Suggérer à de jeunes joueurs de hockey « de passer un message » par la force physique enfreint au Code de déontologie de l’ACR, déclare le Conseil canadien des normes de la radiotélévision

Ottawa, le 14 mars 2005 – Le Conseil canadien des normes de la radiotélévision (CCNR) rendait publique aujourd’hui sa décision concernant la diffusion par CHEX-TV (Peterborough) de propos tenus par Gary Dalliday, un des présentateurs de sports, qui revenait sur un incident qui s’était déroulé sur la patinoire, au cours duquel un coup bas avait été fait à un des joueurs des Peterborough Petes. Il disait :

Bon, si les joueurs des Petes sont à l’écoute en ce moment, voici un petit message pour vous. Les gars, je vous aime bien, je veux que vous réussissiez et je sais à quel point vous travaillez, et je ne suis pas là pour faire la promotion de la violence, mais… quand quelqu’un s’en prend au cœur de votre équipe, il faut que l’un d’entre vous se lève et leur passe un message, comme dirait mon bon ami Roger Neilson, et je crois que vous savez ce que je veux dire par là (traduction).

Le Comité régional de l’Ontario a estimé que ces remarques outrepassaient les limites de ce que les radiotélédiffuseurs privés considèrent comme étant « la présentation appropriée [des] points de vue, des commentaires ou des textes éditoriaux ». Le Comité s’est expliqué ainsi :

Que le commentateur ait voulu ou non dire ce qu’il a dit, les termes et le ton employés étaient sans équivoque. Il a commencé par une tactique rhétorique sans subtilité : « je ne suis pas ici pour faire la promotion de la violence, mais… ». Il s’agit d’un façon de définir ce que l’on s’apprête à dire et de tenter simultanément de se délester de la responsabilité de ce qu’on avancera. Le présentateur a par la suite renchéri, en faisant référence à ce qui venait d’arriver à un des joueurs des Peterborough Petes, qu’ « il faut que l’un d’entre vous se lève… ». Puis, afin de s’assurer qu’on l’avait bien compris, il a renchéri en disant qu’il fallait qu’on « leur passe un message, comme dirait mon bon ami Roger Neilson, et je crois que vous savez ce que je veux dire par là ». Cette chute est tout à fait à la Monty Python – l’évidence même présentée comme une confidence toute en subtilité. Ce propos, selon le Comité, était une faible tentative de dire quelque chose sans le dire. Cette tentative a échoué.

En bout de piste, le Comité interprète cette exhortation de la façon suivante. Si Gary Dalliday n’avait pas eu l’intention d’inciter à une forme quelconque de rétribution, il aurait choisi une formulation plus bénigne. Les tournures plus subtiles abondent. Il aurait pu dire, par exemple, quelque chose comme « Jouez plus fort, les gars. Plus de détermination, plus d’ardeur. Allez, une victoire pour le Gipper. » Il n’a pas choisi d’expression de ce genre. Il a préféré transmettre un message autre. Selon le Comité, ces propos ne répondent pas au critère dont se dotent les radiotélédiffuseurs privés, soit la « présentation appropriée [des] points de vue, des commentaires ou des textes éditoriaux ». Ainsi, ces propos contreviennent à l’article 6 du Code de déontologie de l’ACR. De plus, le message était destiné – et il semblerait que le présentateur aurait dû y songer – à de jeunes joueurs. (Non seulement les jeunes admirent généralement les héros du hockey, mais la fourchette d’âge de la Ligue de hockey de l’Ontario, à laquelle est affiliée l’équipe de Peterborough, est de 16 à 20 ans.) C’est dire que M. Dalliday aurait dû porter une attention particulière à son choix de mots, surtout en cette période délicate que traverse le hockey.

Les radiotélédiffuseurs privés canadiens ont créé eux-mêmes les codes qui constituent les normes du secteur concernant la déontologie, l’emploi de stéréotypes sexuels et la présentation de violence à la télévision et ils s’attendent à ce qu’ils soient respectés par les membres de leur profession. En 1990, ils se sont aussi dotés d’un organisme d’autoréglementation, le CCNR, qu’ils ont mandaté de veiller à l’administration de ces codes de responsabilité professionnelle. Le Conseil a par la suite été chargé de veiller également au respect du code d’éthique journalistique adopté en 1970 par l’Association canadienne des directeurs de l’information radio-télévision (ACDIRT). Plus de 550 stations de radio et de télévision et services spécialisés, d’un bout à l’autre du Canada, sont membres du Conseil.

– 30 –

Toutes les décisions du CCNR, les codes, les liens vers les sites Web des membres et d'autres sites Web, ainsi que des renseignements pertinents sont affichés sur son site Web à www.ccnr.ca. Pour obtenir de plus amples renseignements, veuillez communiquer avec la présidente nationale du CCNR, Mme Andrée Noël, ou le directeur exécutif du CCNR, M. John MacNab.