Bien que regrettable, une insulte fondée sur une maladie mentale ne constitue pas une infraction, déclare le Conseil canadien des normes de la radiotélévision

Ottawa, le 2 juin 2003 — Le Conseil canadien des normes de la radiotélévision (CCNR) rendait publique aujourd'hui sa décision concernant des réflexions faites dans le cadre de commentaires sportifs diffusés à l'antenne de CHNL-AM (Radio NL de Kamloops en Colombie-Britannique). Le commentateur de sport s'est servi du terme « schizophrène » pour insulter un ancien joueur de hockey qui est maintenant un directeur gérant de la LNH. Le Comité régional de la Colombie-Britannique du CCNR a exprimé ses préoccupations quant au fait que ce mot avait fait partie des commentaires, mais en est venu à la conclusion que la réflexion était ni abusive, ni indûment discriminatoire à l'endroit des personnes atteintes de cette maladie.

Le 19 septembre 2002, le commentateur de sport à la radio, Neil Macrae, communiquait son opinion sur des commentaires faits récemment par le directeur gérant de l'équipe de Philadelphie, Bobby Clarke. Il a lancé plusieurs insultes à M. Clarke, dont la suivante : « Clarke se comporte comme un schizophrène paranoïde complètement déboussolé. » (traduction) Un auditeur s'est plaint qu'on ne devrait pas utiliser le mot « schizophrène » pour insulter quelqu'un avec qui on n'est pas d'accord, puisque ce mot a une définition médicale très précise. Le plaignant s'inquiétait du fait que l'utilisation du mot de cette façon dénigrante mène à de la discrimination à l'endroit des gens qui souffrent effectivement d'une maladie mentale.

Le Comité régional de la C.-B. a appliqué la disposition sur les droits de la personne du Code de déontologie de l'Association canadienne des radiodiffuseurs (ACR), laquelle stipule que les radiotélédiffuseurs ne doivent pas diffuser des commentaires indûment discriminatoires fondés, entre autres, sur le handicap mental. Nonobstant cette disposition, le Comité a déclaré que M. Macrae avait le droit d'exprimer son désaccord avec M. Clarke, même en utilisant des expressions insultantes.

Le Comité régional a cependant fait remarquer que « le commentaire aurait sans doute eu autant de force et d'efficacité sans l'ajout du terme problématique, à savoir “schizophrène” » . Il a déclaré qu'il s'inquiète que « ce mauvais emploi du terme risque de contribuer à la désensibilisation du public envers cette maladie d'une part, et de gêner et même possiblement apporter un sentiment de honte aux personnes atteintes, d'autre part. » Il a toutefois fini par conclure que le mot « n'a pas attribué de caractéristiques négatives au groupe handicapé. » Au contraire. « Le commentateur de sport n'a pas ciblé ce groupe. Il a attribué, à une personne qui ne fait pas partie de ce groupe, certaines des caractéristiques de l'incapacité dont souffre le groupe même. » Le Comité a reconnu que le mot « sert malheureusement aujourd'hui comme insulte familière dont la signification est l'équivalent de […] “taré” et d'autres caractérisations, substantifs et adjectifs dénigrants », qui n'atteignent pas le niveau du commentaire abusif aux termes de la disposition sur les droits de la personne du Code de déontologie de l'ACR. Le Comité a toutefois terminé en exprimant l'espoir que « la sensibilité et le bon goût l'emporteront sur la négligence, évitant ainsi la répétition de ce terme à l'avenir. »

Les radiotélédiffuseurs privés canadiens ont arrêté des codes qui constituent les normes du secteur concernant l'emploi de stéréotypes sexuels, la présentation de violence et le traitement de questions à valeur morale, tels les droits de l'homme, sur les ondes, et ils s'attendent que leurs collègues les respectent. Ils se sont aussi dotés d'un organisme d'autoréglementation, le CCNR, qu'ils ont mandaté de veiller à l'administration de ces codes de responsabilité professionnelle. Le Conseil a par la suite été chargé de veiller également au respect du code de déontologie journalistique adopté par l'Association canadienne des directeurs de l'information radio-télévision (ACDIRT). Plus de 530 stations de radio et de télévision et services spécialisés, d'un bout à l'autre du Canada, sont membres du Conseil.

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Toutes les décisions du CCNR, les codes, les liens vers les sites Web des membres et d'autres sites Web, ainsi que des renseignements pertinents sont affichés sur son site Web à www.ccnr.ca. Pour obtenir de plus amples renseignements, veuillez communiquer avec la présidente nationale du CCNR, Mme Andrée Noël, ou le directeur exécutif du CCNR, M. John MacNab.