Le Conseil canadien des normes de la radiotélévision déclare qu’un documentaire sur Chippendales aurait dû s’accompagner davantage de mises en garde à l’auditoire

Ottawa, le 12 novembre 2002 — Le Conseil canadien des normes de la radiotélévision (CCNR) rendait publique aujourd’hui sa décision concernant le film documentaire, Chippendales & the Ladies, diffusé à l’antenne de Bravo!, un service de télévision spécialisée.  Le Comité national du CCNR des services spécialisés a trouvé que l’émission exigeait des mises en garde à l’auditoire tout au long de sa diffusion, mais n’a pas constaté de violation des codes quant à l’horaire du film et à la représentation des hommes strip-teaseurs.

Le film porte sur la troupe de divertissement pour adultes composé d’hommes strip-teaseurs qui s’appelle Chippendales. Même si le documentaire contient des scènes de danse séduisantes et des fesses nues, aucune nudité frontale n’y est présentée.  La majorité du film porte toutefois sur des entrevues avec les hommes strip-teaseurs et les femmes qui assistent à leurs spectacles.  Le CCNR a été saisi d’une plainte d’un téléspectateur qui était d’avis que l’émission était tout simplement de la «pornographie douce» déguisée en documentaire.  Il s’est dit préoccupé par le fait que Bravo! avait diffusé le film à 18h, HNR (20 h HNE) et que son contenu dénigre tant les strip-teaseurs que l’auditoire.

Dans sa décision, le Comité a expliqué « qu’un documentaire ne cesse pas d’être un documentaire parce que le sujet qu’il aborde est salé plutôt qu’aride. »  Dans ce cas-ci, toutefois, le Comité en est venu à la conclusion que le contenu n’était même pas suffisamment salé pour remettre la diffusion du film à une heure après le début de la plage des heures tardives (21 h).  Le Comité a également examiné la diffusion de ce film à la lumière de la disposition sur l’exploitation du Code concernant les stéréotypes sexuels à la radio et à la télévision de l’Association canadienne des radiodiffuseurs (ACR) et a expliqué que cette disposition a pour but

d’éviter l’inégalité dans le contenu qui exploite ou qui dénigre un ou l’autre sexe sur les ondes.  Cela ne signifie pas que le simple fait de présenter un sexe dans une certaine perspective sans également présenter l’autre sexe équivaut au genre d’inégalité qui susciterait des préoccupations. […]

Dans le cas qui nous occupe, les hommes strip-teaseurs ne sont pas présentés de façon abaissante, dénigrante ou moqueuse. […]  [Le film] examine un phénomène et ce qu’en tirent les danseurs et les spectateurs. Il n’exploite ni l’un ni l’autre côté de la scène au profit ou au détriment de l’autre.

Le Comité a en outre trouvé qu’étant donné que l’émission est passée tôt dans la soirée et que son contenu ne convenait pas aux enfants, elle aurait dû s’accompagner de mises en garde après chaque pause publicitaire.  Puisque Bravo! n’a présenté qu’une mise en garde au tout début du documentaire, le Comité a conclu que ce service de télévision spécialisée avait enfreint le paragraphe 5.2 du Code de l’ACR concernant la violence.  Par contre, le Comité a félicité Bravo! pour avoir affiché une icône de classification 14+ à l’écran lors de la diffusion de ce documentaire, puisqu’il n’est pas généralement obligatoire de classifier les documentaires :

Son utilisation se veut un geste de courtoisie dont bénéficient le téléspectateur et aussi le télédiffuseur, car les intérêts de ce dernier sont mieux servis en faisant en sorte que les gens qui ne désirent pas voir un certain genre de programmation disposent des renseignements voulus pour l’éviter.

Les radiotélédiffuseurs privés canadiens ont arrêté des codes qui constituent les normes du secteur concernant l'emploi de stéréotypes sexuels, la présentation de violence et le traitement de questions à valeur morale, tels les droits de l'homme, sur les ondes, et ils s'attendent que leurs collègues les respectent.  Ils se sont aussi dotés d'un organisme d'autoréglementation, le CCNR, qu'ils ont mandaté de veiller à l'administration de ces codes de responsabilité professionnelle.  Le Conseil a par la suite été chargé de veiller également au respect du code de déontologie journalistique adopté par l'Association canadienne des directeurs de l'information radio-télévision (ACDIRT).  Plus de 520 stations de radio et de télévision et services spécialisés, d'un bout à l'autre du Canada, sont membres du Conseil.

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Toutes les décisions du CCNR, les codes, les liens vers les sites Web des membres et d'autres sites Web, ainsi que des renseignements pertinents sont affichés sur son site Web à www.ccnr.ca. Pour obtenir de plus amples renseignements, veuillez communiquer avec la présidente nationale du CCNR, Mme Andrée Noël, ou le directeur exécutif du CCNR, M. John MacNab.