Les émissions de radio diffusées pendant la journée ne doivent pas contenir de langage grossier, déclare le Conseil canadien des normes de la radiotélévision

Ottawa, le 7 juin 2006 – Le Conseil canadien des normes de la radiotélévision (CCNR) rendait publique aujourd’hui sa décision concernant des commentaires faits dans le cadre de l’émission diffusée les matins de semaine à l’antenne de CJMF-FM (le 93,3 de Québec), Bouchard en parle. En plus de faire des commentaires sur la politique et la liberté d’expression, l’animateur de l’émission a également employé du langage grossier. Le Comité régional du Québec du CCNR en est venu à la conclusion que le radiodiffuseur n’a pas enfreint le Code de déontologie de l’Association canadienne des radiodiffuseurs (ACR) pour ce qui est des commentaires relatifs à la politique, mais qu’il a effectivement enfreint l’alinéa 9c) de ce code pour avoir diffusé du langage grossier pendant la période du matin où les gens se rendent au travail.

Bouchard en parle se compose de discussions sur l’actualité, d’entrevues et de séquences consacrées aux opinions. Le 3 novembre 2005, Sylvain Bouchard a fait des commentaires au sujet de la gauche et s’est plaint que les gens qui souscrivent à cette orientation politique veulent « écraser toute opposition ». Il s’est servi du juron « tabernac’ » comme interjection. Il a ensuite discuté de la liberté d’expression et a exprimé son opinion selon laquelle il est ridicule de se plaindre au Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC) au sujet de la diffusion du mot anglais « fuck ».

Un auditeur s’est plaint que Sylvain Bouchard a critiqué le CRTC et s’est servi de langage grossier à un moment de la journée où les enfants risquent d’être à l’écoute. Après avoir examiné la plainte à la lumière des dispositions 6 et 9c) du Code de déontologie de l’ACR, le Comité régional du Québec a conclu que CJMF-FM avait le droit de diffuser les opinions de M. Bouchard au sujet de la politique et du CRTC, étant donné que la critique visant les politiques du gouvernement et les établissements politiques « s’inscrivent dans la portée du principe de la liberté d’expression ». De plus, le Comité n’a pas constaté d’infraction au code applicable en ce qui concerne le mot « fuck » : « Il n’a pas utilisé du langage grossier pour présenter un sujet différent; c’était le mot lui-même qui était effectivement le sujet. Autrement dit, il n’a pas employé le mot; il parlait au sujet de ce mot. » Toutefois, en ce qui concerne l’emploi de « tabernac’ », le Comité a conclu à une violation de l’alinéa 9c), lequel interdit la diffusion de « langage indûment grossier » dans les émissions qui passent à la radio pendant la journée. Le Comité a fait les observations suivantes :

[l]l s’agissait de langage gratuit. Non seulement n’était-il pas nécessaire, il n’avait aucun rapport avec les phrases qu’il agrémentait. […] De toute évidence, ce ne seront pas tous les jurons qui poseront un problème, même pendant des moments de la journée où les enfants peuvent être à l’écoute. De l’avis de ce Comité, « tabernac’ » et certains autres mots du genre, dont le Comité n’a pas à dresser la liste dans le cas à l’étude, est un mot qui figure sur la liste de mots qu’on doit généralement éviter en radiotélévision de langue française.

Les radiotélédiffuseurs privés canadiens ont créé eux-mêmes les codes qui constituent les normes du secteur concernant la déontologie et l’emploi de stéréotypes sexuels ainsi que la présentation de violence à la télévision et ils s’attendent à ce qu’ils soient respectés par les membres de leur profession. En 1990, ils se sont aussi dotés d’un organisme d’autoréglementation, le CCNR, qu’ils ont mandaté de veiller à l’administration de ces codes de responsabilité professionnelle. Le Conseil a par la suite été chargé de veiller également au respect du Code de déontologie (journalistique) adopté en 1970 par l’Association canadienne des directeurs de l’information radio-télévision (ACDIRT). Plus de 590 stations de radio et de télévision et services spécialisés, d’un bout à l’autre du Canada, sont membres du Conseil.

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Toutes les décisions du CCNR, les codes, les liens vers les sites Web des membres et d'autres sites Web, ainsi que des renseignements pertinents sont affichés sur son site Web à www.ccnr.ca. Pour obtenir de plus amples renseignements, veuillez communiquer avec la présidente nationale du CCNR, Mme Andrée Noël, ou le directeur exécutif du CCNR, M. John MacNab.