Une classification plus élevée et des mises en garde précises s’imposaient dans le cas d’une dramatique centrée sur le crime, déclare le Conseil canadien des normes de la radiotélévision

Ottawa, le 16 mai 2006 – Le Conseil canadien des normes de la radiotélévision (CCNR) rendait publique aujourd’hui sa décision concernant un épisode de la dramatique centrée sur le crime NCIS, et intitulé « Mind Games », qui fut diffusé par CHCH-TV (CH de Hamilton) à 20 h le 4 octobre 2005. NCIS est une dramatique américaine centrée sur le crime qui est diffusée par le réseauCBS aux États-Unis et sur les ondes de CH au Canada. Une téléspectatrice s’est plainte que l’épisode, concernant un tueur en série, renfermait des scènes de violence inappropriées montrant des corps de femme mutilés. Dans sa plainte, elle a affirmé que ce contenu présente les femmes de façon stéréotypée en tant que victimes et qu’il ne convenait tout particulièrement pas à son créneau horaire. La plupart des scènes ne posait pas de problème, mais certaines montraient les résultats des meurtres, dont un récipient de langues humaines, des photos des femmes auxquelles on les avait coupées, et dans deux cas, on a montré le corps des victimes suspendu d’un arbre par les poignets. 

Après avoir examiné la plainte à la lumière du Code d’application volontaire concernant la violence à la télévision de l’Association canadienne des radiodiffuseurs (ACR), le Comité régional de l’Ontario en est venu à la conclusion que l’épisode en cause n’endosse, n’encourage ou ne glorifie pas la violence contre les femmes pour les raisons suivantes : 

Il faut s’attendre à ce que les victimes dans les émissions renfermant des scènes de violence soient et des femmes et des hommes. […]  Les télédiffuseurs sont tenus de faire en sorte que les femmes ne soient pas présentées comme des victimes de la violence à moins que la violence ne fasse partie intégrante de l’intrigue. […] De toute évidence, la violence constitue un élément matériel, qui est en effet central, du développement de l’intrigue dans cet épisode. […] Les victimes étaient toutes des femmes étant donné le lien entre le thème et les meurtres en série, mais ce fait n’est pas pertinent au regard du Code.

 Pour ce qui est de la question de glorifier la violence, le Comité ne constate pas d’infraction. Il est d’avis qu’on a montré le caractère horrible des meurtres actuels et de ceux commis dans le passé dans l’histoire relatée, ainsi que la nature méchante, malveillante et aberrante de leurs auteurs. Il n’y avait pas le moindre soupçon qu’on acceptait ces crimes. Somme toute, le Comité ne constate aucune infraction de l’article 7 du Code de l’ACR concernant la violence dans cette émission.  

Le Comité en est toutefois venu à la conclusion que les scènes de violence étaient suffisamment explicites et perturbantes pour que cet épisode de NCIS s’adresse à un auditoire adulte et qu’on aurait dû, dans des circonstances normales, le diffuser après le début de la « plage des heures tardives », à savoir 21 h, règle à laquelle souscrit l’industrie canadienne de la télédiffusion. Cela ne constituait cependant pas une infraction étant donné que le Code de l’ACR concernant la violence prévoit une exception pour les émissions faisant l’objet de la substitution simultanée. Même si cette règle permet la diffusion de certaines émissions américaines destinées aux adultes avant 21 h au Canada, elle veille à ce que seul le signal canadien soit disponible et qu’à la différence de ce qui est présenté au canal américain, ce signal-là s’accompagne des « icônes de classification canadiennes [et] des mises en garde à l’auditoire pour aider les téléspectateurs à faire un choix éclairé pour eux-mêmes et pour leurs familles. » Sinon, ces renseignements importants seraient omis du signal américain diffusé directement. Étant donné cette règle, on s’attend à ce que les télédiffuseurs canadiens fournissent des renseignements adéquats au sujet des émissions du genre. CH a manqué à cette obligation pour avoir accordé la classification PG à l’épisode en cause, alors que celle qui s’imposait était 14+, et pour avoir omis de mentionner la violence dans ses mises en garde à l’auditoire. Le Comité a jugé qu’il y avait eu infraction du Code en raison de ces deux erreurs. 

Les radiotélédiffuseurs privés canadiens ont créé eux-mêmes les codes qui constituent les normes du secteur concernant la déontologie et l’emploi de stéréotypes sexuels ainsi que la présentation de violence à la télévision et ils s’attendent à ce qu’ils soient respectés par les membres de leur profession. En 1990, ils se sont aussi dotés d’un organisme d’autoréglementation, le CCNR, qu’ils ont mandaté de veiller à l’administration de ces codes de responsabilité professionnelle. Le Conseil a par la suite été chargé de veiller également au respect du Code de déontologie (journalistique) adopté en 1970 par l’Association canadienne des directeurs de l’information radio-télévision (ACDIRT). Plus de 590 stations de radio et de télévision et services spécialisés, d’un bout à l’autre du Canada, sont membres du Conseil.

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Toutes les décisions du CCNR, les codes, les liens vers les sites Web des membres et d'autres sites Web, ainsi que des renseignements pertinents sont affichés sur son site Web à www.ccnr.ca. Pour obtenir de plus amples renseignements, veuillez communiquer avec la présidente nationale du CCNR, Mme Andrée Noël, ou le directeur exécutif du CCNR, M. John MacNab.