Juin 1998

Ottawa, le 25 juin 1998 — Le Conseil canadien des normes de la radiotélévision (CCNR) a publié aujourd'hui sa décision concernant un épisode de Seinfeld diffusé sur CIII-TV (Global Television Network) le 19 décembre 1996. L'épisode en question contenait un passage dans lequel Elaine, un des personnages réguliers de Seinfeld, rencontre un homme qui a été poignardé par une ex-amie. Elle décide de continuer de rencontrer cet homme malgré les conseils amicaux lui suggérant de ne pas le faire, trouvant excitant de rencontrer un homme qui «mérite de se faire poignarder» («stabworthy» en anglais). Le passage se termine par une allusion à Elaine agressant cet homme dans un restaurant. Un téléspectateur s'est plaint que cette violence faite aux hommes était «prise à la légère» et que, si les sexes étaient inversés, la réaction publique à l'épisode aurait été différente. Le plaignant ajoute: «Global a présenté des annonces sur la violence familiale, présentant les victimes comme étant toujours des femmes et les auteurs de la violence toujours des hommes. Je m'oppose à la double norme sexiste pour la violence dans les relations». Le Conseil régional de l'Ontario s'est dit en désaccord:

Cet épisode particulier de Seinfeld devrait être considéré par le plaignant comme aidant à redresser le déséquilibre allégué découlant des messages d'intérêt public de Global dépeignant les hommes comme les principaux auteurs de la violence dans les relations. À toute éventualité, on pourrait même soutenir que l'épisode présentait son propre «équilibre» interne dans le traitement des hommes et des femmes, puisque aussi bien les hommes que les femmes ont été exposés au ridicule au cours de l'épisode.

Le Conseil régional de l'Ontario n'a pas conclu que l'épisode enfreignait le Code de déontologie ou le Code concernant la violence à la télévision des radiodiffuseurs. Selon le Conseil, le scénario était basé sur un «événement presque ridicule» qui traite la situation comme une affaire dont on peut rire, et non sur la violence réelle alléguée. Le Conseil note également «qu'en abordant les attaques au poignard comme des événements passés que l'épisode ne montre pas et ne présentant pas un danger de mort, les auteurs ont évité clairement d'idéaliser de telles actions».

Dans sa décision, le Conseil note également que la réponse du radiodiffuseur au plaignant a été «à la limite de ne pas respecter l'obligation de fournir une réponse complète et juste aux questions soulevées par le plaignant». Le Conseil ajoute que:

La réponse de la station devrait refléter son propre examen de l'émission contestée à la lumière des préoccupations du plaignant et expliquer d'une manière claire et directe pourquoi l'émission n'enfreint aucun des codes et aucune des normes de l'industrie que la station a accepté de respecter. À tout le moins, elle doit être sensible aux préoccupations du plaignant.

Le CCNR est l'organisme d'auto-réglementation établi par les radiodiffuseurs privés pour répondre aux plaintes et administrer les normes de l'industrie sur l'éthique, les pratiques journalistiques, les stéréotypes sexuels et la violence à la télévision. Plus de 430 stations de radio et de télévision de l'ensemble du Canada sont membres du Conseil.

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Ottawa, le 25 juin 1998 — Le Conseil canadien des normes de la radiotélévision (CCNR) a publié aujourd'hui sa décision concernant un reportage sur les espaces de jeux intérieurs dans les établissements de restauration rapide de la région d'Edmonton, diffusé sur les ondes de CFRN-TV le 3 mars 1997 dans le cadre de l'émission «Eye Witness News». Le CCNR a reçu une plainte d'un cadre de l'une des chaînes de restaurants qui exploite deux des cages de balles étudiées par le rapport. Il alléguait que le rapport était «indûment alarmant» et «irresponsable à l'extrême», et que la journaliste avait utilisé des techniques d'édition «habiles» pour rendre le reportage plus dramatique, «créant une raison de s'alarmer et une préoccupation pour la santé et la sécurité».

