Des insinuations à caractère sexuel à la radio n’ont pas enfreint les codes de la radiodiffusion, déclare le Conseil canadien des normes de la radiotélévision

Ottawa, le 27 janvier 2010 – Le Conseil canadien des normes de la radiotélévision (CCNR) rendait publiques aujourd’hui deux décisions (1, 2) concernant deux séquences distinctes qui sont présentées régulièrement dans l’émission matinale de CFNY-FM (102,1 The Edge, Toronto), soit le Dean Blundell Show. Le CCNR a jugé que ni l’une ni l’autre séquence n’a violé le Code de déontologie de l’Association canadienne des radiodiffuseurs (ACR), et ce parce qu’elles contenaient des insinuations à caractère sexuel plutôt que du contenu indûment sexuellement explicite.

CFNY-FM est une station de radio rock et le Dean Blundell Show offre aux auditeurs des concours, des chansons, les nouvelles, des mises à jour sur la circulation et la météo, ainsi que du badinage entre les animateurs et diverses séquences qui sont présentées régulièrement mettant en vedette des entrevues avec des invités. Le CCNR a reçu des plaintes au sujet d’un exemple de chacune des deux séquences, dont une qui s’appelle « Gay Jeff » et l’autre intitulée « Wha’ Happened? » Dans la séquence « Gay Jeff » les animateurs de l’émission se sont entretenus avec Jeff, un homme gai qui a parlé de ses expériences dans la vie. Dans la séquence du 22 janvier 2009, Jeff a parlé d’une relation qu’il avait eue. Ce jour-là, le dialogue comportait plusieurs doubles sens et commentaires suggestifs de nature sexuelle. À titre d’exemple, on a qualifié un directeur adjoint (« assistant manager » en anglais) de « ass man » (homme de cul), Jeff a fait un commentaire selon lequel il [traduction] « avait déjà obtenu de lui tous les neuf dont il avait besoin » et l’on a posé des questions à une productrice afin de savoir si elle coucherait avec une vedette de télé vérité. Dans le cas de la séquence « Wha’ Happened? », il s’agissait d’un concours invitant les auditeurs à appeler l’émission pour raconter des histoires d’incidents inusités qu’ils avaient vécus. Le 20 mars 2009, une femme a décrit la fouille à nu qu’on lui a faite après avoir commis un acte de vandalisme, une autre a dit aux animateurs que son ami lui avait accidentellement tranché le mamelon avec une tondeuse à fil et une autre a relaté sa visite médicale chez un gynécologue mexicain. Le CCNR a reçu des plaintes selon lesquelles le contenu à caractère sexuel de ces deux séquences était inapproprié pour une émission qui passe à la radio le matin.

Le Comité régional de l’Ontario du CCNR a examiné les plaintes à la lumière de l’alinéa 9 b) du Code de déontologie de l’ACR, lequel interdit la diffusion de « contenu qui est indûment sexuellement explicite » aux moments de la journée où les enfants risquent d’être à l’écoute. Le Comité a conclu que

les exemples étaient simplement insuffisamment explicites pour constituer du contenu « indûment sexuellement explicite ». Cela ne revient pas à dire que certains jeunes ne puissent pas les comprendre, mais plutôt que le dialogue à caractère sexuel n’avait rien des exemples péremptoires [que le CCNR a tranchés dans le passé]. En outre, le contenu qui est au point de rebroussement est protégé par l’application du principe de la liberté d’expression, lequel a la priorité sur le contenu qui n’enfreint pas clairement une norme codifiée.

Le Comité s’est également dit préoccupé par la présentation des Mexicains dans la séquence « Wha’ Happened? » parce que les animateurs ont emprunté un accent mexicain et ont indiqué qu’un médecin mexicain utiliserait des instruments rudimentaires comme une pince à salade. Il a cependant conclu que les commentaires n’étaient pas négatifs au point de constituer des stéréotypes indûment négatifs en vertu du Code de l’ACR sur la représentation équitable, et n’a pas non plus jugé que la séquence était dégradante à l’endroit des femmes. Il n’y a eu aucune infraction d’un code dans ces  cas.

Les radiodiffuseurs privés canadiens ont créé eux-mêmes les codes qui constituent les normes du secteur concernant la déontologie, la représentation équitable, la présentation de violence à la télévision et l’indépendance journalistique, et ils s’attendent à ce qu’ils soient respectés par les membres de leur profession. En 1990, ils se sont dotés d’un organisme d’autoréglementation, le CCNR, qu’ils ont mandaté de veiller à l’administration de ces codes de responsabilité professionnelle, et des codes visant les services de télévision payante, ainsi que du code concernant la déontologie journalistique qui fut élaboré par l’ACDIRT – Association des journalistes électroniques en 1970. Plus de 735 stations de radio, services de radio par satellite, stations de télévision et services de télévision spécialisée, d’un bout à l’autre du Canada, sont membres du Conseil.

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Toutes les décisions du CCNR, les codes, les liens vers les sites Web des membres et d'autres sites Web, ainsi que des renseignements pertinents sont affichés sur son site Web à www.ccnr.ca. Pour obtenir de plus amples renseignements, veuillez communiquer avec la présidente nationale du CCNR, Mme Andrée Noël, ou le directeur exécutif du CCNR, M. John MacNab.