CHEK-DT concernant un reportage de CHEK News (accident de moto)

COMITÉ DÉCIDEUR ANGLOPHONE
Décision CCNR 17/18-0055 et -0056
2018 CCNR 8
11 avril 2018
S. Courtemanche (présidente), C. Bell, V. Dubois, K. Hesketh, S. Sammut, R. Waksman

LES FAITS

Le 11 septembre 2017, au bulletin de nouvelles de 17 h, CHEK-DT (Victoria, C.-B.) a rapporté une collision qui s’était produite plus tôt dans la journée entre une motocyclette et un camion. La présentatrice a déclaré en préambule : [traduction] « La police de Saanich enquête sur l’horrible collision qui s’est produite entre une motocyclette et un camion. » On a montré la route jonchée de débris et la police circulant autour d’un périmètre de sécurité. La présentatrice a enchaîné : « Des images captées par une caméra de surveillance montrent le camion qui exécute un virage en coupant la circulation, heurte la motocyclette et l’écrase. Le motocycliste a été aussitôt transporté à l’hôpital, mais l’homme de 58 ans, un résident de North Saanich, n’a pas survécu. »

Pendant que la présentatrice en fait la description, l’accident se déroule à l’écran. Une caméra de surveillance du voisinage a capté l’accident de loin et d’un angle peu favorable. L’accident en soi apparaît dans le coin supérieur gauche de l’écran, à l’intérieur d’un cercle qui le met en évidence. Il est en partie masqué par l’horodatage de l’appareil. On voit un véhicule de couleur sombre traverser l’intersection; la motocyclette est à peine visible. La séquence est ensuite recadrée et tourne au ralenti. La motocyclette, qui est en train de traverser l’intersection, se renverse au moment où le camion traverse l’intersection en direction opposée. Le camion poursuit sa trajectoire en traînant quelque chose derrière lui. Cette séquence est suivie d’autres prises de vue qui montrent la police enquêtant sur la scène de l’accident et la motocyclette démolie. Le nom du motocycliste décédé n’est pas donné. (La description et une transcription plus détaillée figurent à l’annexe A, en anglais seulement.)

Le 12 septembre, le CCNR a reçu deux plaintes concernant ce reportage. Toutes deux déploraient le recours dans ce reportage à la séquence filmée par caméra de surveillance et le fait qu’elle ait été répétée en gros plan, le tout sans le moindre avertissement préalable aux téléspectateurs.

CHEK-DT a répondu aux plaignants le 10 octobre. La station alléguait ce qui suit :

[traduction]

Sur la vidéo, la collision est obscurcie. L’image est granuleuse et l’accident est filmé de très loin. Même quand on l’agrandit, le point d’impact est masqué par le poteau à l’avant-scène et l’horodatage enregistré sur l’image. Il n’y a également aucun son sur la vidéo. En outre, le motocycliste n’a pas été identifié dans notre reportage et il n’y avait aucun risque qu’on puisse reconnaître la moto ou identifier le conducteur à partir de cette vidéo.

CHEK fait aussi remarquer que, dans les jours qui ont suivi, la station a fait état des témoignages de sympathie qui affluaient de toutes parts, et d’une randonnée spéciale à moto organisée pour sensibiliser le public à la conduite sécuritaire. La station mentionne également avoir convoqué une réunion spéciale avec son service des nouvelles pour récapituler l’importance d’émettre un avertissement avant de présenter un sujet délicat et s’est désolée de ne l’avoir pas fait avant la séquence en question. La station assure qu’elle s’efforce de maintenir un équilibre entre [translation] « l’intérêt public, le droit à la vie privée et les normes communautaires, le tout en pesant l’avantage, quand l’occasion se présente, de sensibiliser les gens et de les renseigner de manière à prévenir la répétition d’événements tragiques de même nature ».

Les deux plaignants ont déposé une demande de décision auprès du CCNR. Ils ont réitéré leurs motifs de préoccupation en ajoutant que le conducteur de la moto pouvait avoir été identifié à partir des informations livrées dans le bulletin et que projeter à l’écran le déroulement d’une mort véritable constituait du sensationnalisme. (Le texte complet de la correspondance afférente figure à l’annexe B, en anglais seulement.)

