Un documentaire sur l’industrie de la pornographie doit s’accompagner de mises en garde à l’auditoire, déclare le Conseil canadien des normes de la radiotélévision

Ottawa, le 13 septembre 2005 – Le Conseil canadien des normes de la radiotélévision (CCNR) rendait publique aujourd’hui sa décision concernant la diffusion du documentaire intitulé Sex: The Annabel Chong Story à l’antenne de The Documentary Channel le 10 mai 2005 à minuit, heure normale de l’Est. Le Comité national des services spécialisés du CCNR a déterminé que le film n’a pas enfreint les dispositions des codes concernant la diffusion de contenu sexuellement explicite ou indûment discriminatoire à l’endroit d’un groupe identifiable. Cependant, il en est venu à la conclusion que ce documentaire aurait dû s’accompagner de mises en garde signalant la présence à l’auditoire de contenu sexuellement explicite et de langage grossier.

Le documentaire Sex: The Annabel Chong Story traite de Grace Quek, une actrice de films pornographiques dont le nom de scène est Annabel Chong. Le film présente, entre autres, des entrevues avec Quek elle-même, ainsi qu’avec ses amis, sa famille, ses enseignants et ses employés. Il y a également des clips de certains des films pornographiques de Chong et du dialogue sexuellement explicite. Un téléspectateur s’est plaint que cette émission sexuellement explicite ne constituait pas du tout un documentaire étant donné le sujet traité, et qu’il ne convenait pas par conséquent qu’un canal de documentaires sérieux le diffuse. Il a de plus souligné que le film abaisse les femmes en général et les femmes asiatiques en particulier.

Le Comité national des services spécialisés du CCNR a étudié la plainte à la lumière du Code de déontologie et du Code concernant les stéréotypes sexuels à la radio et à la télévision de l’Association canadienne des radiodiffuseurs (ACR). Le Comité a trouvé en premier lieu que le sujet du film cadrait effectivement avec son statut de documentaire. Il n’existe aucune raison pour laquelle un documentaire « ne peut pas également être, à titre d’exemple, un documentaire comique, musical ou même particulièrement sexuellement explicite. » Comme l’a décidé le Comité, « le sujet du film ne change pas la nature de la formule de l’émission » et The Documentary Channel avait entièrement le droit de diffuser un documentaire axé sur un thème sexuel.

Il en est également venu à la conclusion que même si le documentaire traitait de l’industrie de la pornographie, il n’exploitait pas les femmes. De plus, même si le film fait état des origines asiatiques de Chong, le Comité n’a pas constaté de « déclaration négative à son sujet qui soit fondée sur sa race. » Nonobstant les conclusions de fond qui précèdent, le Comité a néanmoins souligné que les émissions à l’intention des adultes ne doivent pas être diffusées avant le début de la plage des heures tardives, à savoir 21 h, et doivent s’accompagner de mises en garde à l’auditoire. Bien qu’en diffusant le film à minuit, heure normale de l’Est, The Documentary Channel a effectivement respecté l’exigence concernant la plage des heures tardives dans tous les fuseaux horaires, il a enfreint le Code de déontologie de l’ACR pour n’avoir présenté aucune mise en garde à l’auditoire, même si le télédiffuseur a expliqué que ce manquement était attribuable à un problème technique.

Les radiotélédiffuseurs privés canadiens ont créé eux-mêmes les codes qui constituent les normes du secteur concernant la déontologie, l’emploi de stéréotypes sexuels et la présentation de violence à la télévision et ils s’attendent à ce qu’ils soient respectés par les membres de leur profession. En 1990, ils se sont aussi dotés d’un organisme d’autoréglementation, le CCNR, qu’ils ont mandaté de veiller à l’administration de ces codes de responsabilité professionnelle. Le Conseil a par la suite été chargé de veiller également au respect du code d’éthique journalistique adopté en 1970 par l’Association canadienne des directeurs de l’information radio-télévision (ACDIRT). Plus de 550 stations de radio et de télévision et services spécialisés, d’un bout à l’autre du Canada, sont membres du Conseil.

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Toutes les décisions du CCNR, les codes, les liens vers les sites Web des membres et d'autres sites Web, ainsi que des renseignements pertinents sont affichés sur son site Web à www.ccnr.ca. Pour obtenir de plus amples renseignements, veuillez communiquer avec la présidente nationale du CCNR, Mme Andrée Noël, ou le directeur exécutif du CCNR, M. John MacNab.