En raison des thèmes à caractère sexuel d’une émission de rencontres, des mises en garde à l’auditoire et une classification plus élevée sont de rigueur, déclare le Conseil canadien des normes de la radiotélévision

Ottawa, le 23 juillet 2003 – Le Conseil canadien des normes de la radiotélévision (CCNR) rendait publique aujourd’hui sa décision concernant l’émission de rencontre Blind Date qui est diffusée chaque jour à 17 h 30 à l’antenne de CITY-TV de Toronto. Bien que le Comité régional de l’Ontario du CCNR en soit venu à la conclusion que le télédiffuseur n’a enfreint aucune norme stipulée par les codes afférents en présentant cette émission avant le début de la plage des heures tardives, soit 21 h, il a trouvé qu’en raison des thèmes à caractère sexuel dans les épisodes qu’il a examinés, il aurait fallu les accompagner de mises en garde à l’auditoire puisqu’ils ont passé pendant la période du jour et ne convenaient pas aux enfants. Le Comité a également décidé que l’émission aurait dû être classifiée 14+ plutôt que « PG » (surveillance parentale recommandée).

S’inscrivant dans le genre de l’émission vérité, Blind Date suit des couples pendant une rencontre à l’aveuglette, d’où le titre de l’émission. Même si l’on ne montre pas d’activité sexuelle comme telle, le contenu de l’émission est suggestif et renferme des insinuations à caractère sexuel très prononcées. On y présente souvent des hommes et des femmes légèrement vêtus et des couples qui s’embrassent passionnément. Parfois, une séquence vidéo d’un couple fermant la porte d’une chambre à coucher, accompagnée d’autres sous-entendus de nature sexuelle, laisse entendre que les couples se livrent à de l’activité sexuelle.

Un téléspectateur s’est plaint au CCNR que le contenu à caractère sexuel de Blind Date ne convenait pas au créneau horaire de la journée où les enfants sont rentrés de l’école. Le Comité régional de l’Ontario a examiné quatre épisodes de la série qui ont été diffusés en février 2003. Il en est venu à la conclusion que le contenu à caractère sexuel n’était pas trop explicite pour être diffusé avant « l’heure limite » de 21 h, mais il a également décidé que « l’émission traite assez carrément et directement de situations sexuelles pour ne pas convenir aux enfants », ce qui l’assujettit à l’exigence de diffuser également des mises en garde avertissant les téléspectateurs que l’émission vise un auditoire averti. De plus, le Comité a jugé que la classification de l’émission devrait être 14+ au lieu de « PG ».

Le Comité estime que le contenu est si peu subtil, si déterminé par les choix de ses créateurs quant aux séquences vidéo et aux bulles de texte qui apparaissent à l’écran, que pour autant qu’on puisse en juger, les séquences de l’émission servent de plan ou de guide sur les sujets abordés. Pour ce qui est des mentions à caractère sexuel, le Comité fait remarquer qu’une émission classifiée « PG » « peut contenir des mentions ou du contenu à caractère sexuel minimes et discrets lorsque cela convient à l’intrigue ou au thème. » Toutefois, les mentions à caractère sexuel dans Blind Date sont ni minimes, ni discrètes. En somme, le Comité trouve que Blind Date n’a pour ainsi dire rien qui puisse justifier la classification « PG ».

Il a par conséquent été jugé que CITY-TV avait enfreint l’article 11 du Code de déontologie de l’Association canadienne des radiodiffuseurs (ACR) pour avoir négligé de diffuser des mises en garde à l’auditoire, et l’article 4 du Code d’application volontaire concernant la violence à la télévision de l’ACR pour avoir incorrectement classifié les épisodes.

Les radiotélédiffuseurs privés canadiens ont arrêté des codes qui constituent les normes du secteur concernant l'emploi de stéréotypes sexuels, la présentation de violence et le traitement de questions à valeur morale, tels les droits de l'homme, sur les ondes, et ils s'attendent que leurs collègues les respectent. Ils se sont aussi dotés d'un organisme d'autoréglementation, le CCNR, qu'ils ont mandaté de veiller à l'administration de ces codes de responsabilité professionnelle. Le Conseil a par la suite été chargé de veiller également au respect du code de déontologie journalistique adopté par l'Association canadienne des directeurs de l'information radio-télévision (ACDIRT). Plus de 530 stations de radio et de télévision et services spécialisés, d'un bout à l'autre du Canada, sont membres du Conseil.

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Toutes les décisions du CCNR, les codes, les liens vers les sites Web des membres et d'autres sites Web, ainsi que des renseignements pertinents sont affichés sur son site Web à www.ccnr.ca. Pour obtenir de plus amples renseignements, veuillez communiquer avec la présidente nationale du CCNR, Mme Andrée Noël, ou le directeur exécutif du CCNR, M. John MacNab.