La représentation trompeuse des propos du PDG de SkyTrain dans des bulletins de nouvelles a enfreint les codes, déclare le Conseil canadien des normes de la radiotélévision

Ottawa, le 5 novembre 2008 – Le Conseil canadien des normes de la radiotélévision (CCNR) rendait publique aujourd’hui sa décision concernant des reportages et des annonces-amorces diffusés au sujet du système de transport SkyTrain à l’antenne de CKWX-AM (News 1130) de Vancouver le 1er mai 2007. Ces reportages et annonces-amorces ont faussement représenté des commentaires faits par le PDG de SkyTrain et n’ont pas informé les auditeurs qu’un clip audio avait été tiré du site Web de SkyTrain. Le CCNR a conclu que les diffusions ont enfreint les articles 1, 3 et 11 du Code de déontologie (journalistique) de l’Association canadienne des directeurs de l’information radio-télévision (ACDIRT – l’Association des journalistes électroniques), ainsi que les articles 5, 6 et 12 du Code de déontologie de l’Association canadienne des radiodiffuseurs (ACR).

Selon la nouvelle en tête d’affiche que News1130 présentait l’après-midi du 1er mai, le PDG de SkyTrain avait fait une déclaration publique au sujet de la sécurité de ce système de transport. La station a diffusé des annonces-amorces et des messages promotionnels pendant l’après-midi et le reportage comme tel fut diffusé à l’occasion de chaque radio journal présenté au début de la demi-heure et de l’heure. On a dit, dans les annonces-amorces et les messages promotionnels pour le reportage, des choses comme [traduction] « Même le grand patron de SkyTrain déclare qu’il ne laisserait pas ses enfants utiliser ce système pour voyager seuls le soir. » On a inclus, dans le reportage comme tel, un clip audio du PDG de SkyTrain et une entrevue avec une utilisatrice du système SkyTrain.

Le CCNR a reçu une plainte de TransLink, l’entreprise propriétaire de SkyTrain, indiquant que les messages promotionnels et les reportages donnaient l’impression que le PDG de SkyTrain (lequel a parfois été erronément désigné le PDG de TransLink) était d’avis que le système n’est pas sécuritaire, alors qu’en réalité il avait déclaré dans ses commentaires au complet qu’on avait amélioré la sécurité du système SkyTrain et qu’il ne permettrait pas à ses enfants d’aller où que ce soit seuls le soir, puisque la prudence exige qu’on voyage en groupes et dans des endroits bien éclairés. Pour sa part, le radiodiffuseur a maintenu que ses annonces-amorces et ses reportages n’étaient pas inexacts et qu’ils avaient simplement été formulés de sorte à susciter l’intérêt de l’auditoire.

Le Comité régional de la Colombie-Britannique du CCNR a conclu que les reportages, et surtout les annonces-amorces, ont faussé les paroles du PDG de SkyTrain contrairement à l’article 3 du Code de l’ACDIRT, lequel interdit de remanier les entrevues de sorte à en modifier ou déformer le sens. Le remaniement a également rendu le contenu inexact, ce qui contrevient à la disposition sur l’exactitude prescrite par l’article 1 du Code de l’ACDIRT et à l’article 5 du Code de l’ACR. De plus, le Comité a conclu que les messages promotionnels étaient trompeurs, contrairement à l’article 12 du Code de l’ACR. Le Comité a fait les observations suivantes :

Le Comité trouve que CKWX a sorti l’entrevue [avec le PDG de SkyTrain] de son contexte et l’a refondue de sorte qu’elle ne se rapportait aucunement, ou très peu, au contenu présenté à l’origine. […] [L]e radiodiffuseur a remplacé l’entrevue sur le Web qui a été faite avec le PDG de l’entreprise et l’a refaçonnée pour qu’elle se conforme au reportage et aux annonces-amorces que CKWX entendait diffuser.

[…]

[L]e Comité estime que l’implication dans la déclaration [traduction] « Le grand patron du système de transport à grande vitesse dit qu’il ne […] laisserait pas [ses] enfants emprunter SkyTrain pour voyager seuls le soir » est toute autant trompeuse. Bien qu’ils soient techniquement exacts, les mots isolés ne reflètent pas l’essence de la déclaration et de la perspective du PDG. La question n’était pas, comme il a expliqué, [traduction] « une question se rapportant à SkyTrain, mais une question à caractère social. » Finalement, en ce qui concerne les annonces-amorces, il n’y avait pas d’aveu choquant, ou de nouvelle surprenante, du moins pour un parent quelconque, dans le fait que le PDG ait déclaré qu’il ne permettrait pas à son enfant de voyager « seul le soir ». Le Comité présume que la plupart des parents serait du même avis. Bon sens, langage exagéré.

La station a également exagéré ce reportage et l’a empreint de sensationnalisme, ce qui est contraire à l’article 6 du Code de l’ACR. Conjugués aux commentaires du PDG mis hors contexte, les reportages faisaient allusion aux [traduction] « cas récents de violence » et soutenaient que bon nombre de gens craignaient pour leur sécurité. Or, ces reportages n’ont fourni aucun renseignement quant aux préoccupations en matière de sécurité et ont présenté qu’une seule entrevue avec une utilisatrice du SkyTrain concernant son opinion.

[L]e radiodiffuseur a mentionné [traduction] « les cas récents de violence » au moins sept fois dans les reportages de nouvelles du 1er mai sans citer ou concrétiser un seul incident. Autrement dit, CKWX a créé l’impression de craintes quant à la sécurité sans ancrer son reportage dans la réalité. […] [E]n communiquant le sens qu’il y avait de nombreuses personnes préoccupées, le radiodiffuseur a promis bien plus qu’il n’a donné. […] La seule personne interviewée ne faisait pas autorité et aucun autre exemple n’a été présenté. C’est dire qu’on n’a présenté rien d’autre que des affirmations floues et non corroborées d’un problème qu’on affirmait être fort répandu.

News1130 a également donné l’impression que les propos du PDG de SkyTrain avaient été faits dans une entrevue avec la station, alors qu’ils avaient été tirés d’un clip affiché sur le site Web de SkyTrain. News1130 a violé l’article 11 du Code de l’ACDIRT pour avoir omis d’indiquer la source de l’entrevue.

Les radiodiffuseurs privés canadiens ont créé eux-mêmes les codes qui constituent les normes du secteur concernant la déontologie, la représentation équitable, la présentation de violence à la télévision et l’indépendance journalistique, et ils s’attendent à ce qu’ils soient respectés par les membres de leur profession. En 1990, ils se sont dotés d’un organisme d’autoréglementation, le CCNR, qu’ils ont mandaté de veiller à l’administration de ces codes de responsabilité professionnelle, ainsi que du code concernant la déontologie journalistique qui fut élaboré par l’ACDIRT – Association des journalistes électroniques. Plus de 690 stations de radio, de services de radio par satellite, de stations de télévision et de services de télévision spécialisée, d’un bout à l’autre du Canada, sont membres du Conseil.

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Toutes les décisions du CCNR, les codes, les liens vers les sites Web des membres et d'autres sites Web, ainsi que des renseignements pertinents sont affichés sur son site Web à www.ccnr.ca. Pour obtenir de plus amples renseignements, veuillez communiquer avec la présidente nationale du CCNR, Mme Andrée Noël, ou le directeur exécutif du CCNR, M. John MacNab.