La critique des propriétaires de pit-bull n’enfreint pas le code de la radiodiffusion,déclare le Conseil canadien des normes de la radiotélévision

Ottawa, le 16 juillet 2008 – Le Conseil canadien des normes de la radiotélévision (CCNR) rendait publique aujourd’hui sa décision concernant une séquence sur les attaques par les pit-bulls dans le cadre de l’émission Michael Coren Show, laquelle est diffusée à l’antenne de CFRB de Toronto. M. Coren a recommandé que tous les pit-bulls soient tués et a qualifié leurs propriétaires de débiles, d’ordures et d’autres épithètes de choix. Le Comité régional de l’Ontario du CCNR a conclu que ces commentaires n’ont pas enfreint le Code de déontologie de l’Association canadienne des radiodiffuseurs (ACR).

L’émission Michael Coren Show est une émission de causerie à ligne ouverte. Le sujet des pit-bulls s’inspirait d’une attaque récente subie par un couple retraité de Whitby en Ontario. M. Coren a déclaré que [traduction] « les pit-bulls ne font rien de positif » et qu’une solution aux attaques serait de « les rassembler et de les faire tous endormir. » Il a suggéré que les propriétaires de ces chiens tentent de maintenir une image de [traduction] « petits Blancs à demi criminels » et a dit, en blaguant, qu’ils devraient, eux aussi, être tués. Il s’est entretenu avec des interlocuteurs dont certains étaient d’accord avec lui et d’autres ne l’étaient pas.

Le CCNR a été saisi d’une plainte d’un auditeur qui se préoccupait du fait que M. Coren a dénigré les propriétaires de pit-bull et préconisé la violence à leur endroit. Le Comité régional de l’Ontario a étudié la plainte à la lumière des articles 6 et 9(a) du Code de déontologie de l’ACR, lesquels exigent respectivement la présentation complète, juste et appropriée des commentaires et l’évitement de commentaires qui endossent ou encouragent la violence. Le Comité a conclu que l’émission n’a enfreint ni l’une ni l’autre de ces dispositions. Il a déclaré qu’il

n’est pas d’accord avec la prétention du plaignant selon laquelle l’animateur [traduction] « préconisait » en effet « à ses auditeurs […] la pratique de tuer leurs propriétaires [c.-à-d. les propriétaires de pit-bull]. » Afin de bien saisir la position prise par l’animateur, il faut prendre note que du point de vue du contexte il a uniformément qualifié les propriétaires de pit-bull de « crétins » ou d’autres désignations toutes autant méprisantes. […] Le Comité comprend très bien le manque de respect dont l’animateur a fait preuve envers les propriétaires de pit-bull, mais rien dans les documents qu’il a étudiés ne le mène aucunement à croire qu’il avait l’intention de préconiser une forme quelconque de violence à l’endroit des propriétaires de pit-bull.

[…]

[M. Coren] était en faveur de faire endormir [les pit-bulls] […]. De l’avis du Comité, c’était là une opinion que M. Coren avait le droit de diffuser. […]  Le Comité se range à l’avis du plaignant lorsqu’il a affirmé que l’animateur [traduction] « a noirci tous les propriétaires de pit-bull. » La question, cependant, n’est pas celle de savoir si M. Coren a fait des propos du genre, mais s’il avait le droit d’afficher un esprit si critique. […] C’est peut-être du mauvais goût, mais cela reflète fondamentalement une opinion qui tient au style de vie choisi par les propriétaires de ces chiens et non à une caractéristique humaine innée comme le sexe ou la couleur de la peau ou des choses du genre. De l’avis du Comité, il s’agissait d’une caractérisation sévère mais défensable (en termes du Code).

Les radiodiffuseurs privés canadiens ont créé eux-mêmes les codes qui constituent les normes du secteur concernant la déontologie, la représentation équitable, la présentation de violence à la télévision et l’indépendance journalistique, et ils s’attendent à ce qu’ils soient respectés par les membres de leur profession. En 1990, ils se sont dotés d’un organisme d’autoréglementation, le CCNR, qu’ils ont mandaté de veiller à l’administration de ces codes de responsabilité professionnelle, ainsi que du code concernant la déontologie journalistique qui fut élaboré par l’ACDIRT – Association des journalistes électroniques. Plus de 685 stations de radio, de services de radio par satellite, de stations de télévision et de services de télévision spécialisée, d’un bout à l’autre du Canada, sont membres du Conseil.

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Toutes les décisions du CCNR, les codes, les liens vers les sites Web des membres et d'autres sites Web, ainsi que des renseignements pertinents sont affichés sur son site Web à www.ccnr.ca. Pour obtenir de plus amples renseignements, veuillez communiquer avec la présidente nationale du CCNR, Mme Andrée Noël, ou le directeur exécutif du CCNR, M. John MacNab.