Des commentaires sur un coup donné dans un match de hockey n’ont pas favorisé la violence, déclare le Conseil canadien des normes de la radiotélévision

Ottawa, le 28 janvier 2009 – Le Conseil canadien des normes de la radiotélévision (CCNR) rendait publique aujourd’hui sa décision concernant des commentaires faits pendant un épisode de Prime Time Sports diffusé à l’antenne de Sportsnet Ontario le 4 avril 2008. Le CCNR a été saisi d’une plainte selon laquelle un des commentateurs de cette émission de causerie sur les sports a glorifié la violence. Le CCNR n’était pas d’accord et n’a trouvé aucune violation des codes sur la radiodiffusion.

Prime Time Sports est une émission de causerie diffusée à la radio qui passe également sur les ondes du service de télévision spécialisée, Sportsnet Ontario. Pendant l’épisode du 4 avril, les commentateurs ont discuté du match de hockey de la LNH qui avait eu lieu la veille entre les Sénateurs d’Ottawa et les Toronto Maple Leafs, et tout particulièrement du coup que Mark Bell a donné à Daniel Alfredsson. Lorsqu’on lui a demandé s’il était d’avis qu’il s’agissait d’un [traductions] « coup bas », le commentateur Jim Kelley a répondu facétieusement qu’il « l’avait adoré », qu’il « attendait que sa tête roule sur la longueur de la glace » et que « Je pensais que les deux gardiens de but allaient peut-être choisir. Un gars pourrait prendre la tête et l’autre le casque et s’en servir pour jouer au curling. » Il a enchaîné en disant que c’était un coup à la tête, mais que les incidents du genre seraient toujours tenus pour des « coups légaux » étant donné « la façon de voir » de la LNH quant à ces questions. À son avis, ce genre de coups continuerait à se produire jusqu’à ce qu’un joueur blessé ait gain de cause dans un procès qu’il aura intenté contre la LNH.

Le CCNR a reçu une plainte d’un téléspectateur qui s’inquiétait que les propos de M. Kelley « venaient presque à préconiser la violence » et « l’ont certainement glorifiée. » Le Comité national des services spécialisés a étudié la plainte à la lumière de l’article 6 du Code de déontologie de l’Association canadienne des radiodiffuseurs (ACR) concernant la présentation complète, juste et appropriée des points de vue et des commentaires, et aussi de l’article 10.1 du Code de l’ACR concernant la violence dans les émissions sportives. Le Comité a conclu que les commentaires n’ont enfreint ni l’une ni l’autre de ces dispositions. Il a expliqué son raisonnement comme suit :

 

Dans la présente affaire, l’effet d’atténuation s’est nettement présenté, et ce dans les quelques secondes suivant les mots en cause qui ont été prononcés à l’origine. Le commentateur, Jim Kelley, exprimait combien il est frustré par ce sport et le fait que, jusqu’au moment où un joueur meurt ou la Ligue nationale de hockey fasse l’objet d’un procès et soit obligée de payer des milliards de dollars, « il est impossible de changer la façon de voir du hockey à cet égard. » Le Comité est bien à l’aise avec sa conclusion qu’il est peu probable que quiconque a écouté les 240 mots de la totalité du commentaire croie que M. Kelley a adoré le coup, comme il a indiqué au début de ses observations. Il semblait en effet, aux yeux du Comité, avoir détesté le coup de coude illégal à la tête. En toute justice, on peut dire qu’il aurait pu choisir un langage moins explicite pour faire valoir son point, mais son choix éditorial ne déclenche aucune violation. En bout de compte, le Comité est d’avis qu’il s’agissait d’une déclaration puissante contre la violence.

Les radiodiffuseurs privés canadiens ont créé eux-mêmes les codes qui constituent les normes du secteur concernant la déontologie, la représentation équitable, la présentation de violence à la télévision et l’indépendance journalistique, et ils s’attendent à ce qu’ils soient respectés par les membres de leur profession. En 1990, ils se sont dotés d’un organisme d’autoréglementation, le CCNR, qu’ils ont mandaté de veiller à l’administration de ces codes de responsabilité professionnelle, ainsi que du code concernant la déontologie journalistique qui fut élaboré par l’ACDIRT – Association des journalistes électroniques. Plus de 720 stations de radio, de services de radio par satellite, de stations de télévision et de services de télévision spécialisée, d’un bout à l’autre du Canada, sont membres du Conseil.

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Toutes les décisions du CCNR, les codes, les liens vers les sites Web des membres et d'autres sites Web, ainsi que des renseignements pertinents sont affichés sur son site Web à www.ccnr.ca. Pour obtenir de plus amples renseignements, veuillez communiquer avec la présidente nationale du CCNR, Mme Andrée Noël, ou le directeur exécutif du CCNR, M. John MacNab.