Même l’émission pour enfants, The Amanda Show, n’échappe pas à l’obligation d’afficher des icônes de classification, affirme le Conseil canadien des normes de la radiotélévision

Ottawa, le 6 août  2004 – Le Conseil canadien des normes de la radiotélévision (CCNR) rendait publique aujourd’hui sa décision concernant deux épisodes du Amanda Show diffusés à l’antenne du Family Channel. Un de ces épisodes a été diffusé en décembre 2003 et l’autre en janvier 2004.  Le Comité national des services spécialisés n’a pas trouvé que le contenu de l’émission enfreint un quelconque des codes, mais il a trouvé qu’en manquant à son devoir d’afficher des icônes de classification, ce service de télévision n’a pas respecté les normes codifiées des radiotélédiffuseurs privés.

Les préoccupations de la plaignante concernaient les séquences « Girls’ Room » des deux épisodes où l’on y voyait à son avis un des personnages, à savoir la vedette de l’émission, et son entourage user de tactiques d’intimidation. Elle était d’avis que cette scène « présentait un comportement peu sûr et susceptible de présenter un danger sur les plans émotif et physique » (traduction) et qu’il se pouvait que les enfants soient peut-être « tentés d’imiter ce comportement. » (traduction) Le Comité du CCNR était d’accord pour dire que de toute évidence le Amanda Show s’adresse aux enfants et qu’en ce qui concerne les émissions pour enfants, les sujets abordés par cette émission la placent dans la catégorie de 8 ans et plus, mais de moins de 12 ans. Par conséquent, le Comité en est venu à la conclusion que les dispositions sur les émissions pour enfants (article 2) du Code concernant la violence de l’Association canadienne des radiodiffuseurs (ACR) s’appliquaient au Amanda Show. Le Comité n’en est toutefois pas venu à la conclusion que les épisodes ont enfreint cet article du Code. Il a fait la déclaration suivante :

Le Comité établit une distinction entre la question de l’intimidation au sein de la société et ce qui a été montré dans le cadre de l’intrigue des deux épisodes visés du Amanda Show. De l’avis du Comité, il y avait, dans ces épisodes, un genre d’auto-dévalorisation blagueuse qui caractérisait les séquences relatives au tir de la chasse de la toilette. [… I]l n’y avait en effet aucune violence. Il n’y avait même pas de comportement agressif à proprement parler. […  Les personnages, eux non plus,] ne sont pas présentés de sorte à leur prêter une mesure quelconque d’approbation ou d’admiration. Autrement dit, il n’était aucunement suggéré qu’on devrait imiter leurs tactiques brusques ou même les considérer un exemple. […]

En fin de compte, le Comité ne met pas les deux épisodes du Amanda Show sur le même pied que la vilaine pratique sociale de l’intimidation, qui elle, a tendance à se traduire par un comportement agressif qui moque, amoindrit, dénigre, vilipende ou cause des dommages corporels à ses victimes. Le Comité ne voit pas dans ces épisodes un message qui laisse présager cette attitude à la fois dangereuse et antisociale. Cela ne revient pas à dire que les parents qui ont regardé ces épisodes avec leurs enfants n’y trouveraient pas des leçons ou des conseils utiles pour leurs petits. Nous tenons simplement à dire que nous avons examiné les règles établies par l’article sur les émissions pour enfants du Code concernant la violence et que nous ne constatons aucun problème en ce qui concerne ces diffusions. D’abord, elles ne renferment pas de violence réelle ou implicite. Ensuite, il n’y a pas, dans ces épisodes, de thèmes susceptibles d’ébranler le sentiment de sécurité des jeunes téléspectateurs, comme « les querelles domestiques, le décès de parents ou de proches, la mort d’un animal domestique ou les blessures qui peuvent lui être infligées, la délinquance urbaine, ou la consommation de drogues. » Et selon ce que prévoit un autre paragraphe de cette disposition du Code, iI n’y a pas non plus de thèmes qui invitent à l’imitation dangereuse. En tout et pour tout, le Comité ne trouve aucune infraction aux dispositions de l’article 2 du Code.

Le Comité estimait toutefois évident que le télédiffuseur était tenu d’afficher l’icône de classification   C8 au début de chaque épisode. En manquant à son devoir de le faire, le télédiffuseur n’a pas respecté les exigences stipulées par le système de classification du GAVT (Groupe d’action sur la violence à la télévision), lequel est ancré dans l’article 4 du Code concernant la violence de l’ACR.

Les radiotélédiffuseurs privés canadiens ont créé eux-mêmes les codes qui constituent les normes du secteur concernant la déontologie, l’emploi de stéréotypes sexuels et la présentation de violence à la télévision et ils s’attendent à ce qu’ils soient respectés par les membres de leur profession. En 1990, ils se sont aussi dotés d’un organisme d’autoréglementation, le CCNR, qu’ils ont mandaté pour veiller à l’administration de ces codes de responsabilité professionnelle. Le Conseil a par la suite été chargé de veiller également au respect du code d’éthique journalistique adopté en 1970 par l’Association canadienne des directeurs de l’information radio-télévision (ACDIRT). Plus de 530 stations de radio et de télévision et services spécialisés, d’un bout à l’autre du Canada, sont membres du Conseil.

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Toutes les décisions du CCNR, les codes, les liens vers les sites Web des membres et d'autres sites Web, ainsi que des renseignements pertinents sont affichés sur son site Web à www.ccnr.ca. Pour obtenir de plus amples renseignements, veuillez communiquer avec la présidente nationale du CCNR, Mme Andrée Noël, ou le directeur exécutif du CCNR, M. John MacNab.