Un dialogue sur la « chasse à l’Hindou » constitue une violation de l’article sur les droits de la personne, déclare le Conseil canadien des normes de la radiotélévision

Ottawa, le 14 mai 2002 — Le Conseil canadien des normes de la radiotélévision (CCNR) rendait publique aujourd'hui sa décision concernant un dialogue sur la « chasse à l'Hindou » diffusé dans le cadre de l'émission matinale, Les méchants matins du monde, à l'antenne de CKTF-FM de Gatineau. Le Comité régional du Québec du CCNR a statué que ce dialogue constituait une infraction des dispositions sur les droits de la personne que renferme le Code de déontologie de l'Association canadienne des radiodiffuseurs (ACR).

L'article sur les droits de la personne du Code de déontologie de l'ACR se lit comme suit :

Reconnaissant que tous et chacun ont droit à l'égalité des chances d'épanouissement et de jouir des mêmes droits et privilèges fondamentaux, les radiodiffuseurs s'efforceront, dans la mesure du possible, de ne pas inclure dans leur programmation du matériel ou des commentaires discriminatoires, quant à la race, l'origine ethnique ou nationale, la couleur, la religion, l'âge, le sexe, [l'orientation sexuelle], la situation de famille ou le handicap physique ou mental.

Le segment en question consistait en une discussion entre les animateurs de l'émission et un interlocuteur habituel fictif, dénommé « Robert ». « Robert » a expliqué aux animateurs la méthode qu'il emploie pour la « chasse à l'Hindou ». Le Comité en est venu à la conclusion que même si le segment visé se voulait apparemment comique, il ne faisait aucun doute que dans ce cas-ci l'humour avait franchi la limite de ce qui est acceptable sur les ondes canadiennes :

[L]e Comité estime que, dans le cas qui nous occupe, les commentaires à l'endroit des Hindous concernant leurs présumées habitudes, pratiques et convenances, sont indubitablement allés trop loin. La blague n'est pas « axée sur l'humour » – elle frappe à coups de marteau. Elle ne « chatouille » pas – elle est méchante. Les participants n'ont pas blagué avec les Hindous, ils ont ri des Hindous; ils se sont moqués des Hindous. Ils ont abaissé et dénigré l'objet de leur « humour ». Il s'agissait d'une moquerie « qui fait serrer les dents et qui donne envie de rentrer sous terre ». Elle n'avait rien de mignon ou de léger.

[…]

Même si le Comité régional du Québec ne pense pas pour un instant que ce sketch avait pour objet d'inciter à la violence, il estime que la métaphore de la chasse était tout de même inflammatoire dans les circonstances.

Le Comité n'a toutefois pas trouvé que les commentaires de « Robert » au sujet de son épouse, entre autres « Madame mammouth », constituaient du sexisme enfreignant l'article ci-haut mentionné ou toute autre disposition concernant l'exploitation et les stéréotypes sexuels.

Les radiotélédiffuseurs privés canadiens ont arrêté des codes qui constituent les normes du secteur concernant l'emploi de stéréotypes sexuels, la présentation de violence et le traitement de questions à valeur morale, tels les droits de l'homme, sur les ondes, et ils s'attendent que leurs collègues les respectent. Ils se sont aussi dotés d'un organisme d'autoréglementation, le CCNR, qu'ils ont mandaté de veiller à l'administration de ces codes de responsabilité professionnelle. Le Conseil a par la suite été chargé de veiller également au respect du code de déontologie journalistique adopté par l'Association canadienne des directeurs de l'information radio-télévision (ACDIRT). Plus de 500 stations de radio et de télévision et services spécialisés, d'un bout à l'autre du Canada, sont membres du Conseil.

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Toutes les décisions du CCNR, les codes, les liens vers les sites Web des membres et d'autres sites Web, ainsi que des renseignements pertinents sont affichés sur son site Web à www.ccnr.ca. Pour obtenir de plus amples renseignements, veuillez communiquer avec la présidente nationale du CCNR, Mme Andrée Noël, ou le directeur exécutif du CCNR, M. John MacNab.