Un reportage comportant une entrevue avec le jeune fils d’un accusé enfreint les normes journalistiques, déclare le Conseil canadien des normes de la radiotélévision

Ottawa, le 6 juillet 2005 – Le Conseil canadien des normes de la radiotélévision (CCNR) rendait publique aujourd’hui sa décision concernant un reportage diffusé à l’antenne de l’émission d’actualités de CITY-TV, CityPulse at Six. Dans ce reportage au sujet d’un homme accusé de possession de pornographie juvénile et d’autres crimes sexuels, on a identifié l’accusé et sa résidence. Le reportage consistait également en une entrevue avec le jeune fils de l’homme accusé. Le Comité régional de l’Ontario du CCNR en est venu à la conclusion que ce reportage de nouvelles enfreint les dispositions du Code de déontologie (journalistique) de l’Association canadienne des directeurs de l’information radio-télévision (ACDIRT) pour avoir été une atteinte à la vie privée du garçon et s’être montré insensible envers les enfants. 

Le reportage dont il est question a révélé qu’un homme de Toronto avait été accusé de plusieurs agressions sexuelles contre des enfants, ainsi que de possession et de production de pornographie juvénile. On y indiquait également le nom de l’accusé, sa photo et son adresse municipale. Un journaliste de CityPulse y était montré à l’intérieur et à l’extérieur de l’immeuble appartement où habite cet homme. Et, il y avait aussi une séquence pendant laquelle on voyait le journaliste qui parlait à quelqu’un dans l’entrée de porte d’un des appartements. Même si le visage de la personne était masqué électroniquement, sa voix était comme celle d’un jeune garçon. Le journaliste a montré une photo de l’accusé au garçon et ce dernier a déclaré que l’homme était son père et qu’on l’avait mis en prison. 

Le CCNR a reçu une plainte d’un téléspectateur qui se préoccupait de la façon dont on avait traité le fils de l’accusé dans le cadre du reportage. Le plaignant était d’avis qu’il était contraire à l’éthique d’interviewer un enfant vulnérable sans la permission des parents. Dans ses réponses au plaignant, CITY-TV a reconnu qu’elle n’aurait pas dû passer cette séquence. Le Comité de l’Ontario a également convenu que le reportage enfreint le Code de déontologie (journalistique) de l’ACDIRT. Il a noté que le reportage contenait suffisamment de renseignements pour qu’il soit possible d’identifier le garçon et que cela « constituait une atteinte injustifiée à la vie privée, contrairement aux dispositions de l’article 4 du [Code]. De plus, cela n’a en fait ajouté  aucun renseignement qui était dans l’intérêt du public. » Le Comité a également souligné « qu’on doit s’en tenir encore plus strictement aux règles dans le cas de jeunes enfants », surtout étant donné que l’article 8 du Code exige que les radiotélédiffuseurs fassent « particulièrement attention d’user de sensibilité dans leurs échanges avec les enfants. » Le Comité a déclaré ce qui suit sur cette question : 

Ils [les jeunes enfants] sont vulnérables et lorsque, comme c’est le cas ici, ils n’apportent aucun renseignement utile au reportage, il n’y a simplement aucune raison de les y inclure. […] Ceux qui se préoccupaient de l’identité de l’accusé savaient déjà son nom, de quoi il a l’air, comment il gagnait sa vie et où il habitait. Il était davantage déchirant qu’utile d’entendre ce jeune garçon dire que son père avait été « mis en prison ». Le Comité trouve que le télédiffuseur n’a pas fait « particulièrement attention d’user de sensibilité dans [ses] échanges avec les enfants » comme l’exige le Code.

Les radiotélédiffuseurs privés canadiens ont créé eux-mêmes les codes qui constituent les normes du secteur concernant la déontologie, l’emploi de stéréotypes sexuels et la présentation de violence à la télévision et ils s’attendent à ce qu’ils soient respectés par les membres de leur profession. En 1990, ils se sont aussi dotés d’un organisme d’autoréglementation, le CCNR, qu’ils ont mandaté de veiller à l’administration de ces codes de responsabilité professionnelle. Le Conseil a par la suite été chargé de veiller également au respect du code d’éthique journalistique adopté en 1970 par l’Association canadienne des directeurs de l’information radio-télévision (ACDIRT). Plus de 550 stations de radio et de télévision et services spécialisés, d’un bout à l’autre du Canada, sont membres du Conseil.

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Toutes les décisions du CCNR, les codes, les liens vers les sites Web des membres et d'autres sites Web, ainsi que des renseignements pertinents sont affichés sur son site Web à www.ccnr.ca. Pour obtenir de plus amples renseignements, veuillez communiquer avec la présidente nationale du CCNR, Mme Andrée Noël, ou le directeur exécutif du CCNR, M. John MacNab.