Des reportages de nouvelles concernant des mesures antiterroristes manquaient de rigueur mais n’étaient pas inexacts, déclare le Conseil canadien des normes de la radiotélévision

Ottawa, le 1 mai 2008 – Le Conseil canadien des normes de la radiotélévision (CCNR) rendait publique aujourd’hui sa décision concernant la diffusion, par CTV Newsnet, de deux reportages le 28 février 2007 au sujet de la décision prise par le Parlement de voter en vue de rejeter la prolongation de certaines mesures antiterroristes. Un téléspectateur s’est plaint que certains des renseignements présentés dans les reportages étaient inexacts. Le Comité national des services spécialisés du CCNR a conclu qu’un des chefs d’antenne n’a pas présenté ses commentaires avec suffisamment de rigueur. Néanmoins, le Comité a décidé qu’aucun aspect du contenu n’était  matériellement faux ou trompeur au point de constituer une infraction aux dispositions se rapportant à l’exactitude du Code de déontologie de l’Association canadienne des radiodiffuseurs (ACR) ou du Code de déontologie (journalistique) de l’ACDIRT – Association des journalistes électroniques.

Les deux reportages s’intitulaient « Anti-Terror Measures Voted Down » (Mesures antiterroristes rejetées au vote). Le premier de ces reportages consistait en une entrevue d’un ancien agent du SCRS par un chef d’antenne de CTV, lequel a posé des questions à cet agent au sujet des implications de la décision du gouvernement fédéral sur l’enquête des crimes se rapportant au terrorisme. À un point dans l’entrevue, le chef d’antenne a fait le commentaire suivant : « On peut arrêter un gars pour présomption, le détenir indéfiniment, le forcer à témoigner. Cette façon d’agir n’est pas très canadienne du point de vue de bien des gens. » Un téléspectateur s’est plaint que cette déclaration était inexacte puisque la loi ne permet pas de détenir un individu indéfiniment. Le réseau CTV a avancé que le chef d’antenne posait des questions à son invité et ne faisait pas des déclarations factuelles. Le Comité national des services spécialisés en est venu à la conclusion que l’entrevue n’a pas violé les dispositions des deux codes concernant l’exactitude, mais que

l’approche choisie par le chef d’antenne n’était pas orientée avec précision; elle affichait un caractère très insouciant et n’avait rien de la rigueur à laquelle l’auditoire a le droit de s’attendre de la part d’un chef d’antenne. […] Bien qu’il soit effectivement juste de s’attendre à ce que les spécialistes interviewés fournissent des faits, ceux-ci doivent être donnés en réponse à des questions plutôt qu’à des affirmations apparemment factuelles de la part du chef d’antenne. […] En fin de compte, cependant, […] [le Comité] n’en vient pas à la conclusion que l’entrevue était matériellement fausse ou trompeuse.

Le deuxième reportage consistait en une entrevue, effectuée par un autre chef d’antenne de CTV, avec un représentant d’Amnistie internationale Canada. Ce chef d’antenne a déclaré que les dispositions antiterroristes qui ont été rejetées au vote [traduction] « ne sont que rarement utilisées de toute façon ». Le même téléspectateur s’est plaint que cette déclaration était inexacte étant donné que ces mesures n’ont en fait jamais servi. Le Comité a conclu que la différence entre « rarement » et « jamais » était « non substantielle, une distinction sans différence, un emploi prudent des mots. » Il n’a pas constaté d’infraction aux codes.

De plus, le Comité n’était pas d’accord avec le plaignant pour dire que les reportages faisaient preuve de parti pris envers le Parti Libéral.

Les radiodiffuseurs privés canadiens ont créé eux-mêmes les codes qui constituent les normes du secteur concernant la déontologie, la représentation équitable, la présentation de violence à la télévision et l’indépendance journalistique, et ils s’attendent à ce qu’ils soient respectés par les membres de leur profession. En 1990, ils se sont dotés d’un organisme d’autoréglementation, le CCNR, qu’ils ont mandaté de veiller à l’administration de ces codes de responsabilité professionnelle, ainsi que du code concernant la déontologie journalistique qui fut élaboré par l’ACDIRT – Association des journalistes électroniques. Plus de 630 stations de radio, de services de radio par satellite, de stations de télévision et de services de télévision spécialisée, d’un bout à l’autre du Canada, sont membres du Conseil.

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Toutes les décisions du CCNR, les codes, les liens vers les sites Web des membres et d'autres sites Web, ainsi que des renseignements pertinents sont affichés sur son site Web à www.ccnr.ca. Pour obtenir de plus amples renseignements, veuillez communiquer avec la présidente nationale du CCNR, Mme Andrée Noël, ou le directeur exécutif du CCNR, M. John MacNab.