Une dramatique montrant des blessures n’était pas forcément réservée uniquement aux adultes, mais des mises en garde auraient été utiles, déclare le Conseil canadien des normes de la radiotélévision

Ottawa, le 17 novembre 2010 – Le Conseil canadien des normes de la radiotélévision (CCNR) rendait publique aujourd’hui sa décision concernant un épisode de Trauma, la dramatique américaine à caractère médical, sur les ondes de CITY-TV le 19 octobre 2009. Cette dramatique qui s’articule autour de travailleurs paramédicaux à San Francisco, présentait plusieurs scènes d’accidents et de blessures. Le CCNR a jugé que bien que des mises en garde auraient été utiles pour l’auditoire, l’émission n’était pas violente ou sanglante au point de la reléguer à la catégorie des émissions destinées uniquement aux adultes ou exigeant des mises en garde lorsqu’elles sont diffusées après l’heure limite de 21 h.

L’épisode de Trauma que le CCNR a examiné s’intitulait « Stuck » (Coincé) et présentait des scènes d’accidents et de blessures, dont des incidents bizarres comme un homme qui s’empale sur une barre d’armature sur un chantier de construction, l’intervention chirurgicale nécessaire pour enlever cette barre et un travailleur de la construction dont la main est amputée par une machine industrielle. CITY-TV a diffusé l’épisode à 21 h sans mises en garde à l’auditoire et accompagné de la classification 14+.

Un téléspectateur s’est plaint de l’absence de mises en garde à l’auditoire et a déclaré qu’il y a lieu d’avertir les téléspectateurs à l’avance de toute forme de graves lésions corporelles. Le télédiffuseur a fait valoir que le trauma physique fait partie intégrante de la série et qu’aucune scène ne contenait des images qu’on pourrait tenir pour étant « destinées exclusivement à un auditoire adulte. »

Le Comité régional de l’Ontario du CCNR a étudié la plainte à la lumière du Code concernant la violence de l’Association canadienne des radiodiffuseurs (ACR) et a convenu que les incidents montrés dans l’émission n’étaient pas destinés exclusivement aux adultes pour les raisons suivantes :

[L]e Comité reconnaît qu’il y a effectivement des incidents explicites, mais ils sont tous, bien entendu, accidentels plutôt que voulus, explicites mais non violents selon le sens qui précède du terme violent. Le contenu est perturbant, mais bon nombre d’opérations chirurgicales le sont aussi pour le téléspectateur qui ne possède pas une formation en médecine. La peur et le suspense devant la violence qui s’annonce sont absents, et la plupart du contenu explicite à l’écran concerne des incidents accidentels et médicaux, ce qui est plutôt contraire à la substance des émissions se rapportant à la violence criminelle. À la différence, en outre, d’autres émissions, le titre de celle-ci laisse entendre le genre de contenu auquel l’auditoire peut s’attendre.

En ce qui concerne les mises en garde à l’auditoire pour les émissions diffusées après 21 h, le Comité

est d’avis que le télédiffuseur pourrait rendre service aux téléspectateurs s’il accompagnait d’une mise en garde à l’auditoire les prochains épisodes d’émissions comme Trauma, dont le contenu ne convient pas aux enfants. Peu importe l’heure de diffusion, il est évident que l’article 5.0 [du Code de l’ACR concernant la violence] a pour thème qu’il peut y avoir du contenu qui ne convient pas aux enfants et qui, par conséquent, mérite des mises en garde utiles. La présente affaire est un exemple d’un cas du genre et, malgré l’absence d’une obligation codifiée de présenter un tel avertissement, il est clair qu’il serait utile pour les téléspectateurs de recevoir de l’information qui leur permettra de choisir les émissions qui conviennent à leur famille. C’est, en fin de compte, un choix qui est réservé au télédiffuseur.

Les radiodiffuseurs privés canadiens ont créé eux-mêmes les codes qui constituent les normes du secteur concernant la déontologie, la représentation équitable, la présentation de violence à la télévision et l’indépendance journalistique, et ils s’attendent à ce qu’ils soient respectés par les membres de leur profession. En 1990, ils se sont dotés d’un organisme d’autoréglementation, le CCNR, qu’ils ont mandaté de veiller à l’administration de ces codes de responsabilité professionnelle, et des codes visant les services de télévision payante, ainsi que du code concernant la déontologie journalistique qui fut élaboré par l’ACDIRT – Association des journalistes électroniques – en 1970. Plus de 750 stations de radio, services de radio par satellite, stations de télévision et services de télévision spécialisée, d’un bout à l’autre du Canada, sont membres du Conseil.

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Toutes les décisions du CCNR, les codes, les liens vers les sites Web des membres et d'autres sites Web, ainsi que des renseignements pertinents sont affichés sur son site Web à www.ccnr.ca. Pour obtenir de plus amples renseignements, veuillez communiquer avec la présidente nationale du CCNR, Mme Andrée Noël, ou le directeur exécutif du CCNR, M. John MacNab.