Le Conseil régional des Prairies n'a pas conclu que le rapport était dramatique et «alarmiste» comme l'allègue le plaignant. Bien que selon le Conseil, il n'y ait eu aucun doute que «l'intention de la journaliste n'était pas de raconter une histoire qui n'attirerait pas l'attention… cela ne signifie pas que son reportate enfreindrait l'un ou l'autre des codes susmentionnés». Pour le Conseil, l'important est que l'allégation la plus sérieuse faite dans le reportage est qu'«un téléspectateur nous a dit récemment qu'il croit que son fils est tombé malade pour avoir joué dans une cage de balles». [italique ajouté] Le Conseil a conclu: «Bien que ce fut apparemment la motivation de la nouvelle, le Conseil considère que ses conséquences sont très bénignes. … Par exemple, il n'y a pas eu d'allégation d'une maladie grave, encore moins d'un décès, de la part d'une personne de la région d'Edmonton». Pondérant ce cas par rapport à des décisions antérieures du CCNR sur des affaires comparables, le Conseil a conclu qu'on ne peut dire que CFRN-TV en a fait une nouvelle à sensations contrairement au Code d'éthique (journalistique) de l'Association canadienne des directeurs de l'information radio-télévision (ACDIRT).

Le Conseil régional des Prairies a également évalué l'équité et l'équilibre de la portion diffusée des commentaires de la journaliste. Selon le Conseil, la présentation du reportage par le radiodiffuseur était «objective, complète et impartiale», tel que requis par le Code d'éthique. Le Conseil a conclu qu'il y a eu une communication complète du procédé d'essai utilisé comme fondement du reportage et que, dans tous les cas, «les problèmes et les conséquences n'étaient pas d'une nature telle que la science est en cause dans la décision». En outre, les parties intéressées, y compris le plaignant, ont été invitées à se présenter à l'émission. Même si le plaignant a choisi de ne pas se présenter, ses réactions verbales et par télécopieur ont été diffusées dans le cadre du reportage et les commentaires de la chaîne de restaurants ont été en fait les derniers mots de la journaliste. Le Conseil a conclu:

Même si la chaîne McDonald's aurait évidemment préféré que la nouvelle ne soit pas diffusée du tout, selon le CCNR, la présentation était équilibrée et McDonald's, bien que n'étant pas présent en ondes, a eu son point de vue présenté pleinement et équitablement.

Le CCNR est l'organisme d'auto-réglementation établi par les radiodiffuseurs privés pour répondre aux plaintes et administrer les normes de l'industrie sur l'éthique, les pratiques journalistiques, les stéréotypes sexuels et la violence à la télévision. Plus de 430 stations de radio et de télévision et services spécialisés de l'ensemble du Canada sont membres du Conseil.

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Ottawa, le 24 juin 1998 — Le Conseil canadien des normes de la radiotélévision (CCNR) a publié aujourd'hui sa décision concernant une promotion de CIRK-FM (Edmonton), appelée populairement K-97, pour la vente de ses T-Shirts. L'annonce qui a été diffusée le 12 mai 1997, utilisait des expressions comme «Kick Ass» et «Life's is a Bitch» (l'équivalent en français de «On va les avoir!» et «Chienne de vie»). Un auditeur s'est plaint de l'utilisation d'un «langage inapproprié» dans l'annonce.

Le Conseil régional des Prairies du CCNR a examiné la plainte en vertu de la disposition du Code de déontologie concernant les annonces qui exige qu'une publicité ou une réclame «ne choque pas ce qu'il est généralement convenu d'appeler les convenances». Tout en reconnaissant que l'expression «bon goût» est en réalité utilisée dans la disposition du code de déontologie, le Conseil a réitéré sa position selon laquelle «les questions de mauvais goût à elles seules ne seront pas suffisantes pour entraîner une infraction à une disposition de l'un des codes». Le Conseil a affirmé que l'expression «bon goût», telle qu'utilisée dans le code, doit être interprétée en fonction des derniers mots de ce paragraphe: «ne choque pas ce qu'il est généralement convenu d'appeler les convenances». Selon le Conseil, cela crée un critère supérieur à ce qu'on pourrait simplement qualifié de bon goût. Il a déclaré que «le libellé laisse entendre que la promotion en cause ne doit pas être le contraire du bon goût pour enfreindre le code; elle doit en réalité offenser les normes prévalentes pour qu'on puisse la sanctionner».

