Des mises en garde à l’auditoire sont nécessaires même dans le cas d’un niveau de violence prévisible, déclare le Conseil canadien des normes de la radiotélévision

Ottawa, le 16 avril 2004 – Le Conseil canadien des normes de la radiotélévision (CCNR) rendait publique aujourd’hui sa décision concernant la diffusion d’un épisode de Ultimate Fighting Challenge (UFC) par TSN le 26 mai 2003 à 20 h. Un téléspectateur s’est plaint que le contenu était trop violent pour l’heure à laquelle il a été présenté. Compte tenu de la nature de ce sport, ainsi que de la nature et du niveau de violence auxquels il fallait s’attendre, le Comité national des services spécialisés du CCNR n’a pas trouvé qu’il y avait eu violation des articles 3 (Horaires des émissions) et 10 (Violence dans les émissions sportives) du Code concernant la violence de l’Association canadienne des radiodiffuseurs (ACR). Cependant, le Comité a constaté que le télédiffuseur avait enfreint l’article 5 (Mises en garde à l’auditoire) dudit Code pour avoir omis de présenter ces mises en garde.. 

Dans l’émission, on présentait deux combattants sans aucun équipement de boxe qui se disputaient le championnat UFC dans la catégorie des arts martiaux mixtes. Ils s’échangeaient des coups à différentes parties du corps, tout particulièrement la tête et le visage. Leurs lèvres, leurs nez et leurs fronts saignants étaient montrés à l’écran. Après chaque round, on reprenait les scènes montrant les « stratégies de frappe ». Dans sa décision, le Comité fait remarquer que ce genre de combat diffère de la lutte, car il paraît, et il est fort probablement, davantage brutal et réaliste, mais il a également souligné que rien ne portait à croire que ce qui a été diffusé constituait de la violence qui dépasse les limites autorisées de ce sport. Il a donné l’explication suivante :

Bien que le combat physique dans un autre sport (comme le baseball, le football, le hockey ou le basket-ball, pour nommer certains exemples de sports professionnels populaires) puisse parfois excéder les limites autorisées par un de ces sports, c’est loin d’être le cas lorsque le combat constitue la nature même du sport. En principe, c’est notamment le cas de la boxe, de la lutte, du judo, du ju-jitsu et d’autres sports du genre. Cela ne signifie pas qu’il est possible de diffuser n’importe quel niveau de violence dans la présentation des sports pugilistiques sans fournir à l’auditoire les outils adoptés par l’industrie de la télédiffusion pour permettre aux téléspectateurs de choisir les émissions qu’ils regarderont en connaissance de cause. Nous soulignons toutefois que les icônes de   classification ne sont pas de rigueur puisque les émissions sportives sont dispensées de l’obligation  d’être classifiées. Cela ne signifie pas que l’affichage de ces icônes ne serait pas un geste positif servant à informer l’auditoire; cependant les télédiffuseurs ne sont pas tenus de fournir ce genre de renseignement. (trad.)

Le Comité a également expliqué que même si ces scènes de combat n’ont enfreint aucune disposition du Code, les télédiffuseurs sont toujours tenus de respecter les autres dispositions du Code et d’avertir les téléspectateurs quant à la possibilité de contenu inapproprié.

Par conséquent, lorsque la nature du sport présenté laisse prévoir un certain niveau de violence, on s’attendra à ce que les télédiffuseurs prennent les mêmes mesures en ce qui concerne ce niveau « prévisible » de violence que dans le cas de tous les autres genres de programmation. 

Étant donné les circonstances entourant la présente plainte, le Comité juge que le niveau de violence de ce sport ne convient pas aux enfants, le résultat étant qu’il ne doit pas être diffusé avant 21 h, bien qu’il ne soit pas exclusivement destiné aux adultes. Il s’ensuit que TSN aurait dû accompagner Ultimate Fighting Challenge des mises en garde à l’auditoire appropriées lorsqu’il a diffusé cette émission, afin d’avertir les téléspectateurs du contenu qui allait être présenté pour qu’ils puissent faire un choix éclairé quant à ce qu’ils regarderaient. Puisque TSN n’a pas diffusé ces mises en garde dans ce cas-ci, le Comité en vient à la conclusion que le télédiffuseur a enfreint le paragraphe 5.2 du Code concernant la violence. (trad.)

Les radiotélédiffuseurs privés canadiens ont arrêté des codes qui constituent les normes du secteur concernant l'emploi de stéréotypes sexuels, la présentation de violence et le traitement de questions à valeur morale, tels les droits de l'homme, sur les ondes, et ils s'attendent que leurs collègues les respectent. Ils se sont aussi dotés d'un organisme d'autoréglementation, le CCNR, qu'ils ont mandaté de veiller à l'administration de ces codes de responsabilité professionnelle. Le Conseil a par la suite été chargé de veiller également au respect du code de déontologie journalistique adopté par l'Association canadienne des directeurs de l'information radio-télévision (ACDIRT). Plus de 530 stations de radio et de télévision et services spécialisés, d'un bout à l'autre du Canada, sont membres du Conseil.

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Toutes les décisions du CCNR, les codes, les liens vers les sites Web des membres et d'autres sites Web, ainsi que des renseignements pertinents sont affichés sur son site Web à www.ccnr.ca. Pour obtenir de plus amples renseignements, veuillez communiquer avec la présidente nationale du CCNR, Mme Andrée Noël, ou le directeur exécutif du CCNR, M. John MacNab.