LA DÉCISION

Le comité décideur anglophone a étudié la plainte à la lumière des dispositions suivantes du Code concernant la violence de l’Association canadienne des radiodiffuseurs (ACR) et du Code de déontologie journalistique de l’Association des services de nouvelles numériques et radiotélévisées (ASNNR) :

Code de l’ACR concernant la violence, article 6.0 – Nouvelles et émissions d’affaires publiques

6.1       Les télédiffuseurs doivent faire preuve de discernement dans les reportages de scènes de violence, d’agression ou de destruction qu’ils présentent aux nouvelles et dans leurs émissions d’affaires publiques.

6.2       Il faut faire preuve de circonspection dans le choix et la présentation répétée d’images présentant des scènes de violence.

6.3       Les télédiffuseurs doivent informer à l’avance les téléspectateurs de la présentation de scènes de violence qui sortent de l’ordinaire ou de reportages qui font état de sujets délicats comme l’agression sexuelle, ou les poursuites judiciaires liées à des crimes sexuels, et ce plus particulièrement pendant les bulletins de nouvelles ou les dépêches de l’après-midi ou du début de soirée, que les enfants pourraient regarder.

6.4       Les télédiffuseurs doivent faire preuve de discernement dans l’utilisation des termes explicites ou crus liés aux reportages qui contiennent des actes de destruction, des accidents ou des actes de violence sexuelle pouvant perturber les enfants et leur famille.

6.5       Les télédiffuseurs doivent prendre des précautions particulières en ce qui concerne les reportages en direct sur le terrorisme au Canada ou sur d’autres troubles civils pour s’assurer que les reportages en question ne deviennent pas un facteur supplémentaire d’incitation à la violence.

6.6       Bien que les télédiffuseurs doivent prendre soin de ne pas exagérer ni d’exploiter les aspects de l’agression, du conflit ou de la confrontation présentés dans le reportage, ils doivent aussi veiller à ne pas édulcorer les réalités de la condition humaine.

6.7       Les télédiffuseurs doivent se reporter au Code de déontologie de l’Association canadienne des directeurs de l’information en radio-télévision [depuis 2011 appelé l’Association des services de nouvelles numériques et radiotélévisées] pour plus de directives sur les reportages en général.

Code de déontologie journalistique de l’ASNNR, article 5.0 – Respect

Les journalistes se montrent toujours respectueux et tiennent compte en tout temps de la pertinence d’un récit pour l’intérêt public.

[…]

5.2       Nous procéderons avec tact et retenue en rapportant des situations potentiellement dangereuses ou impliquant des images ou des descriptions violentes.

[…]

5.4       Nous éviterons le sensationnalisme.

5.5       Nous n’empiéterons pas sur la vie privée d’une personne à moins qu’il y ait un intérêt supérieur en jeu.

Les membres du comité décideur ont lu toute la correspondance afférente et soigneusement étudié un enregistrement de la diffusion en question. Le comité conclut que CHEK-DT a enfreint l’article 6.3 du Code de l’ACR concernant la violence pour avoir omis de prévenir les téléspectateurs avant de projeter la séquence de la collision. CHEK-DT n’a enfreint aucun des autres articles de codes énoncés ci-dessus.

Les questions auxquelles avait à répondre le comité décideur :

Était-il approprié dans les circonstances de diffuser la séquence de la collision enregistrée par une caméra de surveillance?

CHEK-DT aurait-il dû prévenir les téléspectateurs avant de diffuser la séquence?

Diffusion d’images troublantes dans un bulletin de nouvelles

Les radiodiffuseurs sont tenus de faire preuve de discernement et de circonspection en vertu des articles 6.1 et 6.2 du Code de l’ACR concernant la violence et de l’article 5.2 du Code de déontologie journalistique de l’ASNNR quand ils présentent des images ou des descriptions violentes. En contrepartie, puisque l’article 6.6 du Code de l’ACR concernant la violence recommande aux télédiffuseurs de ne pas édulcorer les réalités de la condition humaine, le CCNR a déterminé, dans certaines circonstances, que la diffusion de scènes violentes était acceptable[1].

En fait, le CCNR a reconnu que « la société a le droit, sinon l’obligation, de se faire présenter dans les bulletins de nouvelles la réalité telle qu’elle est, aussi déplaisante voire intolérable soit-elle à certains moments[2] ». Le CCNR comprend que « la télévision est un média visuel et que les télédiffuseurs sont justifiés de vouloir diffuser des images pour illustrer leurs propos, à moins que ces images soient, ou bien trop hors de l’ordinaire et explicites, ou bien trop exagérées et sensationnelles, pour être diffusées[3] ».

