Des commentaires faits par un animateur de radio favorisaient la violence contre les femmes, déclare le Conseil canadien des normes de la radiotélévision

Ottawa, le 30 octobre 2002 — Le Conseil canadien des normes de la radiotélévision (CCNR) rendait publique aujourd’hui sa décision concernant un épisode de l’émission radiophonique, Champagne pour tout le monde, diffusée à l’antenne de CKRS-AM de Chicoutimi.  Le Comité régional du Québec du CCNR a conclu que les commentaires de l’animateur, Louis Champagne, voulant « qu’il y a des femmes qui ont besoin d’une claque sur la gueule » enfreignent les dispositions des codes de l’Association canadienne des radiodiffuseurs (ACR) concernant les droits de la personne, les stéréotypes sexuels et la violence à l’endroit des femmes.M. Champagne a fait ses réflexions dans le cadre d’une conversation avec sa coanimatrice, Brigitte Simard.  Pendant le segment sur les nouvelles du monde du spectacle, Mme Simard informait les auditeurs que la chanteuse Whitney Houston avait quitté son mari après avoir été battue pendant des années.  M. Champagne a répondu que Mme Houston « aime ça être battue. »  Lorsque Mme Simard a tenté de changer de sujet de conversation, M. Champagne a répété avec insistance « qu’il y a des femmes qui ont besoin d’une claque sur la gueule. »  Un auditeur s’est plaint qu’il s’agissait de commentaires détestables et a demandé que le CCNR examine l’affaire.  Il a également fait parvenir une lettre d’appui qui lui avait été adressée par un groupe de défense des droits des femmes.Le radiodiffuseur a expliqué, dans une lettre, que M. Champagne s’était servi de sarcasme pour dénoncer le cycle de violence qui est devenu le style de vie usuel de certaines femmes, et qu’il n’avait nullement l’intention d’encourager ou d’endosser la violence à l’endroit des femmes.  Le Comité régional du Québec a rejeté cette justification offerte par le radiodiffuseur et a statué que le radiodiffuseur avait enfreint deux codes de l’ACR, notamment le Code de déontologie et le Code concernant la violence :

[D]e soutenir que « ça fait du bien une claque sur la gueule », et de répéter, malgré les efforts de sa coanimatrice de mettre fin au dialogue, «elle a besoin de sa claque sur la gueule.  Il y en a [des femmes] qui ont besoin de ça».  L’argument voulant que ce n’était pas l’intention de l’animateur de dire cela, ou qu’il tentait de provoquer, ou d’être engageant ou sarcastique, ne tient pas debout.  Il est tout simplement injustifié de préconiser, sur les ondes, la pratique de battre les femmes.  Pour reprendre ce qu’a déclaré le CRTC dans sa décision concernant CKVU-TV, ce n’est pas un sujet à débat.

Le Comité a également déclaré qu’il était « outré » de faire ces commentaires et que « [l]e principe de la liberté d’expression n’est pas suffisamment large pour permettre aux radiotélédiffuseurs privés du Canada d’y inclure des commentaires si dangereux. »Les radiotélédiffuseurs privés canadiens ont arrêté des codes qui constituent les normes du secteur concernant l'emploi de stéréotypes sexuels, la présentation de violence et le traitement de questions à valeur morale, tels les droits de l'homme, sur les ondes, et ils s'attendent que leurs collègues les respectent.  Ils se sont aussi dotés d'un organisme d'autoréglementation, le CCNR, qu'ils ont mandaté de veiller à l'administration de ces codes de responsabilité professionnelle.  Le Conseil a par la suite été chargé de veiller également au respect du code de déontologie journalistique adopté par l'Association canadienne des directeurs de l'information radio-télévision (ACDIRT).  Plus de 520 stations de radio et de télévision et services spécialisés, d'un bout à l'autre du Canada, sont membres du Conseil.

– 30 –

Toutes les décisions du CCNR, les codes, les liens vers les sites Web des membres et d'autres sites Web, ainsi que des renseignements pertinents sont affichés sur son site Web à www.ccnr.ca. Pour obtenir de plus amples renseignements, veuillez communiquer avec la présidente nationale du CCNR, Mme Andrée Noël, ou le directeur exécutif du CCNR, M. John MacNab.