Des commentaires négatifs au sujet des personnes frappées d’incapacité enfreignent les normes de la radiotélédiffusion, déclare le Conseil canadien des normes de la radiotélévision

Ottawa, le 9 mai 2006 – Le Conseil canadien des normes de la radiotélévision (CCNR) rendait publique aujourd’hui sa décision concernant un épisode de l’émission de discussion à ligne ouverte, Doc Mailloux, qui fut diffusé à l’antenne de CKAC-AM de Montréal le 4 novembre 2005. Le Comité régional du Québec du CCNR a conclu que certains des commentaires faits par l’animateur Pierre Mailloux au sujet des personnes atteintes de trisomie 21 (communément appelée syndrome de Down) étaient abusifs et indûment discriminatoires. Le Comité a trouvé que l’épisode a enfreint la disposition sur les droits de la personne du Code de déontologie de l’Association canadienne des radiodiffuseurs (ACR). 

Dans l’épisode dont il est question, un interlocuteur s’est élevé contre les commentaires qu’avait faits Pierre Mailloux dans un épisode précédent au sujet d’une publicité télévisée concernant les personnes atteintes de trisomie 21. Mailloux a saisi l’occasion de réitérer, dans le cadre de son émission-débat, son point de vue selon lequel cette publicité insulte les femmes « normales » en les comparant à celles atteintes de trisomie 21. Il a ajouté que les personnes atteintes de trisomie 21 n’ont pas la même valeur dans la société que les personnes en santé. De plus, il a continuellement qualifié ces personnes de « mongols » en dépit des objections formulées par sa coanimatrice et l’interlocuteur quant à l’emploi de ce terme. 

Le CCNR a été saisi d’une plainte d’un auditeur qui se préoccupait du fait que les réflexions faites par Mailloux étaient insultantes envers les personnes frappées d’incapacité et étaient empreintes d’intolérance. Le Comité régional du Québec a étudié la plainte à la lumière de la disposition sur les droits de la personne du Code de déontologie de l’ACR, laquelle exige que les radiotélédiffuseurs veillent à ce que leur programmation ne renferme pas de contenu ou de commentaires abusifs ou indûment discriminatoires quant au handicap physique ou mental. Le Comité a constaté qu’il y avait eu violation de cette disposition pour les raisons suivantes : 

Le Comité a également jugé qu’il y avait eu une infraction à l’alinéa 9 c) du Code de déontologie de l’ACR étant donné l’emploi du « mot F » en anglais pendant la diffusion. 

Les radiotélédiffuseurs privés canadiens ont créé eux-mêmes les codes qui constituent les normes du secteur concernant la déontologie et l’emploi de stéréotypes sexuels ainsi que la présentation de violence à la télévision et ils s’attendent à ce qu’ils soient respectés par les membres de leur profession. En 1990, ils se sont aussi dotés d’un organisme d’autoréglementation, le CCNR, qu’ils ont mandaté de veiller à l’administration de ces codes de responsabilité professionnelle. Le Conseil a par la suite été chargé de veiller également au respect du Code de déontologie (journalistique) adopté en 1970 par l’Association canadienne des directeurs de l’information radio-télévision (ACDIRT). Plus de 590 stations de radio et de télévision et services spécialisés, d’un bout à l’autre du Canada, sont membres du Conseil.

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Toutes les décisions du CCNR, les codes, les liens vers les sites Web des membres et d'autres sites Web, ainsi que des renseignements pertinents sont affichés sur son site Web à www.ccnr.ca. Pour obtenir de plus amples renseignements, veuillez communiquer avec la présidente nationale du CCNR, Mme Andrée Noël, ou le directeur exécutif du CCNR, M. John MacNab.