Pour le CCNR, les aspects importants à examiner dans de telles situations sont:

  • Le télédiffuseur a-t-il fait preuve de discernement en diffusant les images vidéo, autrement dit celles-ci ont-elles d’autres fonctions que d’attirer l’attention de l’auditoire;
  • Le télédiffuseur a-t-il fait preuve de circonspection en diffusant les images vidéo violentes, et s’est-il abstenu d’exagérer ou d’exploiter les aspects de l’agression, du conflit ou de la confrontation en rapportant un événement troublant;
  • Les images vidéo étaient-elles raisonnables, prises à distance suffisante, et ont-elles évité d’exagérer l’horreur de l’événement troublant;
  • Y avait-il un motif légitime pour diffuser des scènes d’une violence qui sort de l’ordinaire, ou pour décrire de façon explicite une situation délicate ou troublante;
  • Y a-t-il eu, avant ou après la diffusion du segment vidéo, une mise en contexte ou des explications additionnelles;
  • Le télédiffuseur a-t-il exercé une vigilance particulière dans ses choix éditoriaux quand la séquence violente a été créé par l’auteur d’un crime;
  • Dans le cas d’images violentes répétées, la reprise était-elle appropriée ou nécessaire, ou était-elle excessive, et le télédiffuseur a-t-il agi avec circonspection en répétant la séquence.

Dans ce cas-ci, CHEK-DT a fourni une mise en contexte aux images troublantes. Au début de la séquence, la présentatrice a commencé par annoncer : [translation] « L’île de Vancouver a connu une série de collisions graves et mortelles au cours des dernières 24 heures ». Elle a ensuite poursuivi son reportage sur l’enquête au sujet de « l’horrible collision qui s’est produite entre une motocyclette et un camion ».

C’est à ce moment que la station a diffusé les premières scènes filmées où l’on pouvait voir les policiers vêtus de gilets réfléchissants s’affairer sur la scène de l’accident, identifiable par les débris sur la route et le ruban jaune de police qui en interdisait l’accès. La présentatrice a fourni des détails additionnels quant à l’heure et au lieu de l’accident, puis elle a expliqué que [translation] « des images captées par une caméra de surveillance montrent le camion qui exécute un virage en coupant la circulation, enfonce la motocyclette et l’écrase ».

Comme mentionné plus haut, la caméra de surveillance a capté l’accident de loin et d’un angle peu favorable; il n’y avait pas de son et l’image était granuleuse, en partie masquée par l’horodateur. On n’a pu distinguer clairement la motocyclette qu’avec la reprise de la séquence en gros plan et au ralenti. Ce n’est qu’à cet instant que le téléspectateur a pu constater que le camion et la motocyclette étaient entrés en collision et que la moto s’était ensuite renversée. Il était impossible d’identifier le motocycliste ou même le voir, et la présentatrice n’a pas donné son nom. Les images qui ont suivi montraient encore la police enquêtant sur la scène de l’accident ainsi que la motocyclette démolie.

Le comité estime que le télédiffuseur a fait preuve de discernement et de circonspection dans l’utilisation de la vidéo de surveillance. CHEK-DT n’a pas exagéré l’accident et ne l’a pas exploité. Les images étaient filmées à bonne distance, elles étaient dépourvues de son et de piètre qualité et le reportage n’a pas exagéré le terrible accident. Le télédiffuseur a réalisé un bon montage, tout en fournissant des explications additionnelles dans son suivi. Dans les circonstances, le comité est d’avis qu’il y avait un motif légitime pour diffuser la vidéo de surveillance.

En ce qui concerne la répétition et le recadrage en gros plan, tel que mentionné plus haut, la diffusion initiale de la vidéo de surveillance ne permettait pas de voir comment l’accident s’était produit. C’est la reprise de la vidéo, en gros plan et au ralenti, qui a permis au téléspectateur de voir le camion et la motocyclette entrer en collision et la moto se renverser. De plus, l’image n’était pas accompagnée de son. Puisqu’il n’y a eu qu’une reprise et parce que cette reprise a permis au téléspectateur d’être mieux informé sur l’accident, le comité est d’avis qu’elle était appropriée et n’était pas excessive.

