Des éléments de Bye Bye 2008 ont violé les Codes, le Règlement et les conditions de licence, déclare le Conseil canadien des normes de la radiotélévision

Ottawa, le 25 mai 2009 – Le Conseil canadien des normes de la radiotélévision (CCNR) rendait publique aujourd’hui sa décision concernant l’émission de variétés Bye Bye que la Société Radio-Canada (SRC) présente presque chaque veille du Jour de l’an, soit, dans ce cas-ci, l’édition 2008.

Les circonstances entourant la participation du CCNR à ce dossier sortaient de l’ordinaire. Étant donné que la SRC est un radiodiffuseur public et n’est pas membre du CCNR, d’habitude les plaintes à son sujet sont du ressort du Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC), lequel a reçu 210 plaintes au sujet de l’édition 2008 de Bye Bye. Quoi qu’il en soit, le CRTC a demandé au CCNR d’examiner l’émission en raison de « l’expérience considérable que possède le Conseil canadien des normes de la radiotélévision (CCNR) dans le traitement des plaintes liées au contenu de radiodiffusion » et de « ses procédures par comités dont l’efficacité est reconnue. » Le CRTC a demandé au CCNR d’élaborer un « rapport » sur ses conclusions, lequel lui servira de fondement pour rendre, en temps utile, sa propre « décision relativement aux plaintes ». Par conséquent, le Comité régional du Québec du CCNR a tranché les 210 plaintes au sujet de l’édition 2008 de Bye Bye.

Les plaignants ont exprimé leurs préoccupations quant à divers aspects de l’émission, dont des commentaires et des sketchs au sujet des Noirs, d’autres groupes identifiables, de la famille de joueurs de hockey Roy, de Nathalie Simard, des personnes politiques et de diverses personnalités.

Le Comité du Québec a examiné Bye Bye à la lumière de deux codes dont le respect constitue une condition de licence pour la SRC, soit le Code sur la représentation équitable (CRE) de l’Association canadienne des radiodiffuseurs (ACR) et le Code de l’ACR concernant la violence. Le Comité a conclu que certains des propos à l’endroit des Noirs ont enfreint le CRE. Il a déclaré ce qui suit :

Le Comité ne voit rien qui rachète la notion prétendument comique qu’on devrait tirer sur le Président américain, et encore moins celle que cela serait plus facile à accomplir à cause de la couleur de la peau du Président. C’est un commentaire fondé sur la race qui s’avère inquiétant, blessant et abusif. C’est, dans le sens [d’une décision antérieure], un commentaire « qui fait serrer les dents et qui donne envie de rentrer sous terre ». Il était abusif […] et dégradant […].

Quant aux commentaires « confondant » le personnage du Président Obama avec un chanteur noir « parce que les Noirs vous vous ressemblez toute là, », et ceux faisant la recommandation « “cachez vos sacoches” parce qu’un Noir se présentait à l’émission » et d’autres de nature semblable, le Comité a déclaré que « le contenu mis en cause dans les exemples cités ci-haut a tout du simpliste, du dénigrant, du blessant et du préjudiciable, et il constitue des commentaires stéréotypés indûment négatifs […] ainsi que du contenu indûment discriminatoire. » Le Comité a cité des exemples supplémentaires qu’il a caractérisés comme étant « un autre élément d’humour aux dépens des Noirs, humour qui sévit d’ailleurs dans toute l’émission. » Le Comité a conclu que ces commentaires violeraient également le Règlement de 1987 sur la télédiffusion. Il a également jugé que le fait que l’émission se voulait comique ne décharge pas la SRC de la responsabilité d’éviter de diffuser du contenu stéréotypé qui est abusif, dénigrant ou indûment négatif.

Le Comité n’a toutefois pas trouvé que la plupart des commentaires au sujet d’autres groupes identifiables a enfreint le CRE, dont des commentaires concernant les Canadiens anglais, les personnes de l’Asie du Sud, les Autochtones, les pauvres, les exploitants de dépanneurs et les immigrants en général. Le Comité a conclu que certains de « ces propos sont orduriers, peu raffinés et de mauvais goût. Mais, après avoir analysé les insultes de près, le pire qu’on puisse dire des insultes de M. Mercier est qu’elles présentent les Canadiens anglais comme étant essentiellement ennuyants et peu intéressants. Pas de sexe. Pas de boisson. Pas de bons temps. Implicitement “pas comme nous”. » Quant au pire des commentaires, le Comité les a caractérisés en disant que certains étaient « grossiers, d’autres non, mais tous anodins aux termes [du CRE]. » De l’avis du Comité, les autres commentaires au sujet de groupes identifiables étaient anodins, d’autres ne visaient pas ces groupes, et, en fin de compte, aucun commentaire n’a atteint « le niveau du commentaire abusif ou indûment discriminatoire. » Pour ce qui est de la prétention selon laquelle les sketchs sur le personnage de Julie Couillard étaient sexistes ou exploitants, le Comité a jugé que « cette représentation d’une femme en particulier ne constitue pas de l’exploitation, et ne fait pas non plus de généralisations négatives à l’endroit de l’ensemble des femmes. »

