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Des discussions à caractère sexuel explicites, du langage grossier et des commentaires abusifs ont enfreint le Code de déontologie, déclare le Conseil canadien des normes de la radiotélévision

Ottawa, le 13 mai 2008 – Le Conseil canadien des normes de la radiotélévision (CCNR) rendait publique aujourd’hui sa décision concernant six épisodes de l’ancienne tribune téléphonique, Doc Mailloux, qui ont été diffusés en octobre 2006 à l’antenne de CKAC de Montréal. Les animateurs et les interlocuteurs de cette émission (diffusée de 13 h à 16 h les jours de la semaine à l’époque) discutaient de sujets se rapportant à la psychologie, à la sociologie et à d’autres disciplines semblables.

Étant donné le caractère de cette émission et le fait qu’elle se centrait sur les relations humaines, des questions se rapportant à la sexualité faisaient souvent partie des conversations. Les interlocuteurs parlaient de leur vie sexuelle ou d’abus sexuels dont ils ont souffert dans le passé. L’animateur   Mailloux incitait souvent les interlocuteurs à en faire des descriptions très détaillées. Le Comité a jugé que ce contenu a enfreint l’alinéa 9 b) du Code de déontologie de l’Association canadienne des radiodiffuseurs (ACR), lequel interdit le dialogue sexuellement explicite à la radio aux moments de la journée où les enfants risquent d’être à l’écoute. Le Comité a précisé qu’il « s’agit du moment de la journée, et non du caractère sexuel de la discussion, qui est en cause.»

L’animateur a également souvent employé des mots qui sont communément considérés grossiers. Le Comité régional du Québec a trouvé tout particulièrement que l’emploi du « mot F » en anglais et de ses variantes francisées, ainsi que de jurons à caractère religieux en français, a violé l’alinéa 9 c) du Code de déontologie de l’ACR, lequel interdit la diffusion de langage du genre aux moments de la journée où les enfants risquent d’être à l’écoute.

Un troisième problème qui revenait dans les épisodes mis en cause concernait les commentaires de l’animateur à l’endroit des hommes et des femmes. Il a utilisé des termes abusifs et dénigrants pour qualifier les femmes et a fait des généralisations correspondantes, et ce de façon suivie; et il a, de plus, employé des termes dédaigneux et dénigrants à l’endroit de tout homme attentionné ou disposé à s’occuper d’enfants. Le Comité a jugé que l’effet cumulatif de ce genre de commentaires enfreint à la fois la disposition sur les droits de la personne du Code de déontologie de l’ACR et celle du Code de l’ACR concernant les stéréotypes sexuels interdisant les commentaires dénigrants fondés sur le sexe.

Le Doc Mailloux a également usé de propos abusifs à l’endroit de divers groupes raciaux ou ethniques, dont les Maghrébins, les Arabes, les Centraméricains, les Noirs d’Afrique, les Russes et les Japonais. Le Comité a déclaré que ces commentaires enfreignent clairement l’article 2 du Code de déontologie de l’ACR, lequel interdit des commentaires abusifs ou indûment discriminatoires fondés sur la race, la couleur, et l’origine nationale ou ethnique.

Le CCNR a reconnu que même si les infractions mentionnées ci-haut se sont répétées à maintes reprises dans le cas le l’émission Doc Mailloux, la société mère de CKAC, à savoir Corus Entertainment, avait mis en œuvre des mesures strictes pour éviter ce genre de problème à l’avenir et cette émission ne passait plus en ondes.

Les radiodiffuseurs privés canadiens ont créé eux-mêmes les codes qui constituent les normes du secteur concernant la déontologie, la représentation équitable, la présentation de violence à la télévision et l’indépendance journalistique, et ils s’attendent à ce qu’ils soient respectés par les membres de leur profession. En 1990, ils se sont dotés d’un organisme d’autoréglementation, le CCNR, qu’ils ont mandaté de veiller à l’administration de ces codes de responsabilité professionnelle, ainsi que du code concernant la déontologie journalistique qui fut élaboré par l’ACDIRT – Association des journalistes électroniques. Plus de 630 stations de radio, de services de radio par satellite, de stations de télévision et de services de télévision spécialisée, d’un bout à l’autre du Canada, sont membres du Conseil.

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Toutes les décisions du CCNR, les codes, les liens vers les sites Web des membres et d'autres sites Web, ainsi que des renseignements pertinents sont affichés sur son site Web à www.ccnr.ca. Pour obtenir de plus amples renseignements, veuillez communiquer avec la présidente nationale du CCNR, Mme Andrée Noël, ou le directeur exécutif du CCNR, M. John MacNab.