Les plaignants ont aussi allégué que la vidéo de surveillance et les détails concernant le motocycliste, décrit comme un homme de 58 ans résidant à North Saanich, avaient donné trop d’information et pouvaient avoir enfreint le code. Le comité ne croit pas que la vidéo de surveillance ou la description du motocycliste impliqué dans l’accident aient porté atteinte à la vie privée en vertu de l’article 5.5 du Code de déontologie journalistique de l’ASNNR. La victime de l’accident n’a pas été nommée, et il n’y a eu aucune représentation visuelle permettant au téléspectateur de l’identifier. La présente conclusion est conforme à celles qui ont été rapportées dans des décisions antérieures du CCNR sur le même sujet[4].

Compte tenu de tout ce qui précède, le comité ne considère pas que la diffusion des images filmées par une caméra de surveillance ait violé le Code de l’ACR concernant la violence (articles 6.1 et 6.2, et 6.4 à 6.7) ou violé l’article 5 du Code de déontologie journalistique de l’ASNNR.

La nécessité des avertissements

Les plaignants déplorent aussi l’absence d’un avertissement précédant ce segment du bulletin. Le comité note que la présentatrice a bien mentionné, avant de présenter le segment, qu’il était question d’une [translation] « horrible collision qui s’est produite entre une motocyclette et un camion », mais elle n’a pas prévenu les téléspectateurs de la violence de ce segment du bulletin avant sa diffusion.

Quoique la violence des images vidéo n’ait été ni hors de l’ordinaire ni superflue, le comité trouve ces images néanmoins troublantes. Les téléspectateurs auraient dû être prévenus clairement de la séquence à suivre et du fait que les images et le résultat de l’accident pouvaient être qualifiés de troublants[5]. Le comité estime que le public en général a besoin d’être informé de manière à ce que chacun soit en mesure de décider si le segment est acceptable ou non pour lui-même et son foyer.

C’est pourquoi le comité a conclu que le télédiffuseur avait enfreint l’article 6.3 du Code de l’ACR concernant la violence pour avoir omis d’informer les téléspectateurs à l’avance de la présentation de scènes de violence.

Réceptivité du télédiffuseur

Dans toutes les décisions rendues par le CCNR, ses comités évaluent dans quelle mesure le radiodiffuseur s’est montré réceptif envers le plaignant. Bien que le radiodiffuseur ne soit certes pas obligé de partager l’opinion du plaignant, sa réponse doit être courtoise, réfléchie et complète. Dans la présente affaire, CHEK-DT s’est acquitté de son obligation en répondant aux plaignants de manière satisfaisante.  Ce télédiffuseur ayant rempli son obligation de se montrer réceptif, il n’y a pas lieu d’en exiger davantage de sa part, sauf pour l’annonce de cette décision.

ANNONCE DE LA DÉCISION

CHEK-DT est tenu : 1) de faire connaître la présente décision selon les conditions suivantes : une fois pendant les heures de grande écoute, dans un délai de trois jours suivant sa publication, et une autre fois dans un délai de sept jours suivant sa publication, dans le même créneau horaire que CHEK News, mais pas le même jour que la première annonce; 2) de faire parvenir aux plaignants qui ont présenté les demandes de décision, dans les quatorze jours suivant la diffusion des deux annonces, une confirmation écrite de son exécution; et 3) au même moment, de faire parvenir au CCNR copie de cette confirmation accompagnée du fichier-témoin attestant la diffusion des deux annonces, qui seront formulées comme suit :

Le Conseil canadien des normes de la radiotélévision a jugé que CHEK-DT avait enfreint le Code concernant la violence de l’Association canadienne des radiodiffuseurs dans un reportage au bulletin de nouvelles CHEK News à 17 h le 11 septembre 2017. En omettant d’informer les téléspectateurs à l’avance qu’il allait présenter des images troublantes d’un accident de la route, CHEK-DT a violé l’article 6.3 du Code concernant la violence.

La présente décision devient un document public dès sa publication par le Conseil canadien des normes de la radiotélévision.

[1] CTV concernant Canada AM (Bizutage du Régiment Airborne) (Décision CCNR 94/95-0159, 12 mars 1996); CICT-TV concernant un reportage sur le Tour de France (Décision CCNR 00/01-0982, 14 janvier 2002); CHAN-TV concernant une nouvelle rapportant un accident fatal (bandes-témoins) (Décision CCNR 00/01-0839, 23 janvier 2002); CTV Newsnet concernant un reportage (Meurtre d’un otage à Ryad) (Décision CCNR 03/04-1817, 15 décembre 2004); CTV concernant la couverture de l’accident mortel en luge aux Jeux olympiques d’hiver de 2010 (Décision CCNR 09/10-0895+, 12 novembre 2010).

