Une discussion à caractère légèrement sexuel n’est pas problématique dans le cas des émissions de radio matinales, déclare le Conseil canadien des normes de la radiotélévision

Ottawa, le 28 avril 2010 – Le Conseil canadien des normes de la radiotélévision (CCNR) rendait publique aujourd’hui sa décision concernant une séquence de « Josie & The City » diffusée à l’antenne de CIHT-FM (Hot 89.9, Ottawa) le 5 mai 2009 à 7 h 43. Le CCNR a conclu que la brève discussion abordant un sujet de nature sexuelle n’a pas enfreint l’alinéa 9 b) du Code de déontologie de l’Association canadienne des radiodiffuseurs (ACR).

« Josie & The City » est une séquence qui est présentée périodiquement à l’émission matinale de Hot 89.9, The Morning Hot Tub. Josie et ses coanimateurs discutent des nouvelles du monde du divertissement et des potins au sujet des vedettes. Dans la séquence du 5 mai, Josie a dit que l’émission Oprah Winfrey Show présente davantage de sujets à caractère sexuel dans le but d’accroître la cote d’écoute. Elle a déclaré que le « O » signifie maintenant « orgasme » et a mentionné un épisode antérieur de cette émission, lequel a été jugé controversable parce qu’un sexothérapeute y avait suggéré qu’on renseigne les jeunes femmes sur les vibrateurs pour qu’elles n’aient pas à compter sur les hommes pour leur plaisir. Son coanimateur a dit en blaguant que les hommes ne peuvent pas « branler si rapidement ».

Un auditeur s’est plaint qu’il était en voiture avec ses enfants âgés de 13 et de 10 ans lorsqu’ils ont entendu cette séquence et que le caractère adulte du contenu ne convenait pas pour une émission de radio matinale. Il a également suggéré que les stations de radio diffusent une mise en garde à l’auditoire avant de présenter ce genre de contenu destiné aux adultes. La station a répondu qu’étant donné que les femmes âgées de 25 à 34 ans constituent la tranche d’âge qu’elle dessert, certaines des conversations diffusées sur ses ondes ne sont pas pour les oreilles des enfants. Hot 89.9 a également fait remarquer qu’elle ne diffuse habituellement pas des mises en garde, surtout puisque beaucoup du dialogue n’est pas scénarisé.

Le Comité régional de l’Ontario du CCNR a étudié la plainte à la lumière de l’alinéa 9 b) du Code de déontologie de l’ACR, lequel exige que les stations de radio évitent de diffuser du « contenu qui est indûment sexuellement explicite » aux moments de la journée où les enfants risquent d’être à l’écoute. Se fondant sur des décisions antérieures du CCNR, le Comité de l’Ontario a conclu qu’étant donné que le dialogue de courte durée sur des sujets de nature sexuelle dans l’émission Oprah ne contenait pas de descriptions explicites d’activité sexuelle, il n’a pas enfreint le Code. Le Comité a déclaré qu’il est

fort conscient du fait que la discussion entamée par Josie risque de gêner un parent, lequel ou laquelle pourrait préférer choisir le moment d’aborder de tels sujets avec son enfant. Il n’empêche qu’on ne peut pas s’attendre à ce que les normes codifiées aseptisent les ondes; elles doivent concilier les droits de ceux au micro et de ceux qui écoutent. Dans ce cas-ci, tel qu’indiqué plus haut, le Comité est d’avis qu’il est permis de diffuser l’émission mise en cause, même à un moment de la journée où l’on peut s’attendre que les enfants y soient exposés.

Le Comité a également noté qu’à la différence des exigences visant la télévision, rien dans le Code n’exige que les stations de radio diffusent des mises en garde à l’auditoire avant de présenter du contenu à caractère adulte; cependant « les auditeurs comme le plaignant dans ce cas-ci bénéficieraient d’une mise en garde officieuse et utile, quoique non obligatoire. »

Les radiodiffuseurs privés canadiens ont créé eux-mêmes les codes qui constituent les normes du secteur concernant la déontologie, la représentation équitable, la présentation de violence à la télévision et l’indépendance journalistique, et ils s’attendent à ce qu’ils soient respectés par les membres de leur profession. En 1990, ils se sont dotés d’un organisme d’autoréglementation, le CCNR, qu’ils ont mandaté de veiller à l’administration de ces codes de responsabilité professionnelle, et des codes visant les services de télévision payante, ainsi que du code concernant la déontologie journalistique qui fut élaboré par l’ACDIRT – Association des journalistes électroniques en 1970. Plus de 735 stations de radio, services de radio par satellite, stations de télévision et services de télévision spécialisée, d’un bout à l’autre du Canada, sont membres du Conseil.

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Toutes les décisions du CCNR, les codes, les liens vers les sites Web des membres et d'autres sites Web, ainsi que des renseignements pertinents sont affichés sur son site Web à www.ccnr.ca. Pour obtenir de plus amples renseignements, veuillez communiquer avec la présidente nationale du CCNR, Mme Andrée Noël, ou le directeur exécutif du CCNR, M. John MacNab.