Une discussion au sujet des religions minoritaires dans le cadre de L’Avocat et le diable n’a pas enfreint les codes de la radiodiffusion, déclare le Conseil canadien des normes de la radiotélévision

Ottawa, le 23 janvier 2007 Le Conseil canadien des normes de la radiotélévision (CCNR) rendait publique aujourd’hui sa décision concernant un épisode de l’émission télévisée de ligne ouverte L’Avocat et le diable, diffusé par TQS le 9 mai 2006. Les animateurs ont discuté d’un cas à Brossard où une école a fait droit à la demande de trois étudiantes musulmanes de barricader les fenêtres de la piscine de l’école pendant qu’elles faisaient leur examen de natation puisque leur religion leur interdit de montrer de la peau en public. Étant donné ce cas qui a fait l’actualité à l’époque, la question du jour que posait l’émission L’Avocat et le diable était la suivante : « Jusqu’où doit-on aller pour accommoder les ethnies? » Le Comité régional du Québec du CCNR en est venu à la conclusion que la diffusion de la discussion se rapportant à la question ne renfermait pas de contenu abusif ou indûment discriminatoire fondé sur la religion. 

Dans leur discussion sur la question du jour, les animateurs et la majorité des interlocuteurs ont exprimé le point de vue selon lequel on ne devrait pas faire ce genre d’accommodements pour les groupes minoritaires. Certaines des personnes qui ont appelé l’émission ont fait référence spécifiquement aux musulmans et ont dit que s’ils ne sont pas d’accord avec cette position, ils devraient « [s]’en aller chez [eux] ». Un des animateurs de l’émission a également observé que l’islam n’a pas de   respect pour les femmes et qu’un reportage à Radio-Canada a révélé qu’une disposition du Coran donne même le droit à l’homme de battre sa femme. Une interlocutrice musulmane a fait valoir que cela est faux.

Le CCNR a été saisi de plusieurs plaintes au sujet de cet épisode de la part de gens qui ont indiqué qu’ils sont musulmans. Ils se sont plaints que l’épisode incitait à la haine et contenait des commentaires discriminatoires au sujet des musulmans et des  Arabes. TQS a répondu que le but de l’épisode était de discuter d’un reportage controversé et que tous les commentaires étaient justifiés. Le Comité régional du Québec a examiné les plaintes à la lumière de l’article 2 (Droits de la personne) du Code de déontologie de l’Association canadienne des radiodiffuseurs et n’a trouvé aucune violation de cette disposition. Le Comité du Québec a convenu que la station avait le droit de diffuser des commentaires critiques au sujet de cette question politique et que les animateurs ont fait le contrepoids des commentaires négatifs ciblant spécifiquement les musulmans. Le Comité a fait les observations suivantes : 

Retenons qu’en soi, l’aspect essentiel des discussions sur les questions du genre cadre entièrement avec le droit, sinon la responsabilité, de tout radiodiffuseur de discuter de questions controversées. Ce n’est pas non plus une violation d’une norme codifiée lorsque les coanimateurs ou les interlocuteurs prennent la position que les écoles et d’autres établissements publics ne devraient pas se plier aux exigences d’autres religions ou traditions. À cet égard, […] il y a eu le commentaire au sujet de l’étroitesse d’esprit d’une religion qui préconiserait qu’on batte une épouse coupable d’infidélité. Bien que ce point découle de la discussion sur une sourate du Coran dont la rédaction semblait soutenir ce traitement sévère d’une épouse, la réaction était formulée en termes se rapportant à n’importe quelle religion qui préconiserait ces mesures.

Autrement dit, il n’y avait pas, du point de vue du Comité, de commentaire abusif ou indûment discriminatoire en ce qui concerne la discussion des questions qui précèdent. Il est toutefois indéniable qu’une interlocutrice a fait la déclaration fâcheuse « Ce sont des cochons, ce sont des porcs », mais le coanimateur Desmarais a rapidement réagi de façon négative avec « Shu, shu. » […] Et, lorsque cette même interlocutrice a ajouté un commentaire au sujet des tendances sexuelles des Arabes, le coanimateur Gendron a rapidement rétabli l’équilibre en disant « Oui, mais regardez, y a des Canadiens français qui sont aussi pas mal orientés sur le sexe aussi là. » C’est dire qu’il y avait un contrepoids pour ces commentaires. Les coanimateurs les ont étouffés dans l’œuf, ne leur donnant ainsi aucune vie ou existence. Étant donné les circonstances dans lesquelles ils ont été faits, ils n’équivalaient pas au commentaire abusif ou indûment discriminatoire.

Les radiotélédiffuseurs privés canadiens ont créé eux-mêmes les codes qui constituent les normes du secteur concernant la déontologie, l’emploi de stéréotypes sexuels et la présentation de violence à la télévision et ils s’attendent à ce qu’ils soient respectés par les membres de leur profession. En 1990, ils se sont aussi dotés d’un organisme d’autoréglementation, le CCNR, qu’ils ont mandaté de veiller à l’administration de ces codes de responsabilité professionnelle. Le Conseil a par la suite été chargé de veiller également au respect du code d’éthique journalistique adopté en 1970 par l’Association canadienne des directeurs de l’information radio-télévision (ACDIRT). Plus de 550 stations de radio et de télévision et services spécialisés, d’un bout à l’autre du Canada, sont membres du Conseil.

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Toutes les décisions du CCNR, les codes, les liens vers les sites Web des membres et d'autres sites Web, ainsi que des renseignements pertinents sont affichés sur son site Web à www.ccnr.ca. Pour obtenir de plus amples renseignements, veuillez communiquer avec la présidente nationale du CCNR, Mme Andrée Noël, ou le directeur exécutif du CCNR, M. John MacNab.