened? » dans le cadre du Dean Blundell Show (Décision du CCNR 08/09-1238, rendue le 23 septembre 2009).

[iii] Les décisions suivantes traitent d’autres exemples de blagues concernant la religion : CKVR-TV concernant Just for Laughs (Décision du CCNR 94/95-0005, rendue le 23 août 1995); CTV concernant un épisode de Open Mike with Mike Bullard (Décision du CCNR 01/02-0783+, rendue le 15 janvier 2003); et CJAY-FM concernant Forbes and Friends (« quiz » à choix multiples) (Décision du CCNR 02/03-0638, rendue le 15 décembre 2003).

[iv] Les décisions suivantes traitent d’exemples de généralisations offensantes à l’endroit des femmes qui ont dérogé aux Codes : CHOM-FM et CILQ-FM concernant le Howard Stern Show (Décisions du CCNR 97/98-0001+, rendues les 17 et 18 octobre 1997); CHMJ-AM concernant l’émission de Tom Leykis (Saint-Valentin) (Décision du CCNR 02/03-0673, rendue le 22 juillet 2003); CKAC-AM concernant un épisode de Doc Mailloux (Sans enfants) (Décision du CCNR 05/06-1671, rendue le 11 décembre 2006); et CKAC-AM concernant Doc Mailloux (six épisodes) (Décision du CCNR 06/07-0168 et -0266, rendue le 23 août 2007).