[2] CTV concernant Canada AM (Bizutage du Régiment Airborne) (Décision CCNR 94/95-0159, 12 mars 1996).

[3] CTV Newsnet concernant un reportage (Meurtre d’un otage à Ryad) (Décision CCNR 03/04-1817, 15 décembre 2004).

[4] CTV concernant Canada AM (Bizutage du Régiment Airborne) (Décision CCNR 94/95-0159, 12 mars 1996); CTV concernant la couverture de l’accident mortel en luge aux Jeux olympiques d’hiver de 2010 (Décision CCNR 09/10-0895+, 12 novembre 2010).

[5] Ibid.


Annexe A

The report in question was aired during the 5:00 pm CHEK News broadcast.

anchor Stacy Ross: To other news now and the carnage on our roads.  There have been a string of serious and deadly crashes in the last 24 hours on Vancouver Island.  Saanich Police are investigating a horrific crash between a motorcycle and truck.

[footage of road:  police officers in neon vests walking around accident scene; there is debris in the road and yellow police tape blocking off the area]

It happened just after 12:30 this afternoon at the intersection of Boleskine and Harriet Roads.  Security camera footage shows the truck turning across traffic, smashing into the motorcycle, crushing it.

[security camera footage captured accident from a distance & an awkward angle: there is a time stamp of “09-11-2017 Mon 12:32:53” in upper left corner; the accident itself is seen in upper left corner & highlighted by lighted circle; a dark vehicle is seen going across intersection; the motorcycle is barely visible.  The footage is then zoomed in on and shown in slow motion.  The viewer can see that a two-wheeled vehicle is crossing the intersection as topples over as the dark truck crosses the intersection from the other direction.  Something trails the truck after the impact.]

The motorcyclist was rushed to hospital, but the 58-year-old North Saanich man did not survive.  The road was immediately shut down to all vehicle and pedestrian traffic for several hours.

[close-ups of debris on road and damaged blue & silver motorcycle; close-up of yellow tarp-like object on road; an officer pulling yellow tape across road with police trucks nearby; another shot of debris on road and mangled motorcycle]

Police say it won’t reopen until much later this evening.  Motorists are being advised to use alternate routes.  Anyone with information about the crash is asked to call Saanich Police.  No word yet on any charges.

Annexe B

The Complaints

The CBSC received two complaints about this broadcast.

17/18-0055

The following complaint was submitted via the CBSC webform on September 12, 2017:

Television or Radio Station:         CHEK

Program Name:                  CHEK News

Date of Program:                2017/09/11

Time of Program:               1700

Specific Concern:    On September 11, 2017, on the 5:00PM Newscast, CHEK showed video surveillance of a crash that was a fatal motor vehicle collision.  The television station knew it was a fatal crash and broadcast it as such.  Furthermore the station replayed the video with an enlarged/zoomed in version of the video.  There was no warning to the viewers that the scene they were about to view was graphic or disturbing.  Given the time of the newscast there would be a significant likelihood that children could be watching.  This appears to be in direct violation of the Canadian Association of Broadcasters Violence Code (1993) section 6.3.

I spoke to the News Director, [R. G.], about the video being posted online and on their newscast.  The video remains online and it appears they’ve now posted their whole newscast online without a warning to views.

17/18-0056

The following complaint was also submitted via the CBSC webform on September 12, 2017:

Television or Radio Station:         CHEK

Program Name:                  CHEK News

Date of Program:                2017/09/11

Time of Program:               5pm (specific clip begins approximately 7 minutes and 25 seconds into the broadcast)

Specific Concern:

Dear Sir or Ma’am,

I am writing to express my concern and disappointment regarding the decision by CHEK News to broadcast security camera footage of a fatal motorcycle collision.

The news clip even included a close up / enhanced replay showing an explosion of mist as the truck crushed the motorcyclist.