Selon le Conseil régional des Prairies, les expressions «Life's a Bitch» et «Kick Ass» ne contreviennent pas au critère des «convenances». En expliquant comment les convenances doivent être évaluées, le Conseil a déclaré:

Le CCNR ou les divers conseils régionaux ne peuvent avoir comme fonction d'entreprendre des sondages afin de déterminer quelles sont les normes prévalentes; les conseils ont plutôt comme fonction d'appliquer à la programmation examinée le raisonnement et le bon sens d'un groupe équilibré de représentants du public et de l'industrie. C'est en fait un reflet de cet «équilibre» qui a permis aux divers conseils régionaux d'aboutir régulièrement à des conclusions sur ces questions sans dissension, que les conclusions soient en faveur ou contre les radiodiffuseurs.

Le CCNR est l'organisme d'auto-réglementation établi par les radiodiffuseurs privés pour répondre aux plaintes et administrer les normes de l'industrie sur l'éthique, les pratiques journalistiques, les stéréotypes sexuels et la violence à la télévision. Plus de 430 stations de radio et de télévision de l'ensemble du Canada sont membres du Conseil.

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Ottawa, le 5 juin 1998 — Le Conseil canadien des normes de la radiotélévision (CCNR) a publié aujourd'hui sa décision concernant les commentaires formulés par l'animateur de Talkback, une tribune téléphonique diffusée par CJCB-AM les jours de la semaine entre 9 heures et 10 heures.

Lors de l'émission du 1er octobre 1996, une interlocutrice a souligné ses problèmes avec la Children's Aid Society et le Homecare Nova Scotia, et a raconté le déroulement d'une réunion avec sa travailleuse sociale en présence de sa conseillère régionale. Lors de cette réunion, la travailleuse sociale a refusé de discuter des détails du cas de son enfant en présence de la conseillère, malgré que la mère lui ait donné verbalement l'autorisation de le faire. La réponse de l'animateur a été d'expliquer qu'en Nouvelle-Écosse, la loi ne permet pas à un travailleur social de divulguer des renseignements confidentiels, même avec l'autorisation du parent. Un auditeur et interlocuteur fréquent de l'émission a appelé pour donner son avis et son aide sur la question soulevée par l'interlocutrice. Toutefois, l'animateur a choisi de ne pas laisser l'interlocuteur présenter de l'information permettant d'identifier son organisation. L'auditeur a par la suite déposé une plainte contre la station, alléguant que l'animateur avait fait de «fausses déclarations» concernant le droit de la famille en Nouvelle-Écosse et qu'il avait ainsi «mal informé le public auditeur quant à ses droits».

Le Conseil régional de l'Atlantique a conclu que le radiodiffuseur n'avait pas enfreint les dispositions du Code de déontologie. Selon le Conseil, la question n'est pas de savoir si l'animateur a été absolument correct dans son interprétation de la loi, en autant qu'il a été juste et responable en exprimant sont opinion. Le Conseil a noté que il n'a pas la responsabilité d'être un avocat et «il ne s'est pas prétendu tel».

Quant au droit du radiodiffuseur de refuser au plaignant la possibilité de donner son numéro de téléphone et d'identifier son organisation pour les auditeurs, le Conseil a conclu que la décision de l'animateur était absolument juste et appropriée. Le Conseil a fait observé que la première responsabilité du radiodiffuseur est envers son auditoire et non envers une personne qui veut se faire entendre. Le Conseil a déclaré que «bien que l'équilibre et la présentation d'une diversité de points de vue soient nettement dans le mandat d'un radiodiffuseur, ses responsabilités ne vont pas jusqu'à inclure une voix particulière».

