L’emploi insultant du « mot F » sur les ondes va à l’encontre des normes de la radiodiffusion, déclare le Conseil canadien des normes de la radiotélévision

Ottawa, le 9 septembre 2008 – Le Conseil canadien des normes de la radiotélévision (CCNR) rendait publique aujourd’hui sa décision concernant une séquence de l’émission Le journal du midi avec Gilles Proulx, laquelle a été diffusée à l’antenne de CHMP-FM (98,5fm de Montréal) le 2 octobre 2007. Lors d’une entrevue diffusée en début d’après-midi avec le directeur général adjoint du Service de sécurité incendie de Montréal, M. Proulx a employé, à maintes reprises, l’épithète anglaise « F**k you », commentaire qu’il a fait à l’endroit des pompiers de Montréal. Le CCNR a conclu que l’utilisation du « mot F » dans une émission qui passe pendant la journée et le commentaire insultant à l’endroit d’un groupe ont enfreint le Code de déontologie de l’Association canadienne des radiodiffuseurs (ACR).

À l’époque de cette entrevue, il y avait un conflit de travail entre les pompiers de Montréal et la Ville. Pour manifester leur protestation, les pompiers auraient saboté certaines casernes de pompiers de sorte que leurs supérieurs ne puissent pas entrer dans les immeubles. M. Proulx a présenté l’argument selon lequel d’autres professions sont autant dangereuses et a déclaré qu’il n’appuyait pas les gestes posés par les pompiers puisque les contribuables seraient obligés de payer les dommages qu’ils ont causés. Dans son entretien, M. Proulx a ciblé les pompiers du « mot F ».

Le CCNR a été saisi d’une plainte d’un pompier qui se sentait offensé par ces commentaires. Le Comité régional du Québec du CCNR a conclu que M. Proulx avait entièrement le droit d’exprimer son opposition à la position prise par les pompiers dans le cadre du conflit de travail, mais qu’il était allé trop loin en faisant des pompiers la cible de ses insultes personnelles fondées sur du langage grossier. Le CCNR en est également venu à la conclusion que l’emploi du « mot F » pendant les heures de la journée viole le Code. Le Comité a exprimé ses conclusions comme suit :

 

Le Comité établit une distinction nette entre les propos se rapportant aux questions relatives aux politiques, même ceux qui touchent aux individus ou aux groupes, et ceux qui sont faits à l’endroit des individus ou des groupes de manière personnellement insultante. Ainsi, le Comité accepte la corroboration rude, et possiblement inélégante, de la position de l’animateur selon laquelle « il faut refaire le syndicalisme. » Elle représente une position qu’il a le droit d’adopter même si ses observations au sujet des membres du syndicat des pompiers allaient hors de la limite. […] La question n’est pas celle de savoir si l’animateur avait tort ou raison. Il avait une opinion sur la façon dont fonctionnent les syndiqués lors d’un conflit entre les travailleurs et la direction, conflit pour lequel, dit-il, le public paie régulièrement. Le Comité appuie son droit d’exprimer ces points de vue, mais il ne considère pas qu’il s’agisse d’un droit sans limite.

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