The clip was broadcast on the 5pm news.  No viewer advisory was shown before the clip.  The clip currently remains on the CHEK News website: https://www.cheknews.ca/5pm-newscast-september-11-2017-365453/

Following the CHEK News broadcast, the police department investigating the collision took the rare and unusual step of publicly criticizing CHEK News by posting the following message on Twitter: https://twitter.com/SaanichPolice/status/907654742406348800

“Can’t believe you obtained the video & then aired the death of someone on your newscast.  Insensitive to the #yyj family, friends & coworkers”

I wish to echo the concerns expressed by the Saanich Police Department.  It is one thing to show the aftermath of a collision, it is another matter entirely to broadcast the serious injury or death of a motorcyclist on the air.

I note that in a decision released earlier this year, the Canadian Broadcast Standards Council determined that a violent sci-fi show should be broadcast at 9pm instead of 8pm.  The CBSC also determined that the show required viewer advisories.  I would respectfully suggest that the same criteria – at a minimum – should apply to a community television station wishing to broadcast the death of a real person who lived in that very same community.

I believe that CHEK News violated the following provisions of the Canadian Association of Broadcasters Violence Code (1993):

6.1 Broadcasters shall use appropriate editorial judgment in the reporting of, and the pictorial representation of violence, aggression or destruction within their news and public affairs programming.

6.2 Caution shall be used in the selection of, and repetition of, video which depicts violence.

6.3 Broadcasters shall advise viewers in advance of showing scenes of extra-ordinary violence, or graphic reporting on delicate subject matter such as sexual assault or court action related to sexual crimes, particularly during afternoon or early evening newscasts and updates when children could be viewing.

Please note that I am submitting this complaint as a concerned citizen. These are my own personal views and they do not represent the official views of any organization or employer.

Broadcaster Response

CHEK sent slightly different responses to each complainant on October 10.

17/18-0055

Thank you for the opportunity to respond to your complaint through the CBSC with respect to a segment of video aired by CHEK News.

Please be assured that the journalists of CHEK News take their responsibilities seriously.  We voluntarily abide by the CAB Code of conduct and the RTDNA code of ethics and we do our best to uphold community standards and the expectations of our viewers.

I am in agreement with you that, in general, CHEK would want to avoid broadcasting a video showing the point of impact of a fatal crash.  However, there are some extenuating circumstances in this case that were factors in our decision to broadcast the video that warrants consideration:

Firstly, the motorcyclist survived the impact.  According to Saanich Police’s own initial news release, the motorcyclist was “transported to hospital with serious injuries.”  It was hours later media were informed that unfortunately, the rider had succumbed to those injuries.  Secondly, in the video, the collision was obscured.  The surveillance camera video was grainy and was recorded from far away.  Even when the video was enlarged, the point of impact remained obscured by a utility pole in the foreground and by a surveillance camera time stamp that was embedded onto the video.  There was also no sound in the video.  In addition, the motorcyclist was not identified in our report and there was no way a person could recognize the bike or identify the rider from the video.

It is perhaps most significant that I have received no complaints from the general public.  According to Numeris, approximately 60,000 people watched our report on Sept. 11.  We received no viewer complaints about that report during or since the broadcast.  I can assure you that our viewers do not normally hesitate to call or write us about something they find distasteful or inappropriate.  That was clearly not the public perception with this report.

While I am aware of the public response to your critical post on the Saanich Police Twitter account, I suspect most of those who commented there were reacting to the characterization of the video and had not actually seen our report.  The one responder, who had said they had watched our report, in fact, defended the coverage.

I would like to clarify about our posting online.  CHEK posted a story about the crash on its website.  But the video was not part of this online story.  The only way the video could be seen in CHEK’s online presence was by searching through the hour-long news broadcast posted to our website.  CHEK livestreams its newscasts.  The stream is automatically archived on our website after completion of the newscast.  You may have seen the video in a story posted by another media outlet, but CHEK did not post the video separately, only within the context of our newscast.

As a responsible, community broadcaster, CHEK did not just air the video and move on.  The next day, we covered the outpouring of condolences for the 58-year-old motorcycle rider, [R. H.].  Our story told how [the motorcycle rider] was an educator who touched the lives of thousands of students, helping them to choose the right career path.  Later in the week, CHEK reported about a special ride held by a group of motorcyclists who were paying tribute to [the motorcycle rider] and raising awareness about motorcycle safety.  [The motorcycle rider] was an individual who made a difference in his community – and more people are aware of who he was as a result of our coverage.

