Bien que pas problématique, un reportage sur une agression commise par un pédophile devait s’accompagner d’une mise en garde à l’auditoire, déclare le Conseil canadien des normes de la radiotélévision

Ottawa, le 6 août 2008 – Le Conseil canadien des normes de la radiotélévision (CCNR) rendait publique aujourd’hui sa décision concernant un reportage de nouvelles diffusé à l’antenne de TQS au sujet d’un pédophile à St. Thomas en Ontario qui avait été arrêté après avoir diffusé en direct, par webcam, l’agression sexuelle d’une fillette. Le Comité régional du Québec du CCNR a conclu que même si ce reportage ne contenait rien qui exploitait ou sexualisait les enfants, il aurait dû être précédé d’une mise en garde expliquant son caractère perturbant.

Intitulé « Fillette agressée en direct », le reportage a été diffusé le 2 novembre 2006 dans le cadre du téléjournal de 18 h. On y expliquait qu’un agent de police banalisé qui faisait de la cyber-surveillance est tombé sur la diffusion en direct par webcam de cette agression. L’agent a localisé cet homme et a communiqué avec la police de cet endroit, laquelle s’est chargée de l’arrêter. Une entrevue avec l’agent, ainsi que des images floues de jeunes femmes aux seins nus et en sous-vêtements tirées de sites Web, faisaient partie du reportage.

Une téléspectatrice s’est plainte que ces images n’étaient pas nécessaires et qu’elles favorisaient la pornographie juvénile. Le Comité régional du Québec a examiné la plainte à la lumière de la disposition sur l’exploitation du Code concernant les stéréotypes sexuels de l’Association canadienne des radiodiffuseurs (ACR), laquelle stipule qu’il faut « s’abstenir d’exploiter les hommes, les femmes ou les enfants » dans les émissions et interdit la sexualisation des enfants. Le Comité a reconnu le caractère répugnant du sujet du reportage, mais a conclu que

le télédiffuseur a choisi des images discrètes et non exploitantes qui étaient entièrement pertinentes, et en effet utiles pour l’histoire épouvantable qu’il était appelé à rapporter. Il ne trouve pas que les images étaient soit explicites soit sensationnalistes, comme le prétend la plaignante. De plus, le Comité ne considère pas que le reportage de ce genre de crime puisse, de prime abord, perpétuer des cas de récidive.

Cependant, le Comité a conclu que TQS aurait dû diffuser un avertissement quelconque avant de passer le reportage, comme l’exige l’article 6 du Code de l’ACR concernant la violence. Il a déclaré ce qui suit à cet égard :

Le fait qu’une question si démontante mérite d’être diffusée ne libère pas le télédiffuseur du devoir d’avertir les téléspectateurs du sujet désagréable qu’ils verront à l’écran dans un instant. Le Code exige une mise en garde à l’auditoire pour que les téléspectateurs puissent faire un choix éclairé au sujet de reportages de nouvelles perturbants tant pour eux-mêmes que pour leurs familles. […] [L]e Comité du Québec estime qu’il était nécessaire que l’animateur ou la journaliste avertisse l’auditoire dans le cas qui nous occupe, surtout lorsqu’on tient compte du fait que le téléjournal mis en cause a été diffusé à 18 h.

Les radiodiffuseurs privés canadiens ont créé eux-mêmes les codes qui constituent les normes du secteur concernant la déontologie, la représentation équitable, la présentation de violence à la télévision et l’indépendance journalistique, et ils s’attendent à ce qu’ils soient respectés par les membres de leur profession. En 1990, ils se sont dotés d’un organisme d’autoréglementation, le CCNR, qu’ils ont mandaté de veiller à l’administration de ces codes de responsabilité professionnelle, ainsi que du code concernant la déontologie journalistique qui fut élaboré par l’ACDIRT – Association des journalistes électroniques. Plus de 685 stations de radio, de services de radio par satellite, de stations de télévision et de services de télévision spécialisée, d’un bout à l’autre du Canada, sont membres du Conseil.

– 30 –

Toutes les décisions du CCNR, les codes, les liens vers les sites Web des membres et d'autres sites Web, ainsi que des renseignements pertinents sont affichés sur son site Web à www.ccnr.ca. Pour obtenir de plus amples renseignements, veuillez communiquer avec la présidente nationale du CCNR, Mme Andrée Noël, ou le directeur exécutif du CCNR, M. John MacNab.