Des épisodes des séries dérivées de Law & Order ayant le la violence hors de l’écran peuvent passer sur les ondes avant le début de la plage des heures tardives, déclare le Conseil canadien des normes de la radiotélévision

Ottawa, le 4 mars 2009 – Le Conseil canadien des normes de la radiotélévision (CCNR) rendait publique aujourd’hui sa décision concernant deux épisodes des dramatiques policières dérivées de l’émission Law & Order qui ont été diffusés par OMNI.2 (CJMT-TV de Toronto). Des épisodes de Law & Order: Criminal Intent et de Law & Order: Special Victims Unit ont été diffusés de 18 h à 20 h le 21 mars 2008. Le CCNR a conclu que ces émissions pouvaient être diffusées avant le début, à 21 h, de la plage des heures tardives et que, par conséquent, la station n’a pas enfreint le Code concernant la violence de l’Association canadienne des radiodiffuseurs (ACR).

Dans l’émission Criminal Intent, les agents de police enquêtent sur des crimes à grande incidence. L’épisode du 21 mars, intitulé « Want », s’articulait autour de deux crimes apparentés concernant le cas de femmes qui avaient subi une « lobotomie maison » et à qui on avait excisé les muscles des mollets. Bien qu’aucune violence n’ait été montrée à l’écran, ces épisodes présentaient des scènes de cadavres et de victimes blessées et aussi des conversations sur ces agressions perturbantes. Dans l’émission Special Victims Unit, les agents enquêtent sur des crimes sexuels. L’épisode du 21 mars, intitulé « Pure », se rapportait à la disparition d’une adolescente et à l’enquête sur un homme qui s’attaquait aux vierges. Dans ce cas-ci aussi, il y avait des scènes de cadavres ou de personnes blessées et des discussions sur la nature des crimes, mais aucun acte de violence comme tel. OMNI.2 a diffusé une mise en garde à l’auditoire au début de chacune de ces émissions et après chaque pause publicitaire. Le réseau a de plus classifié les émissions 14+.

Le CCNR a reçu une plainte d’un téléspectateur qui se préoccupait du fait que ces épisodes ont été diffusés à un moment où l’on peut s’attendre que les enfants regardent la télévision. Le radiodiffuseur a avancé que ces émissions se centrent sur l’enquête de crimes plutôt que l’exécution d’actes de violence. Le Comité régional de l’Ontario a étudié la plainte à la lumière de l’article 3.0 du Code de l’ACR concernant la violence, lequel stipule que la diffusion de scènes de violence à l’intention d’un auditoire adulte ne doit avoir lieu que pendant la plage des heures tardives, plage comprise entre 21 h et 6 h. S’appuyant sur de nombreux précédents qu’il a cités, le Comité a conclu que le contenu de ces émissions ne constituait pas des « scènes destinées à un auditoire adulte » et a fait remarquer que « conclure qu’il puisse être permis de diffuser une émission avant 21 h ne signifie pas que cette émission convient aux enfants ayant moins de 12 ans. » Il a ajouté ce qui suit :

Au bout du compte, c’est le radiodiffuseur qui a la responsabilité de décider s’il diffusera une émission donnée avant ou après 21 h. Mais, une fois l’émission affectée de façon convenable à une de ces catégories, les questions se rapportant à son caractère approprié deviennent la responsabilité des parents. Le rôle que jouent les radiodiffuseurs pour aider les parents à en venir à une conclusion sur le caractère approprié ou non pour leurs familles respectives va plus loin. Les services autorisés sont tenus de fournir des renseignements aux parents, comme les mises en garde à l’auditoire et la classification codée et à l’écran, lesquelles leur permettront de faire un choix éclairé. Il est probable que ce choix varie d’un ménage à un autre car, après tout, les choix familiaux du genre sont très individualisés.

[…]

Bien que le Comité reconnaisse que les épisodes s’axaient sur des thèmes perturbants, il ne considère pas qu’il y avait suffisamment d’actes de violence à l’écran ou de conséquences visuelles qui étaient attribuables à des actes de violence hors de l’écran pour faire passer ces émissions à la catégorie du contenu à caractère adulte.

Les radiodiffuseurs privés canadiens ont créé eux-mêmes les codes qui constituent les normes du secteur concernant la déontologie, la représentation équitable, la présentation de violence à la télévision et l’indépendance journalistique, et ils s’attendent à ce qu’ils soient respectés par les membres de leur profession. En 1990, ils se sont dotés d’un organisme d’autoréglementation, le CCNR, qu’ils ont mandaté de veiller à l’administration de ces codes de responsabilité professionnelle, ainsi que du code concernant la déontologie journalistique qui fut élaboré par l’ACDIRT – Association des journalistes électroniques. Plus de 720 stations de radio, de services de radio par satellite, de stations de télévision et de services de télévision spécialisée, d’un bout à l’autre du Canada, sont membres du Conseil.

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Toutes les décisions du CCNR, les codes, les liens vers les sites Web des membres et d'autres sites Web, ainsi que des renseignements pertinents sont affichés sur son site Web à www.ccnr.ca. Pour obtenir de plus amples renseignements, veuillez communiquer avec la présidente nationale du CCNR, Mme Andrée Noël, ou le directeur exécutif du CCNR, M. John MacNab.