Also later in the week, I held a special meeting of the news department where we reviewed the use of the video.  I reviewed the relevant parts of the RTDNA and CAB codes, the former of which is posted in our newsroom.  During this meeting, I reiterated the importance of issuing warnings prior to the airing of certain videos.  I regret that we did not include such a warning prior to this footage airing.  In both police work and in the field of journalism, we make decisions every day around whether to share certain information, including images, with the public – balancing public interest against individual privacy and community standards, all of this weighted against an opportunity to build awareness and provide information that might help prevent future tragic occurrences.  I am sure it was those considerations that factored into Saanich Police’s decision to retweet an image of a totally wrecked vehicle with a reminder to drive carefully over the Thanksgiving Weekend.  An important reminder and message for sure.

Having said that, I appreciate the opportunity to address your concerns through the CBSC, as well as your public message on Saanich Police Department Twitter account and those expressed directly over the phone.  Again, thank you for taking the time to share your feelings on this issue.

17/18-0056

Thank you for the opportunity to respond to your concerns brought to my attention through your complaint to the CBSC.

Please be assured that the journalists of CHEK News take their responsibilities seriously.  We voluntarily abide by the CAB Code of conduct and the RTDNA code of ethics and we do our best to uphold community standards and the expectations of our viewers.

I agree with you that broadcasters must be careful in how they depict a serious or fatal crash.  There are some extenuating circumstances in this case that were factors in our decision to broadcast the video:

Firstly, the motorcyclist survived the impact.  According to Saanich Police’s initial news release, the motorcyclist was “transported to hospital with serious injuries.”  It was hours later media were informed that unfortunately, the rider had succumbed to those injuries.

In the video, the collision was obscured.  The surveillance camera video was grainy and was recorded from far away.  Even when the video was enlarged, the point of impact remained obscured by a utility pole in the foreground and by a surveillance camera time stamp that was embedded onto the video.  Also, the video was silent.

The motorcyclist was not identified in our report and there was no way a person could recognize the bike or identify the rider from the video.

The video was repeated only once in the report.  The video has not been broadcast since Sept. 11 on CHEK, because the motorcyclist was identified the next day.

As a responsible, community broadcaster, CHEK did not just air the video and move on.  The day after the collision, CHEK covered the outpouring of condolences for the 58-year-old motorcycle rider, [R. H.].  Our story told how [the motorcycle rider] was an educator who touched the lives of thousands of students, helping them to choose the right career path.

Later in the week, CHEK reported about a special ride held by a group of motorcyclists who were paying tribute to [the motorcycle rider] and raising awareness about motorcycle safety.  [The motorcycle rider] was an individual who made a difference in his community – and more people are aware of who he was as a result of our coverage.

Also later in the week, I held a special meeting of the news department where we reviewed the use of the video and discussed balancing public interest with individual privacy and community standards.  I reviewed the relevant parts of the RTDNA and CAB codes, the former of which is posted in our newsroom.  The code demands use of discretion and forbids “exploitation” and “exaggeration” of violent events.  It also says broadcasters should be equally careful not to “sanitize” reality.  I believe CHEK producers did employ discretion in this case.  I reiterated the need to provide warnings about sensitive material. I regret that we did not include such a warning prior to this footage airing.

It is fair to say that everyone will have a different opinion about what is appropriate and what is not.  Feedback from our viewers helps guide us and usually indicates if we have crossed the line.  Numeris ratings measurement shows 60,000 people saw our report on Sept. 11.  We received not one phone call or email complaint from viewers about our coverage.

Having said that, I respect your opinion and appreciate the opportunity to address your concerns through this process.

Additional Correspondence

17/18-0055

The complainant submitted his Ruling Request on October 11:

BACKGROUND:

On September 12, 2017 the Saanich Police submitted a complaint concerning a report from CHEK News.

CONCERN:

On September 11, 2017, on the 5:00PM Newscast, CHEK showed video surveillance of a crash that was a fatal motor vehicle collision.  The television station knew it was a fatal crash and broadcast it as such.  Furthermore the station replayed the video with an enlarged/zoomed in version of the video.  There was no warning to the viewers that the scene they were about to view was graphic or disturbing.  Given the time of the newscast there would be a significant likelihood that children could be watching.  This appears to be in direct violation of the Canadian Association of Broadcasters Violence Code (1993) section 6.3.

