Une série dramatique contenant de la violence explicite requiert la classification 18+, déclare le Conseil canadien des normes de la radiotélévision

Ottawa, le 15 mars 2005 – Le Conseil canadien des normes de la radiotélévision (CCNR) rendait publique aujourd’hui sa décision concernant un épisode de la série dramatique intitulée The Eleventh Hour et diffusée par CTV. Le Comité national de télévision générale du CCNR a conclu que l’épisode « Hard Seven » aurait dû être classifié 18+ plutôt que 14+, étant donné l’ampleur de la violence et du langage grossier qu’il contenait.

The Eleventh Hour est une dramatique portant sur le monde du journalisme d’enquête. Les scènes violentes de l’épisode ayant fait l’objet de la plainte dont a été saisi le CCNR montraient un suicide par pendaison, un viol en prison et une fusillade. Le Comité national de télévision générale du CCNR a conclu que la violence était intégrale au développement de l’intrigue et des personnages, et n’était donc pas gratuite, en vertu du Code d’application volontaire concernant la violence à la télévision de l’Association canadienne de radiodiffuseurs (ACR). Le Comité a également conclu que CTV avait présenté l’épisode dans une case horaire adéquate, soit après 21 heures, le début de la plage des heures tardives pour programmation adulte. Il a également conclu que la diffusion des mises en garde à l’auditoire par CTV avait été adéquate. Or, il a trouvé que CTV avait accordé la mauvaise cote de classification, soit celle de 14+. Étant donné la violence explicite et le langage grossier utilisé à répétition, le Comité a décidé que la classification 18+ était requise, en vertu du système de classification du Groupe d’action sur la violence à la télévision. Le Comité a touché sur le contexte dans lequel la programmation violente peut être diffusée.

Le Comité partage l’avis du plaignant que les scènes de violence étaient à la fois explicites et brutales. Il faut se demander quelles sont les conséquences d’une telle violence, sur le plan de la programmation. La réalité du système de radiodiffusion canadien est la suivante : la violence gratuite ou glorifiée ne peut être diffusée en aucun temps […] La programmation qui comprend d’autres types de violence peut être diffusée […] [De telles émissions] ne sont peut-être pas adéquates à la diffusion à l’extérieur de la plage des heures tardives tout en étant permissibles après 21 heures, même si elles sont explicites et brutales.

Bien qu’il n’y ait pas, comme le reconnaît le Comité, de formule mathématique permettant de déterminer la classification appropriée, le Comité a expliqué la différence entre les classifications 14+ et 18+ telles qu’elles s’appliquent au cas présent.

En d’autres termes, il n’existe pas un adjectif ou autre qualificatif permettant de faire la distinction entre ce descriptif et celui qui caractérise la classification 14+, « scènes de violence intense ». En l’absence de définitions claires de chacune des catégories, le CCNR a par le passé employé le terme « explicite » pour décrire des scènes violentes qui, selon le Comité, se situent à un niveau supérieur à « intense ».[…]

Dans cet épisode de The Eleventh Hour, le Comité national de la télévision générale considère que la violence, dans les deux établissements carcéraux, était brutale et explicite. […] Lorsque le contenu d’une émission chevauche les cotes 14+ et 18+, le choix de la classification plus conservatrice par le télédiffuseur est probablement plus prévoyant. Quoiqu’il en soit, la nature explicite de la violence, de pair avec l’utilisation de langage extrêmement grossier, exige l’icône de classification 18+ pour cet épisode de The Eleventh Hour.

Les radiotélédiffuseurs privés canadiens ont créé eux-mêmes les codes qui constituent les normes du secteur concernant la déontologie, l’emploi de stéréotypes sexuels et la présentation de violence à la télévision et ils s’attendent à ce qu’ils soient respectés par les membres de leur profession. En 1990, ils se sont aussi dotés d’un organisme d’autoréglementation, le CCNR, qu’ils ont mandaté de veiller à l’administration de ces codes de responsabilité professionnelle. Le Conseil a par la suite été chargé de veiller également au respect du code d’éthique journalistique adopté en 1970 par l’Association canadienne des directeurs de l’information radio-télévision (ACDIRT). Plus de 550 stations de radio et de télévision et services spécialisés, d’un bout à l’autre du Canada, sont membres du Conseil.

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Toutes les décisions du CCNR, les codes, les liens vers les sites Web des membres et d'autres sites Web, ainsi que des renseignements pertinents sont affichés sur son site Web à www.ccnr.ca. Pour obtenir de plus amples renseignements, veuillez communiquer avec la présidente nationale du CCNR, Mme Andrée Noël, ou le directeur exécutif du CCNR, M. John MacNab.