Le « mot F » en anglais ne doit pas être diffusé avant 21 h, déclare le Conseil canadien des normes de la radiotélévision

Ottawa, le 4 octobre 2007 – Le Conseil canadien des normes de la radiotélévision (CCNR) rendait publique aujourd’hui sa décision concernant une entrevue diffusée à la fin de la couverture assurée par TSN de l’édition 2007 du Championnat mondial du hockey junior de la LIHG. Dans une séquence diffusée à 16 h 52, heure de l’Atlantique (15 h 52 heure normale de l’Est), un joueur d’Équipe Canada s’est servi du « mot F » en anglais. Le Comité national des services spécialisés du CCNR a conclu que l’émission a enfreint l’article 10 du Code de déontologie de l’Association canadienne des radiodiffuseurs (ACR). 

L’après-midi du 5 janvier 2007, TSN a diffusé la partie finale du Championnat mondial du hockey junior en direct de la Suède. L’équipe canadienne a remporté cette partie 4 à 2 contre la Russie, se méritant ainsi la médaille d’or. Dès la partie terminée, un journaliste de TSN est descendu sur la glace où l’équipe célébrait pour interviewer un des joueurs canadiens. Pendant l’entrevue, ce joueur, s’exprimant en anglais, a déclaré, [traduction] « nous avons fait un f**king de bon travail ». 

Le CCNR a reçu une plainte de la part d’un téléspectateur qui se préoccupait du fait qu’on a inclu le « mot F » en anglais dans cette émission diffusée pendant la journée, étant donné que de nombreux jeunes seraient à l’écoute. Le réseau TSN a expliqué que même s’il ne tolère pas ce genre de langage, il lui a été impossible de prévoir ou de couper cette remarque puisque la partie a été diffusée en direct et non en différé. Lorsque le réseau a rediffusé la partie plus tard le même soir, toute l’entrevue avait été coupée de l’émission. 

Le Comité national des services spécialisés a étudié la plainte à la lumière de l’article 10 du Code de déontologie de l’ACR, lequel interdit la diffusion de langage extrêmement grossier autre que pendant la plage des heures tardives, soit la période comprise entre 21 h et 6 h. Un nombre majoritaire des membres du Comité en est venu à la conclusion que l’émission a enfreint cette disposition du Code. Citant des décisions précédentes du CCNR dans lesquelles des comités du CCNR ont statué de façon semblable au sujet de la programmation en direct, le Comité a fait les observations suivantes : 

D’une part, la réaction de la vedette du hockey junior canadien […] était probablement authentique, spontanée et non préméditée […]. D’autre part, le « mot F » en anglais n’est guère méconnu dans le sport du hockey. […] Dans une entrevue, il pourrait être plus probable qu’un mot grossier sorte de la bouche d’un joueur junior excité, pour qui traiter avec les médias n’est pas une chose commune, que de celle d’un professionnel chevronné. Quoi qu’il en soit, les jeunes médaillés d’or sont, en bout de ligne, des modèles de comportement pour leurs jeunes téléspectateurs, et les radiodiffuseurs doivent simplement trouver un moyen d’éviter l’emploi de langage grossier du genre pendant la période où l’auditoire en est à l’abri. Le mode différé est une solution, mais les radiodiffuseurs pourraient également aider en rappelant, avant de passer sur les ondes, aux gens inexpérimentés qu’ils vont interviewer qu’ils doivent se garder d’emprunter des expressions du genre. Rien ne porte à croire qu’ils ne se conformeraient pas à cette pratique. Bien entendu, il revient au radiodiffuseur de trouver la solution. S’il n’adopte aucune solution, surtout dans des circonstances où l’on peut s’attendre à du langage grossier, que celui-ci soit conscient ou non, il en résultera une violation de l’article 10 du Code de déontologie de l’ACR. 

Un nombre minoritaire des membres du comité décideur a exprimé une opinion dissidente. Ils ont noté que le mot « F » en anglais n’a été proféré qu’une seule fois dans le contexte d’un événement de sport en direct. Ils ont conclu « qu’on doit peser […] le coût léger d’un seul juron passager contre l’avantage d’avoir des émissions de sport ou de nouvelles qui revêtent un caractère naturel, spontané et sans contraintes. Ils craignent que les contraintes qui découleront de la position prise par la majorité dans l’affaire à l’étude jettera un froid sur la radiodiffusion en direct. » 

Les radiodiffuseurs privés canadiens ont créé eux-mêmes les codes qui constituent les normes du secteur concernant la déontologie et l’emploi de stéréotypes sexuels ainsi que la présentation de violence à la télévision et ils s’attendent à ce qu’ils soient respectés par les membres de leur profession. En 1990, ils se sont aussi dotés d’un organisme d’autoréglementation, le CCNR, qu’ils ont mandaté de veiller à l’administration de ces codes de responsabilité professionnelle. Le Conseil a par la suite été chargé de veiller également au respect du Code de déontologie (journalistique) adopté en 1970 par l’Association canadienne des directeurs de l’information radio-télévision (ACDIRT). Plus de 600 stations de radio d’intérêt général, de services de radio par satellite, de stations de télévision et de services de télévision spécialisée, d’un bout à l’autre du Canada, sont membres du Conseil.

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Toutes les décisions du CCNR, les codes, les liens vers les sites Web des membres et d'autres sites Web, ainsi que des renseignements pertinents sont affichés sur son site Web à www.ccnr.ca. Pour obtenir de plus amples renseignements, veuillez communiquer avec la présidente nationale du CCNR, Mme Andrée Noël, ou le directeur exécutif du CCNR, M. John MacNab.