L’inclusion incomplète d’outils destinés aux téléspectateurs et prévus par les codes est un manquement aux normes de radiotélévision, déclare le Conseil canadien des normes de la radiotélévision

Ottawa, le 8 mars, 2005 – Le Conseil canadien des normes de la radiotélévision (CCNR) rendait publique aujourd’hui trois décisions concernant la diffusion par TQS de plusieurs long-métrages dans le cadre de sa série Bleu Nuit, et de trois épisodes de Kama Sutra. Ces émissions, de nature érotique, ont été diffusées à compter de 23 h 30, 23 h 45 et minuit, aux dates précisées dans les décisions afférentes. Elles étaient toutes accompagnées d’un avis aux téléspectateurs diffusé en début d’émission : « Avertissement : Cette émission comporte des scènes d’érotisme et de nudité s’adressant à un auditoire adulte et averti ». Cet avis n’a pas été rediffusé après chaque pause publicitaire. Or chaque émission présentait l’icône de classification « 18+ érotisme » pendant 5 à 8 secondes en début d’émission et après chaque pause commerciale.

En général, les plaintes déposées au sujet de ces télédiffusions dénonçaient le fait que les long-métrages ou épisodes étaient indûment explicites et offensants sur le plan sexuel. Le Comité régional du Québec n’est pas de cet avis. Bien que les membres du Comité reconnaissent que les long-métrages remis en cause étaient sexuellement explicites, ils ne renferment pas de scènes d’exploitation ou de dénigrement. Il est également d’avis que ces épisodes ne véhiculent pas le message que leur prête la plaignante, à savoir que « toutes les femmes ont des intentions lesbiennes [ou] qu’elles sont toutes nymphomanes » [c’est nous qui soulignons] En fait, les hommes et les femmes prennent part à la plupart des activités sexuelles qui y sont montrées et ni l’un ou l’autre sexe est abaissé par rapport à l’autre. Il n’y a par conséquent aucune violation de l’article 4 du Code de l’ACR concernant les stéréotypes sexuels.

Cependant, le Comité a trouvé que le télédiffuseur avait manqué à sa responsabilité d’afficher l’icône de classification pour la durée de temps requise.

Les radiotélédiffuseurs privés du Canada ont pris diverses mesures en vue de donner à leurs téléspectateurs le moyen de choisir ce qu’ils regarderont en connaissance de cause. Un de ces moyens consiste à présenter une icône de classification à l’écran au début de l’émission ainsi qu’au début de chaque heure suivante de cette émission. L’icône présentée doit être celle qui convient et doit demeurer à l’écran pendant au moins 15 secondes chaque fois que le télédiffuseur est tenu de la présenter. Dans le cas de Mission de charme la classification « 18+ » était celle qui s’imposait, mais bien que TQS l’ait affichée au début de l’émission et après chaque pause publicitaire, ce qu’il n’était d’ailleurs pas tenu de faire, il ne l’a présentée que pendant sept à huit secondes au début de l’émission et puis au début de la deuxième heure. C’est la raison pour laquelle le télédiffuseur n’a pas respecté une des exigences techniques de l’article 4 du Code de l’ACR concernant la violence.

Puisque la mise en garde à l’auditoire n’a pas été montrée après chaque pause commerciale, le Comité a trouvé qu’il y avait encore eu manquement aux normes.

La mise en garde à l’auditoire constitue un autre moyen que les télédiffuseurs fournissent à leurs téléspectateurs pour leur prêter main-forte. La mise en garde contient davantage de détails quant au contenu de l’émission. On doit la présenter au début d’une émission et après chaque pause publicitaire pendant la première heure de toutes les émissions destinées exclusivement aux adultes. Dans le cas qui nous occupe, la mise en garde n’a pas été diffusée après les pauses publicitaires, ce qui constitue une infraction au paragraphe 10 b) et à l’article 11 du Code de déontologie de l’ACR.

Les radiotélédiffuseurs privés canadiens ont arrêté des codes qui constituent les normes du secteur concernant l'emploi de stéréotypes sexuels, la présentation de violence et le traitement de questions à valeur morale, tels les droits de l'homme, sur les ondes, et ils s'attendent que leurs collègues les respectent. Ils se sont aussi dotés d'un organisme d'autoréglementation, le CCNR, qu'ils ont mandaté de veiller à l'administration de ces codes de responsabilité professionnelle. Le Conseil a par la suite été chargé de veiller également au respect du code de déontologie journalistique adopté par l'Association canadienne des directeurs de l'information radio-télévision (ACDIRT). Plus de 550 stations de radio et de télévision et services spécialisés, d'un bout à l'autre du Canada, sont membres du Conseil.

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Toutes les décisions du CCNR, les codes, les liens vers les sites Web des membres et d'autres sites Web, ainsi que des renseignements pertinents sont affichés sur son site Web à www.ccnr.ca. Pour obtenir de plus amples renseignements, veuillez communiquer avec la présidente nationale du CCNR, Mme Andrée Noël, ou le directeur exécutif du CCNR, M. John MacNab.