On ne doit pas mettre des vies en péril dans le cadre de la couverture en direct d’activités criminelles, déclare le Conseil canadien des normes de la radiotélévision

Ottawa, le 19 juillet 2007 – Le Conseil canadien des normes de la radiotélévision (CCNR) rendait publique aujourd’hui sa décision concernant la couverture faite par CKNW de Vancouver de la fusillade qui a éclaté au Collège Dawson de Montréal le 13 septembre 2006. La station CKNW, qui appartient à Corus Entertainment, a diffusé les nouvelles de dernière heure en direct de CINW, sa station sœur à Montréal. Le Comité régional de la Colombie-Britannique du CCNR a trouvé que CKNW a enfreint le Code de déontologie (journalistique) de l’Association canadienne des directeurs de l’information radio-télévision (ACDIRT) pour avoir révélé des renseignements qui auraient pu mettre des vies en péril. 

Le réseau radiophonique Corus a assuré la couverture, en direct de sa station à Montréal, des tous derniers événements, à mesure que la situation au Collège Dawson se déroulait. À l’époque, les faits et les détails de l’événement étaient peu clairs. Les autorités ne savaient pas trop combien de tireurs il y avait, où ils se trouvaient dans le collège, quelle était leur motivation et comment l’attaque avait été organisée. Des entrevues avec des étudiants et leurs familles faisaient également partie de cette couverture. Dans deux des entrevues diffusées en direct, on a révélé l’endroit exact où se trouvaient les étudiants toujours barricadés dans le collège. Le CCNR a reçu une plainte d’un auditeur de CKNW qui se préoccupait du fait que diffuser ces renseignements [traductions] « aurait pu permettre au malfaiteur armé de trouver les gens pris dans l’immeuble » et du fait « qu’on a mis des vies en danger. » 

Le Comité régional de la C.-B. a étudié la plainte à la lumière de l’article du Code de déontologie (journalistique) de l’ACDIRT sur le reportage des activités criminelles. Cet article exige que les reportages ne doivent pas « sciemment mettre en danger des vies ni fournir [aux auteurs d’activités criminelles] […] des informations cruciales. » Le Comité a conclu que l’émission a effectivement enfreint cette disposition du Code pour les raisons qui suivent : 

[La] technologie a créé des nouveaux risques pour le public au chapitre du reportage d’activités criminelles comme la prise d’otages, les insurrections dans les prisons ou les actes terroristes. […] Le Comité note que le radiodiffuseur a non seulement diffusé en direct des appels téléphoniques avec les étudiants pris dans l’immeuble, mais qu’il a également répété, à quatre reprises, l’endroit où ils se trouvaient. Le Comité ne veut pas dire par-là que la station n’aurait pas dû prendre ou diffuser ces appels faits par téléphone cellulaire par les étudiants effrayés qui étaient enfermés dans l’immeuble. […] Le radiodiffuseur n’aurait toutefois jamais dû permettre que les segments révélant l’emplacement des étudiants soient diffusés. […] Il n’aurait pas non plus dû dévoiler ces détails en ondes dans les résumés présentés par le chef d’antenne ou ensuite par les journalistes. Les conséquences auraient pu, comme le prend valablement pour acquis le plaignant, avoir des conséquences mortelles. Les radiodiffuseurs doivent toujours prendre pour hypothèse que les auteurs de crimes ont accès aux renseignements qu’ils rapportent. […] Pour ce qui est de la situation au Collège Dawson, le Comité de la C.-B. en vient à la conclusion que rapporter en direct les détails sur l’endroit dans l’immeuble où se trouvaient les étudiants en plein milieu de la crise, qui n’était toujours pas réglée, constituait une violation de l’article 10 du Code de déontologie (journalistique) de l’ACDIRT.

Les radiodiffuseurs privés canadiens ont créé eux-mêmes les codes qui constituent les normes du secteur concernant la déontologie et l’emploi de stéréotypes sexuels ainsi que la présentation de violence à la télévision et ils s’attendent à ce qu’ils soient respectés par les membres de leur profession. En 1990, ils se sont aussi dotés d’un organisme d’autoréglementation, le CCNR, qu’ils ont mandaté de veiller à l’administration de ces codes de responsabilité professionnelle. Le Conseil a par la suite été chargé de veiller également au respect du Code de déontologie (journalistique) adopté en 1970 par l’Association canadienne des directeurs de l’information radio-télévision (ACDIRT). Plus de 600 stations de radio d’intérêt général, de services de radio par satellite, de stations de télévision et de services de télévision spécialisée, d’un bout à l’autre du Canada, sont membres du Conseil.

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Toutes les décisions du CCNR, les codes, les liens vers les sites Web des membres et d'autres sites Web, ainsi que des renseignements pertinents sont affichés sur son site Web à www.ccnr.ca. Pour obtenir de plus amples renseignements, veuillez communiquer avec la présidente nationale du CCNR, Mme Andrée Noël, ou le directeur exécutif du CCNR, M. John MacNab.