CORRESPONDENCE:

On September 19, 2017 the CBSC replied and gave CHEK News an opportunity to reply to the concerns within 21 days.  On October 10, 2017 I received a reply from the broadcaster, however, the concerns have not been addressed.  I would therefore like to file a ruling request.

The complainant also wrote back directly to CHEK:

Thank you for responding to Saanich Police Department’s concerns regarding the segment of your news broadcast on September 11, 2017.

I would like to address a few of your points.  The first where you’ve stated “Firstly, the motorcyclist survived the impact.  According to Saanich Police’s own initial news release, the motorcyclist was ‘transported to hospital with serious injuries.’  It was hours later media were informed that unfortunately, the rider had succumbed to those injuries.”

The original media release was sent at 1:25 PM advising of the crash.  There was then email correspondence between CHEK News and myself stating that, in essence, the crash didn’t sound like it would have a positive outcome.  At 3:34 PM I sent an updated media release stating this was now a fatal collision and the rider had succumbed to his injuries.  After fully knowing the rider had perished, CHEK News made the conscious decision to still air the surveillance video and the moment of impact which caused the rider to die.

The second point I will address is your statement of “Secondly, in the video, the collision was obscured.  The surveillance camera video was grainy and was recorded from far away.  Even when the video was enlarged, the point of impact remained obscured by a utility pole in the foreground and by a surveillance camera time stamp that was embedded onto the video.  There was also no sound in the video.  In addition, the motorcyclist was not identified in our report and there was no way a person could recognize the bike or identify the rider from the video.”

During the introduction to the segment the CHEK News Anchor described the scene as “a horrific crash between a motorcycle and truck”.  The surveillance video is played and enlarged as the CHEK News anchor states the truck is seen “smashing into the motorcycle, crushing it”.  I’ve reviewed your newscast, and the surveillance video that was aired, and I disagree with your conclusion that the point of impact remained obscured.  During the video you can actually see the rider attempting to avoid contact with the truck and then him/his motorcycle being “crushed” as described by your anchor.

I’d also like to point out that during your newscast the aftermath of the crash is shown in detail from multiple angles.  There are a number of close-ups of the motorcycle which could easily identify the rider.  In addition to this, as the surveillance video is played and enlarged, the CHEK anchor states “The 58 year old North Saanich man did not survive”.  If you rely on 2016’s census information for the region, this would limit the rider to one of 500 possible people within all of Greater Victoria (this is also assuming all 500 men from North Saanich aged 55-59 have motorcycles).

Lastly, although you may not have received any complaints from your audience, I can tell you I have.  We have over 300 full- and part-time employees at the Saanich Police Department and this newscast has been a topic of conversation with civilian staff, volunteers and police officers.  A number of people have actually sought me out asking what “we”, as an organization, could do about CHEK airing this video.  All people, who have come forward to me, have stated they wish they had never seen the video on your newscast and this piece of the program was not necessary.

Again, thank you for your reply, however, I’ve still filed a ruling request on behalf of the Saanich Police Department as I don’t believe you’ve addressed our concerns.

17/18-0056

The complainant filed his Ruling Request on October 17:

Good morning,

First off, thank you to [CHEK’s News Director] for responding.

I would like this complaint to advance to the next step in the process so that a formal review can be conducted by the Canadian Broadcast Standards Council.

My reasons for the request for a formal review are as follows:

1) I fundamentally disagree with the decision to broadcast the collision.  It offended the community here in Victoria, sensationalized the news coverage and also violated CBSC standards.

2) The video was broadcast multiple times on CHEK News on September 11.  This included CHEK News at 10pm by which time CHEK knew the motorcyclist had died.

3) [The News Director] acknowledges that he regrets CHEK not including a warning to viewers prior to the video being aired.  However CHEK has not publicly informed viewers of this error, nor have they apologized for it.

4) [The News Director] says that “not one email complaint or phone call from viewers” was received by CHEK.  This is highly misleading as there was an enormous online backlash against the airing of the video.  I have extensive comments from viewers on my public Facebook and Twitter posts about this incident.  I will forward these to the CBSC.  Unfortunately CHEK deleted all of its own Facebook and Twitter links to the video so all of the negative comments they received have disappeared.  Again, I believe it was very misleading for CHEK to claim – using carefully phrased language – that it had not received any complaints about airing the fatal crash.  In fact I even have a Facebook message from someone who says they contacted CHEK and never heard back.