Une émission de variétés de fin de soirée n’a pas exploité les femmes mais n’était pas accompagnée des mises en garde à l’auditoire requises, déclare le Conseil canadien des normes de la radiotélévision

Ottawa, le 15 mars 2005 – Le Conseil canadien des normes de la radiotélévision (CCNR) rendait publique aujourd’hui sa décision concernant un épisode de l’émission Ed the Sock!, lequel a été diffusé par CITY-TV (Toronto) à minuit, le 30 mai 2004. Le Comité régional de l’Ontario du CCNR a conclu que la représentation des femmes par l’émission ne violait pas le Code d’application concernant les stéréotypes sexuels à la radio et à la télévision de l’Association canadienne des radiodiffusurs (ACR) mais que la diffusion de cette émission contrevenait à l’article enchâssé dans le Code de déontologie de l’ACR portant sur l’exigence de diffuser des mises en garde à l’auditoire.

Ed the Sock! est une émission de variétés humoristique animée par la marionnette bien connue. L’émission en question, titrée « A Day in the Life of an Adult Website » [« Une journée dans la vie d’un site Internet adulte »] comportait plusieurs scènes de femmes peu vêtues ou aux seins nus, de même qu’une scène où deux femmes s’adonnent à des comportements érotiques pour le bénéfice de la web-caméra du site. Ed a interviewé quelques-unes de ces femmes et a fait des commentaires au sujet de leur apparence et de leur comportement. L’épisode comportait une mise en garde à l’auditoire au début ainsi qu’après chaque pause publicitaire, mais certaines d’entre elles ne détaillaient pas suffisamment la nature du contenu de l’émission.

Saisi d’une plainte d’un individu qui se disait préoccupé par la représentation négative des femmes, le Comité régional de l’Ontario du CCNR a examiné la plainte en vertu du Code d’application concernant les stéréotypes sexuels à la radio et à la télévision. Ce code prohibe l’exploitation et le dénigrement des femmes comme des hommes. Au regard de la jurisprudence existante, le Comité a trouvé que l’émission ne contrevenait pas à ce code :

[I]l faut reconnaître que les femmes qui étaient montrées dans cet épisode étaient des employées d’un site Web adulte et donc s’attendaient à ce que leur corps et leur apparence générale fassent l’objet d’une attention particulière. Bien que certains pourraient avancer que ce genre de sites est dégradant pour les femmes, Ed la marionnette dans cet épisode a simplement proposé un aperçu des coulisses de l’industrie du divertissement adulte. […] Le Comité conclut qu’il n’y a eu aucun manquement au Code d’application concernant les stéréotypes sexuels à la radio et à la télévision.

Or le Comité a conclu que les mises en garde à l’auditoire avaient enfreint au Code de déontologie de l’ACR puisqu’elles ne précisaient pas toutes de façon adéquate la nature de l’émission, tel que prévu par ledit code.

Les radiotélédiffuseurs privés canadiens ont créé eux-mêmes les codes qui constituent les normes du secteur concernant la déontologie, l’emploi de stéréotypes sexuels et la présentation de violence à la télévision et ils s’attendent à ce qu’ils soient respectés par les membres de leur profession. En 1990, ils se sont aussi dotés d’un organisme d’autoréglementation, le CCNR, qu’ils ont mandaté de veiller à l’administration de ces codes de responsabilité professionnelle. Le Conseil a par la suite été chargé de veiller également au respect du code d’éthique journalistique adopté en 1970 par l’Association canadienne des directeurs de l’information radio-télévision (ACDIRT). Plus de 550 stations de radio et de télévision et services spécialisés, d’un bout à l’autre du Canada, sont membres du Conseil.

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Toutes les décisions du CCNR, les codes, les liens vers les sites Web des membres et d'autres sites Web, ainsi que des renseignements pertinents sont affichés sur son site Web à www.ccnr.ca. Pour obtenir de plus amples renseignements, veuillez communiquer avec la présidente nationale du CCNR, Mme Andrée Noël, ou le directeur exécutif du CCNR, M. John MacNab.