La nouvelle version des émissions Call TV n’enfreint pas les normes relatives aux concours, déclare le Conseil canadien des normes de la radiotélévision

Ottawa, le 11 mai 2011 – Le Conseil canadien des normes de la radiotélévision (CCNR) rendait publique aujourd’hui sa décision concernant la nouvelle version de l’émission de jeux et de concours, Call TV, que V a commencé à diffuser en avril 2010. Comme l’indique son nom, Call TV, cette émission a pour but d’inciter les téléspectateurs à composer le numéro 1-900 affiché ou à envoyer un message texte (SMS) pour fournir la solution à divers casse-têtes qui paraissent à l’écran afin d’avoir la possibilité de gagner des prix en argent. Le CCNR avait rendue des décisions auparavant, soit en août 2009 et en août 2010, au sujet d’une version antérieure de cette émission. Dans ces deux cas précédents, le Comité régional du Québec a jugé qu’il y avait eu manquement à l’article 12 du Code de déontologie de l’Association canadienne des radiodiffuseurs (ACR) en raison, brièvement, du fait que le manque de transparence ne rendait certains jeux et concours ni justes ni légitimes. Le Comité du Québec n’a constaté aucune infraction en ce qui concerne la nouvelle version de l’émission.

Comme se fut le cas pour les plaintes reçues au sujet de la version antérieure de l’émission, beaucoup des plaintes se rapportant à la version plus récente portaient sur l’émission en général ou soulevaient des questions sur, entre autres, la facture reçue de la compagnie de téléphone, lesquelles ne sont pas du ressort du CCNR. Sur les 22 plaignants dont les dossiers auraient été aptes à être étudiés par le Comité du Québec, en fin de compte seulement deux d’entre eux ont présenté une Demande de décision au CCNR.

Le Comité ne se range toujours pas à l’avis du télédiffuseur selon lequel Call TV est une infopublicité. « Le Comité admet qu’il s’agit d’une émission payée, mais non d’une infopublicité; il considère que Call TV est ni plus ni moins un concours qui passe sur les ondes et qui est entièrement assujetti aux règles de l’article 12 du Code de déontologie de l’ACR. » En réponse à l’affirmation du télédiffuseur qu’en tant qu’« infopublicité présentée et payée par Mass Response […] ces derniers ont l'obligation de respecter tous les règlements qui y sont applicables », le Comité a fait l’observation suivante :

Il n’y a, bien entendu, aucun problème inhérent à ce que le télédiffuseur attribue la responsabilité à Mass Response, pourvu qu’il ne le fasse pas dans le but de détourner sa propre responsabilité pour ce qu’il a diffusé. Même si V semble avoir dirigé les plaignants vers Mass Response et le site Web de Mass Response pour obtenir des réponses et des explications, il n’a pas, à ces occasions-ci, nié sa propre responsabilité pour le contenu qu’il a télédiffusé. C’est une nette amélioration.

La décision renferme les détails se rapportant aux questions de fond en ce qui concerne les divers concours en cause dans les épisodes d’avril 2010. Le Comité en est venu à la décision suivante au sujet des nombreux concours qu’il a examinés :

Il n’y avait rien d’obscur, de piégé, de trompeur ou exigeant des explications supplémentaires afin d’atteindre le niveau de transparence qui puisse satisfaire à l’article 12 du Code de déontologie de l’ACR. Pour ce qui est de la nature des concours présentés dans les deux épisodes en cause, le Comité ne trouve aucune violation de l’article 12 en raison du manque de transparence.

Finalement, le Comité a abordé deux questions se rapportant au « principe de la transparence » qui
« revêtent – et cela se comprend – de l’importance pour les plaignants. […] Il s’agit des “lignes de la chance”, des “boutons chauds”, de la sélection supposément faite au hasard des participants choisis qui téléphonent ou envoient un message texte, des longues périodes supposément authentiques sans un seul appel de la part d’un concurrent et du moment, était-il allégué, qui coïncidait avec la parution de concurrents tard dans l’émission. » Le Comité a dit ce qui suit à cet égard :

Le Comité est sensible aux doutes exprimés par les plaignants quant au choix par hasardisation des participants. Bien que le représentant du télédiffuseur ait expliqué que le choix de concurrents se fait sans aucune intervention humaine, cela ne veut bien sûr pas dire qu’une méthode de sélection informatisée ou programmée n’a pas été créée. Le Comité ne dispose simplement pas d’une méthode de vérifier l’authenticité de l’hasardisation, du caractère équitable et de la transparence de l’accès au processus du concours par les concurrents. […] Même si le processus se fonde entre autres sur la participation d’un cabinet d’experts-comptables connu à l’échelle internationale et sur l’application apparente de la norme de vérification no 70 […] et que cela inspire une certaine mesure de confiance, même cela doit dépendre de ce qu’on demande à ce cabinet de vérifier. Autrement dit, la substance de la norme SAS 70 ou sa pertinence en ce qui concerne les préoccupations exprimées par les plaignants ne sont pas claires pour le Comité. En outre, aucun exemplaire de la norme SAS 70 n’a été fournie aux plaignants ou au CCNR. L’essentiel pour le Comité est que toutes ces préoccupations-là chez les plaignants, lesquelles laissent planer un élément de doute ou d’inquiétude de leur point de vue (et de celui du Comité dans une certaine mesure), tiennent à des questions se rapportant au processus derrière l’écran, questions qui ne ressortissent pas au Comité. Le Comité ne peut pas faire plus qu’exprimer sa compréhension des raisons qui sous-tendent les préoccupations des plaignants. […] En l’absence de renseignements tangibles sur ce point, le Comité n’a aucun fondement lui permettant de mettre en question les activités menées hors des ondes, lesquelles ne sont pas du ressort du CCNR. Cela dit, il ne fait pas de doute qu’il serait rassurant d’obtenir, de la part du producteur et du télédiffuseur, des renseignements confirmant la pertinence de la norme SAS 70 et le rôle du cabinet d’experts-comptables réputé en ce qui concerne la question de la transparence.

Les radiodiffuseurs privés canadiens ont créé eux-mêmes les codes qui constituent les normes du secteur concernant la déontologie, la représentation équitable, la présentation de violence à la télévision et l’indépendance journalistique, et ils s’attendent à ce qu’ils soient respectés par les membres de leur profession. En 1990, ils se sont dotés d’un organisme d’autoréglementation, le CCNR, qu’ils ont mandaté de veiller à l’administration de ces codes de responsabilité professionnelle, et des codes visant les services de télévision payante, ainsi que du code concernant la déontologie journalistique qui fut élaboré par l’ACDIRT – Association des journalistes électroniques – en 1970. Presque 760 stations de radio, services de radio par satellite, stations de télévision et services de télévision spécialisée, d’un bout à l’autre du Canada, sont membres du Conseil.

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Toutes les décisions du CCNR, les codes, les liens vers les sites Web des membres et d'autres sites Web, ainsi que des renseignements pertinents sont affichés sur son site Web à www.ccnr.ca. Pour obtenir de plus amples renseignements, veuillez communiquer avec la présidente nationale du CCNR, Mme Andrée Noël, ou le directeur exécutif du CCNR, M. John MacNab.