Le langage grossier d’un animateur dans le cadre d’une entrevue est inapproprié, déclare le Conseil canadien des normes de la radiotélévision

Ottawa, le 14 avril, 2005 – Le Conseil canadien des normes de la radiotélévision (CCNR) rendait publique aujourd’hui sa décision concernant une entrevue diffusée par la station de radio CJRC-AM de Gatineau dans le cadre de son émission L’Outaouais ce matin. Le Comité régional du Québec du CCNR a statué que l’emploi agressif, par l’animateur, d’une expression à l’endroit de la personne qu’il interviewait constituait une violation du Code de déontologie de l’Association canadienne des radiodiffuseurs (ACR).

Le 10 août 2004, l’animateur de l’émission L’Outaouais ce matin, Daniel Séguin, a interviewé Patrice Demers, président de Genex Communications. Au moment de la diffusion de cet entretien, Genex Communications était la propriétaire d’une station de radio autorisée à Québec qui avait fait les manchettes lorsque le Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC) a refusé de renouveler sa licence pour des motifs connus du public qui résultaient du fait qu’elle diffusait régulièrement du contenu offensant, abusif ou discriminatoire. Le 10 août, cette station de radio-là tenait un gros rassemblement sur la Colline du Parlement pour s’élever contre la décision du CRTC. M. Demers a participé à l’émission de M. Séguin pour discuter de cette question. La discussion au sujet de la décision du CRTC, de la manifestation et de la liberté d’expression est devenue de plus en plus acharnée jusqu’au point où M. Séguin a « envoyé chier » M. Demers à deux reprises.

Le CCNR a été saisi de plaintes au sujet du langage grossier et du comportement de l’animateur pendant la diffusion de l’émission. Le Comité régional du Québec a noté que M. Séguin a complètement le droit d’avoir une opinion bien ferme sur le sujet, mais qu’il a franchi la limite quand il a prononcé des propos grossiers à l’endroit de la personne qu’il interviewait. Le Comité était d’avis que

la majeure partie du dialogue entre Daniel Séguin et Patrice Demers constituait un échange substantiel et valable de points de vue sur les questions au programme […]. Il est évident que pendant cette rencontre Daniel Séguin s’en tirait très bien et avait pris le dessus. C’est tout particulièrement pour cette raison que le Comité régional du Québec ne comprend pas pourquoi l’animateur est descendu d’un niveau relativement élevé à celui de l’attaque personnelle […]. Ce n’est seulement et uniquement qu’à ce point dans tout le dialogue, que le Comité marque son désaccord avec l’émission diffusée ce matin-là. De l’avis du Comité, l’emploi [de l’expression « envoyer chier »] constituait des moyens disproportionnés, et il s’agissait, du point de vue des obligations déontologiques du radiodiffuseur, de langage indûment grossier et injurieux d’une part, et d’un geste déplacé d’autre part. Le Comité comprend tout à fait que Daniel Séguin ait voulu faire goûter à Patrice Demers le style de sa propre station, toutefois ce Comité n’a pas jugé que du langage semblable était acceptable dans [une décision précédente concernant CHOI-FM en tant que radiodiffuseur] et il ne le trouve pas plus acceptable dans ce cas-ci. Il considère que le langage grossier et injurieux cité dans ce paragraphe constitue une violation de l’article 9 du Code de déontologie de l’ACR. Il considère également que l’emploi de langage si agressif pour insulter son invité était déplacé et enfreint l’article 6 dudit Code.

Les radiotélédiffuseurs privés canadiens ont créé eux-mêmes les codes qui constituent les normes du secteur concernant la déontologie, l’emploi de stéréotypes sexuels et la présentation de violence à la télévision et ils s’attendent à ce qu’ils soient respectés par les membres de leur profession. En 1990, ils se sont aussi dotés d’un organisme d’autoréglementation, le CCNR, qu’ils ont mandaté de veiller à l’administration de ces codes de responsabilité professionnelle. Le Conseil a par la suite été chargé de veiller également au respect du code d’éthique journalistique adopté en 1970 par l’Association canadienne des directeurs de l’information radio-télévision (ACDIRT). Plus de 550 stations de radio et de télévision et services spécialisés, d’un bout à l’autre du Canada, sont membres du Conseil.

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Toutes les décisions du CCNR, les codes, les liens vers les sites Web des membres et d'autres sites Web, ainsi que des renseignements pertinents sont affichés sur son site Web à www.ccnr.ca. Pour obtenir de plus amples renseignements, veuillez communiquer avec la présidente nationale du CCNR, Mme Andrée Noël, ou le directeur exécutif du CCNR, M. John MacNab.