Le CCNR est l'organisme d'auto-réglementation établi par les radiodiffuseurs privés pour répondre aux plaintes et administrer les normes de l'industrie sur l'éthique, les pratiques journalistiques, les stéréotypes sexuels et la violence à la télévision. Près de 400 stations de radio et de télévision et services spécialisés de tout le Canada sont membres du Conseil.

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Ottawa, le 2 juin 1998 — Le Conseil canadien de la radiotélévision (CCNR) a publié aujourd'hui sa décision concernant la diffusion sur CITY-TV d'un épisode de Hard Copy, une émission américaine quotidienne d'affaires publiques.

À l'émission du 11 novembre 1996 sur CITY-TV, Hard Copy comprenait l'histoire d'une bonne qui avait abusé supposément de l'enfant qu'on avait confié à ses soins. Une vidéo prouvant l'abus était projetée par Hard Copy d'abord au début pour attirer l'auditoire, puis en tout ou en partie, 9 fois pendant le segment qui ne dura qu'à peine 3 minutes. Un téléspectateur s'est plaint que CITY-TV ait montré «une attaque violente de la vraie vie contre un enfant sans défense de 2 ans pendant la période de grande écoute» et que la présentation de la scène à plusieurs reprises correspondait à de la pornographie enfantine.

En étudiant la plainte selon laquelle la vidéo violente n'aurait pas dû être montrée du tout, le Conseil a conclu que la vidéo contenue dans le reportage de Hard Copy faisait partie intégrante de l'histoire de la bonne abusive. En outre, le Conseil a conclu que le télédiffuseur a exercé la discrétion et le jugement éditorial appropriés, tel que requis par le Code concernant la violence à l'égard des émissions d'actualités et d'affaires publiques, en permettant que la vidéo soit diffusée. Le Conseil a noté que les reportages sur les abus à l'égard des enfants, tout comme les reportages sur d'autres crimes et questions d'intérêt général, sont dans l'intérêt public et que les télédiffuseurs ne devraient pas hésiter à présenter ce genre de sujet et d'autres sujets controversés par crainte que leur simple présentation puisse entraîner une infraction aux normes de la radiotélévision.

Bien que le Conseil n'ait pas conclu que le contenu du segment vidée était tel qu'il n'aurait pas dû être montré du tout, il a conclu que la répétition de cette vidéo tout au long du reportage était disproportionnée par rapport à sa pertinence pour présenter l'histoire. Le Conseil a noté qu'aucune nouvelle information n'était transmise par la répétition de la vidéo et qu'aucun nouveau point de vue n'était ajouté à l'histoire par l'utilisation répétée d'images perturbantes produites par la caméra cachée. En outre, l'effet cumulatif de la répétition excessive de la vidéo était de déformer l'histoire et d'en faire une histoire à sensations. En conséquence, le Conseil a conclu que la répétition de la vidéo violente constituait une infraction aux dispositions du Code concernant la violence et du Code de déontologie (journalistique) de l'Association des directeurs de l'information radio-télévision.

Enfin, le Conseil a également conclu qu'en n'avertissant pas les téléspectateurs des scènes violentes à l'avance, CITY-TV n'a pas respecté les normes de la radiotélévision concernant les mises en garde aux téléspectateurs. Le Conseil est d'avis que le sujet de l'abus à l'égard des enfants est une «question délicate» nécessitant la présentation de mises en garde aux téléspectateurs lorsque ce sujet est présenté aux heures de grande écoute.

Le CCNR est l'organisme d'auto-réglementation établi par les radiodiffuseurs privés pour répondre aux plaintes et administrer les normes de l'industrie en matière d'éthique, de pratiques journalistiques, de stéréotypes sexuels et de violence à la télévision. Près de 400 stations de radio et de télévision et services spécialisés de tout le Canada sont membres du Conseil.

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Toutes les décisions du CCNR, les codes, les liens vers les sites Web des membres et d'autres sites Web, ainsi que des renseignements pertinents sont affichés sur son site Web à www.ccnr.ca. Pour obtenir de plus amples renseignements, veuillez communiquer avec la présidente nationale du CCNR, Mme Andrée Noël, ou le directeur exécutif du CCNR, M. John MacNab.