En ce qui concerne le Code de l’ACR concernant la violence, le Comité a conclu qu’un sketch faisant une parodie des actes de violence de l’ancien gardien de but de la LNH Patrick Roy et de ses fils a violé la disposition du Code sur la violence contre les femmes parce qu’il présentait un des fils de M. Roy qui bat sa mère et la mère qui réagit en prenant un air méfiant à plusieurs reprises pour éviter l’agression de son époux et de son fils.

Il n’y avait simplement aucun motif créateur pour que les hommes de la famille Roy battent la mère et pour laisser l’impression qu’il s’agissait d’un élément constant dans la vie de cette famille. Bien que les réalisateurs de l’émission aient pu voir ces gestes comme une image satirique des tendances violentes des hommes de la famille Roy, le Comité est d’avis qu’ils sont allés trop loin. Ils ont exagéré la réalité au niveau de la victime, et ce autant ou même plus qu’au niveau des auteurs de cette violence.

Le Comité a également examiné les sketchs au sujet des personnalités à la lumière du Code de déontologie de l’ACR, et a conclu que les parodies de Céline Dion, Chantal Lacroix, Julie Couillard, des chefs des partis politiques fédéraux, de l’ancien ministre du Cabinet Maxime Bernier et d’autres étaient des sketchs humoristiques typiques qui se moquaient de leurs sujets de façon légère plutôt que de les frapper à coups de marteau.

Certains téléspectateurs se préoccupaient des sketchs se moquant de l’ancienne enfant vedette Nathalie Simard étant donné que la coproductrice et animatrice de l’émission, Véronique Cloutier, est la fille de Guy Cloutier, l’ancien imprésario de Mme Simard qui a fait de la prison pour avoir abusé Mme Simard sexuellement quand elle était mineure. Étant donné que ces sketchs se moquaient d’autres aspects de la vie de Mme Simard et n’ont pas du tout fait mention d’abus sexuel, le Comité n’a pas trouvé qu’ils posaient un problème.

Le Comité du Québec a également noté que certains des sketchs contenaient des insinuations à caractère sexuel et du langage grossier qui ne convenaient pas aux enfants. Même si ce contenu ne posait pas de problème lors de sa diffusion à l’origine, soit à 23 h le 31 décembre, le Comité a noté que la rediffusion de l’émission bien plus tôt le 1er janvier, notamment à 20 h, exigeait des mises en garde à l’auditoire avertissant les téléspectateurs du contenu destiné aux adultes. De l’avis du Comité, le radiodiffuseur a enfreint la disposition sur la haute qualité de la Loi sur la radiodiffusion pour avoir omis de présenter ces mises en garde.

Les radiodiffuseurs privés canadiens ont créé eux-mêmes les codes qui constituent les normes du secteur concernant la déontologie, la représentation équitable, la présentation de violence à la télévision et l’indépendance journalistique, et ils s’attendent à ce qu’ils soient respectés par les membres de leur profession. En 1990, ils se sont dotés d’un organisme d’autoréglementation, le CCNR, qu’ils ont mandaté de veiller à l’administration de ces codes de responsabilité professionnelle, ainsi que du code concernant la déontologie journalistique qui fut élaboré par l’ACDIRT – Association des journalistes électroniques. Plus de 720 stations de radio, de services de radio par satellite, de stations de télévision et de services de télévision spécialisée, d’un bout à l’autre du Canada, sont membres du Conseil.

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Toutes les décisions du CCNR, les codes, les liens vers les sites Web des membres et d'autres sites Web, ainsi que des renseignements pertinents sont affichés sur son site Web à www.ccnr.ca. Pour obtenir de plus amples renseignements, veuillez communiquer avec la présidente nationale du CCNR, Mme Andrée Noël, ou le directeur exécutif du CCNR, M. John MacNab.