Aucun conflit d’intérêts inhérent lorsqu’une personne politique est également animateur d’émission, déclare le Conseil canadien des normes de la radiotélévision

Ottawa, le 25 juin 2008 – Le Conseil canadien des normes de la radiotélévision (CCNR) rendait publiques aujourd’hui deux décisions concernant des personnes politiques au palier municipal qui paraissent régulièrement comme animateurs d’émissions matinales à la radio. La première porte sur le Bob Bratina Morning Show, émission qui est diffusée à l’antenne de CHML-AM (AM900 de Hamilton) et la deuxième concerne la participation de M. Jack Miller à l’émission matinale de CIGL-FM (Mix 97 de Belleville). Dans les deux cas, le Comité régional de l’Ontario du CCNR a décidé qu’il n’y a aucun problème inhérent lorsqu’un conseiller municipal présente une émission à la radio.

MM. Bob Bratina et Jack Miller sont des personnalités des ondes depuis de nombreuses années. Ils ont tous les deux été élus au conseil municipal de leur ville respective dans les quatre dernières années. Les deux plaignants étaient d’avis qu’il y a conflit d’intérêts lorsque des personnes politiques gardent leur poste comme animateur de radio pendant qu’ils occupent également un poste au sein de l’administration municipale, puisqu’ils peuvent profiter du micro pour faire valoir leurs propres points de vue politiques.

Le Comité régional de l’Ontario s’est reporté aux règles du CRTC sur les campagnes électorales. Il a pris note que la seule règle officielle en vigueur stipule qu’il est interdit aux personnalités de la radio qui se présentent comme candidats à une élection de paraître sur les ondes pendant la période de cette campagne. Pour le Comité le point était

qu’aucun conflit fondamental n’existe entre être un candidat et passer sur les ondes, même lorsque l’annonce de sa candidature a lieu, mettons, deux mois avant le déclenchement d’une élection. C’est dire que la question semble se rapporter à l’avantage injuste que pourrait avoir une personne en ondes en pleine course électorale. On ne constate aucune incompatibilité inévitable à condition qu’il ne s’agisse pas de cette période. Cela ne signifie pas que le Comité estime qu’un candidat ou un titulaire d’une charge politique puisse dire absolument n’importe quoi n’importe quand. Cela signifie seulement que le Comité ne considère pas qu’il y ait quoi que ce soit qui puisse présenter une incompatibilité inhérente entre le fait de détenir ou de viser une charge politique d’une part, et de passer sur les ondes, d’autre part. […] Le Comité régional de l’Ontario comprend très bien que certains radiodiffuseurs canadiens préféreront ne pas accorder un tel accès privilégié à une personne peu importe le moment, soit même lorsqu’on n’envisage pas de campagne politique. Inutile de dire que c’est leur choix.

Dans les deux cas, le Comité a conclu que les animateurs ont pris des mesures quant aux enjeux dont avait déjà été saisi le conseil municipal. Il n’était pas question d’actions de sensibilisation au sujet de questions « qui étaient sur le point d’être présentées » au conseil municipal, et ce dans les deux cas. Le Comité a ajouté que

l’accès, même l’avantage, dont profite sans aucun doute l’animateur qui est également une personne politique n’est pas foncièrement indu (pendant une période ne se rapportant pas à une campagne). De plus, lorsque l’auditoire est au courant du statut politique de la personne qui lui parle, celui-ci n’est aucunement trompé. En effet, on pourrait maintenir que les auditoires ayant l’occasion de profiter des connaissances et de l’expérience d’une personne qui est titulaire d’une charge politique sont avantagés sur le plan de l’information.

La décision rendue au sujet de CIGL-FM concernait le coanimateur, dont la tâche habituelle est d’annoncer les nouvelles des sports. Le plaignant a déclaré qu’en tant que commentateur sportif M. Miller ne devrait pas faire de reportages sur des questions – les affaires municipales – qui ne font pas partie de sa principale responsabilité sur les ondes. Le Comité n’était pas d’accord et a ajouté que

comme tout autre radiodiffuseur, il n’est pas assujetti à une limite inhérente sur les sujets dont il peut discuter. […] De plus, M. Miller possède de toute évidence des connaissances spécialisées des affaires municipales. Il avait le droit de parler de ce sujet tout comme il aurait eu le droit de traiter de philatélie si c’était un domaine dans lequel il se spécialise.

En fin de compte, le Comité n’a constaté une violation ni de l’article 6 du Code de déontologie de l’Association canadienne des directeurs de l’information radio-télévision concernant les conflits d’intérêts, ni de l’article 6 du Code de déontologie de l’Association canadienne des radiodiffuseurs concernant la présentation complète, juste et appropriée des points de vue.

Les radiodiffuseurs privés canadiens ont créé eux-mêmes les codes qui constituent les normes du secteur concernant la déontologie, la représentation équitable, la présentation de violence à la télévision et l’indépendance journalistique, et ils s’attendent à ce qu’ils soient respectés par les membres de leur profession. En 1990, ils se sont dotés d’un organisme d’autoréglementation, le CCNR, qu’ils ont mandaté de veiller à l’administration de ces codes de responsabilité professionnelle, ainsi que du code concernant la déontologie journalistique qui fut élaboré par l’ACDIRT – Association des journalistes électroniques. Plus de 630 stations de radio, de services de radio par satellite, de stations de télévision et de services de télévision spécialisée, d’un bout à l’autre du Canada, sont membres du Conseil.

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Toutes les décisions du CCNR, les codes, les liens vers les sites Web des membres et d'autres sites Web, ainsi que des renseignements pertinents sont affichés sur son site Web à www.ccnr.ca. Pour obtenir de plus amples renseignements, veuillez communiquer avec la présidente nationale du CCNR, Mme Andrée Noël, ou le directeur exécutif du CCNR, M. John MacNab.