La violence explicite et le langage très grossier ne peuvent être diffusés qu’après 21 h, déclare le Conseil canadien des normes de la radiotélévision

Ottawa, le 2 juin 2010 – Le Conseil canadien des normes de la radiotélévision (CCNR) rendait publiques aujourd’hui deux décisions concernant des émissions diffusées sur les ondes de la station de télévision québécoise V (à l’époque où elle portait encore le nom TQS).

La première décision se rapporte à la diffusion, à 20 h, de deux épisodes de Les experts : Manhattan, soit la version doublée en français de la série de dramatiques policières CSI: New York. Le CCNR a conclu qu’étant donné que les épisodes contenaient des scènes de violence explicite, ils auraient dû passer à l’écran après l’heure critique de 21 h, s’accompagner de mises en garde à l’auditoire et porter la classification 16+.

Dans la deuxième décision, il s’agit de la diffusion, à 20 h 30, de l’émission de téléréalité Scrap Metal, laquelle suit les efforts de l’animateur et de ses collègues en vue de restaurer des vieux véhicules. Le CCNR a conclu que cet épisode contenait du langage extrêmement grossier dont la diffusion n’aurait dû se faire qu’après 21 h, et aussi que cette émission devait s’accompagner de mises en garde à l’auditoire et d’une classification.

Une femme poignardée dans l’estomac avec un crochet acéré, un homme frappé dans la bouche avec le canon d’une carabine et une femme poussée sur le boyau d’un réservoir d’azote liquide de sorte que le boyau lui pénètre la poitrine et la tue sont tous des exemples de scènes montrées dans les deux épisodes de Les experts : Manhattan. Il y avait également des gros plans de cadavres et de plaies pendant que les enquêteurs examinaient ces cadavres et effectuaient les autopsies. Un téléspectateur s’est plaint que la classification de Les experts était 13+ la saison précédente, mais que TQS l’avait baissée à 8+ alors que le contenu à caractère violent était le même.

Le Comité régional du Québec du CCNR était d’accord et a décidé que les scènes violentes de l’émission contenaient « des détails précis, explicites, réalistes et des plus vifs », ce qui signifie qu’elles sont destinées exclusivement à un auditoire adulte. Il a donc relégué l’émission à un créneau horaire après 21 h, tel qu’exigé par le paragraphe 3.1.1 du Code concernant la violence de l’Association canadienne des radiodiffuseurs (ACR). De plus, l’émission a enfreint l’article 5 du Code concernant la violence puisqu’elle ne s’accompagnait pas de mises en garde à l’auditoire. Le Comité a également déclaré qu’étant donné que la classification appropriée aurait dû être 16+ et non pas celle de 8+ attribuée par TQS, le télédiffuseur a violé l’article 4 du Code concernant la violence.

Dans Scrap Metal, il y avait de nombreuses occasions auxquelles du langage grossier en anglais et en français comme le « mot f », « tabarnac’ », « chrisse » et « calice » est utilisé. S’appuyant sur des décisions antérieures du CCNR, le Comité a conclu que ces mots constituaient du langage uniquement à l’intention des auditoires adultes et a jugé que TQS a enfreint l’article 10 du Code de déontologie de l’ACR pour avoir mis l’épisode à l’horaire avant 21 h. Le Comité a conclu que l’absence d’une mise en garde à l’auditoire après chaque pause publicitaire (bien qu’il y en avait une au tout début) a violé l’article 11 de ce Code. Il a également jugé que le télédiffuseur aurait dû afficher une icône de classification au début de l’émission et que 16+ aurait été la classification appropriée.

Outre le langage grossier, le manque de mises en garde à l’auditoire et la classification inappropriée, le plaignant a également dit que l’émission affichait une attitude irrespectueuse envers les femmes. Les réparateurs de voitures qui ont assisté à la rencontre Supercross ont guigné les femmes qui travaillaient à cette rencontre ou qui étaient parmi les spectateurs. À la vue d’une femme attrayante, l’animateur a fait le commentaire suivant en anglais : « smells like sweet pussy. » Le Comité a constaté « le comportement peu raffiné et le mauvais goût de [l’animateur] et des motards ». Le Comité a également déclaré qu’il « ne trouve rien qui puisse les racheter dans cet aspect de l’émission ». Il n’a cependant pas conclu que ce comportement avait atteint le « point de déclencher une infraction aux dispositions sur le contenu dégradant ou l’exploitation des articles 7 et 8 du Code de l’ACR sur la représentation équitable. »

Les radiodiffuseurs privés canadiens ont créé eux-mêmes les codes qui constituent les normes du secteur concernant la déontologie, la représentation équitable, la présentation de violence à la télévision et l’indépendance journalistique, et ils s’attendent à ce qu’ils soient respectés par les membres de leur profession. En 1990, ils se sont dotés d’un organisme d’autoréglementation, le CCNR, qu’ils ont mandaté de veiller à l’administration de ces codes de responsabilité professionnelle, et des codes visant les services de télévision payante, ainsi que du code concernant la déontologie journalistique qui fut élaboré par l’ACDIRT – Association des journalistes électroniques en 1970. Plus de 735 stations de radio, services de radio par satellite, stations de télévision et services de télévision spécialisée, d’un bout à l’autre du Canada, sont membres du Conseil.

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Toutes les décisions du CCNR, les codes, les liens vers les sites Web des membres et d'autres sites Web, ainsi que des renseignements pertinents sont affichés sur son site Web à www.ccnr.ca. Pour obtenir de plus amples renseignements, veuillez communiquer avec la présidente nationale du CCNR, Mme Andrée Noël, ou le directeur exécutif du CCNR, M. John MacNab.