Un entretien sur les pratiques gaies n’a pas enfreint le Code, déclare le Conseil canadien des normes de la radiotélévision

Ottawa, le 26 août 2009 – Le Conseil canadien des normes de la radiotélévision (CCNR) rendait publique aujourd’hui sa décision concernant des commentaires faits dans le cadre de l’émission Le Retour de Radio X diffusée sur les ondes de CHOI-FM (Québec) le 15 mai 2008. Le CCNR a jugé que les propos des animateurs au sujet de l’homosexualité n’étaient ni abusifs ni indûment discriminatoires d’une part, et qu’ils n’étaient pas non plus indûment sexuellement explicites d’autre part.

Le Retour de Radio X est l’émission de retour à la maison présentée par CHOI-FM l’après-midi et dont les hauts faits sont rediffusés entre 18 h et 19 h. Pendant l’émission du 15 mai, les animateurs ont discuté du fait que la cour suprême de la Californie avait déclaré qu’il est inconstitutionnel d’interdire le mariage gai. Un des animateurs a dit qu’il y avait beaucoup de « fifure » à San Francisco et qu’il n’aimait pas voir deux hommes s’embrasser en public, mais a déclaré à leur intention « enculez-vous tant que vous voulez » en privé. Il a également déclaré qu’il est contre l’adoption d’enfants par les couples gais parce qu’ils impliquent quelqu’un d’autre dans leur « fifure ».

Le CCNR a reçu une plainte de la part d’un auditeur qui était d’avis que les propos dénotaient de la haine à l’endroit des homosexuels et qu’ils étaient indécents à un moment de la journée où les enfants risquent d’être à l’écoute. Le Comité régional du Québec du CCNR a examiné la plainte à la lumière de l’article 2 (Droits de la personne) et de l’article 9 b) (Radiodiffusion) du Code de déontologie de l’ACR. Le Comité a affirmé le droit de l’animateur d’exprimer son point de vue sur un éventail de questions politiques, dont les questions controversées comme le mariage gai et l’adoption. En ce qui concerne l’utilisation du mot « fifure », le Comité a conclu que c’était « discourtois, impoli et à la limite de l’acceptable, mais qu’il n’a pas atteint le niveau “railleur, dérisoire et méchant” [qui déclencherait une infraction au Code]. »

Le Comité a également conclu que la seule mention d’activité sexuelle « manque de goût » mais qu’il « ne considère pas que l’“instruction” hypothétique soit indûment explicite. Il n’y a aucune description graphique ou réaliste d’activité sexuelle », ce qui ne constitue donc pas une violation de l’article 9 b) du Code.

Les radiodiffuseurs privés canadiens ont créé eux-mêmes les codes qui constituent les normes du secteur concernant la déontologie, la représentation équitable, la présentation de violence à la télévision et l’indépendance journalistique, et ils s’attendent à ce qu’ils soient respectés par les membres de leur profession. En 1990, ils se sont dotés d’un organisme d’autoréglementation, le CCNR, qu’ils ont mandaté de veiller à l’administration de ces codes de responsabilité professionnelle, et des codes visant les services de télévision payante, ainsi que du code concernant la déontologie journalistique qui fut élaboré par l’ACDIRT – Association des journalistes électroniques en 1970. Plus de 725 stations de radio, services de radio par satellite, stations de télévision et services de télévision spécialisée, d’un bout à l’autre du Canada, sont membres du Conseil.

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Toutes les décisions du CCNR, les codes, les liens vers les sites Web des membres et d'autres sites Web, ainsi que des renseignements pertinents sont affichés sur son site Web à www.ccnr.ca. Pour obtenir de plus amples renseignements, veuillez communiquer avec la présidente nationale du CCNR, Mme Andrée Noël, ou le directeur exécutif du CCNR, M. John MacNab.